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Victoire pour « Kabila » : L’Opposition ne s’est pas bien préparée pour les élections 2011

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« On a l’impression que la classe politique de l’opposition ne s’est pas bien préparée pour les élections, alors qu’elle savait que ces scrutins se dérouleront à un seul tour ». Elle ira en « pièces détachées » à la présidentielle du 28 novembre 2011.

Le ministre congolais de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement estime que l’opposition n’est pas encore capable d’aller aux élections, prévues le 28 novembre prochain.La réaction du ministre faisait suite à plusieurs préoccupations soulevées par l’opposition, alors que pour la majorité au pouvoir, ces inquiétudes sont sans objet. Il s’agit par exemple de l’audit du fichier électoral, qui conditionnait la signature du code de bonne conduite par cette opposition. Elle réclamait aussi son accès dans les médias publics.

« On a l’impression que la classe politique de l’opposition ne s’est pas bien préparée pour les élections, alors qu’elle savait que ces scrutins se dérouleront à un seul tour », avait affirme le ministre L. Mende le lundi soir, lors de son intervention sur Tv5 Afrique. Il répondait à quelques de l’actualité de la Rdc, notamment sur le processus électoral. Le lundi dans la matinée lors d’une concertation avec l’opposition, le président de la Ceni, le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda avait rappelé à celle-ci que l’audit de ce fichier est prévu par la loi. Et donc, lui et son organe n’ont pas intérêt à refuser à l’opposition d’y accéder. Mais seulement, soulignait-il, cela devra se faire dans le respect des règles, déjà connues par l’opposition. Il s’agit par exemple pour l’opposition de désigner deux membres, la majorité mêmement, qui vont se présenter à la Ceni et de commun accord avec les techniciens électoraux, en vue de contrôler ce fichier.

Dans les discussions qui avaient eu lieu avant, la Ceni s’était montrée vraiment large en demandant à l’opposition de présenter cinq au lieu de deux comme avant. La majorité devra faire de même aussi. Cependant, comme elle n’a pas manifesté le besoin jusque-là, il s’observe encore un silence de sa part. En lieu et place des techniciens comme demandé par la Ceni, l’opposition va aligner les acteurs politiques. Ce qui risque de bloquer la machine. Mais on espère qu’elle va se ressaisir et mettre à la disposition de la Ceni des agents qui s’y connaissent.

Concernant la signature du code de bonne conduite, le coordonnateur de l’opposition, le député Lisanga Bonganga avait indiqué qu’il ne se pose aucun problème. « Au moment venu, l’opposition va signer »,avait-il lâché. Au-delà de son caractère volontaire, le président de la Ceni avait porté à l’intention des acteurs politiques de l’opposition que refuser de signer ce document, c’est afficher sa volonté de troubler le processus électoral. Et donc, les partis et regroupements politiques qui ne vont pas se plier se verront comme ceux ne voulant pas des élections apaisées et démocratiques en Rdc.

Quant à la dernière préoccupation relative à l’accès aux médias, le pasteur Ngoyi Mulunda a dit que ceci n’est pas un problème. Il a promis qu’il va s’investir pour que cela soit possible. Cependant, il faut dire que l’opinion est un peu étonnée de voir l’opposition faire de l’accès aux médias publics un problème. Parce qu’en réalité, la chaine de télévision comme la radio, voire l’agence de presse publique est ouverte à tous les acteurs politiques. Ceci rappelons-le, était même sur instruction du ministère de la Communication et des Médias, qui estimait qu’en temps électoral, il fallait donner la parole à tout le monde. Mais seulement, contrairement à cette instruction, plusieurs acteurs de l’opposition s’autoexcluent pour des raisons diverses.

Répondant à son tour à cette problématique, le ministre Lambert Mende a indiqué que les médias congolais ont des obligations à observer pendant cette période électorale. Le porte-parole du gouvernement a assuré à son interlocutrice que toutes les mesures ont été prises pour qu’il n’y ait pas débordement de la part des médias.Il a précisé ici qu’un vade mecum, ayant reçu l’appui de l’opposition comme de la majorité, ainsi que du gouvernement, a été remis au Conseil supérieur de l’audiovisuel congolais (Csac), structure régulatrice des médias en Rdc.

L’Opposition en « pièces détachées » le 28 novembre

A moins d’un miracle de « dernière minute », l’Opposition ira en « pièces détachées » à la présidentielle du 28 novembre 2011. C’est, de plus en plus, une certitude. Décodage

Bien que le miracle soit «congolais», il est de moins en moins évident que l’opposition aille en un seul bloc au prochain scrutin présidentiel. Chacun, presque, le fera pour son propre camp. Avec assurément ses arguments et ses «armes».

Dans tous les cas, quoi qu’on fasse ou quoi qu’on dise, l’opposition ira en « pièces détachées » à l’élection du 28 novembre, réduisant ainsi ses chances de pouvoir prétendre à l’alternance à laquelle elle semble tenir comme à la prunelle de ses yeux.

A CHACUN SA «LOGIQUE»

L’Opposition a ses «logiques» que la logique elle-même ne connaît point. Tout se passe comme s’il est écrit quelque part que, face à la candidature unique de l’autorité morale de la Majorité présidentielle, l’opposition aborderait ces échéances, pourtant déterminantes, non pas en position de force, mais de faiblesse.

En fait, l’opposition a la manie de ne pas tirer les leçons du passé. Un signe : à l’occasion de la tentative de désignation de son porte-parole – tentative qui a lamentablement échoué, elle en avait fait voir de toutes les couleurs à ses membres, faisant montre de très peu d’à propos. Surtout dans un exercice qui ne lui demandait pas pour cela le ciel.

Là où elle était fiévreusement attendue parce que devant désigner la personne sur laquelle elle allait jeter son dévolu, l’opposition a préféré se perdre en conjectures. Résultat : pas de porte-parole de l’opposition. Et on en est resté là.

Aujourd’hui, le même genre de scénario s’est mis en branle. Se trouvant, en effet, devant un inextricable pari, celui de présenter une seule candidature à l’élection présidentielle du 28 novembre, l’opposition n’en finit pas de se fourvoyer. Le pari d’une seule candidature qui aurait pu se décliner en la mise en commun effective de toutes les forces qui se disent de l’opposition, apparaît finalement comme poursuite du vent.

« On essaie d’arrondir les angles, mais en vain », déplore un acteur politique dont le parti a pignon sur rue. Pour lui comme pour bon nombre de ses collègues, « les carottes sont déjà cuites ».

LE MIRACLE SERA-T-IL CONGOLAIS ?

Est-ce à dire pour autant que la messe est déjà dite ? Dans tous les cas, ils sont nombreux, les Congolais, à croire que le vin est tiré et qu’il faut tout simplement le boire. Jusqu’à la lie. Et ils ont raison de ne pas se faire d’illusions à ce propos.

Evidemment, on n’est pas là pour minimiser la force de frappe de ceux qui militent pour l’opposition politique. Loin de là. Mais une chose est du moins vraie : autant ceux-ci sont capables de faire parler la poudre et déjouer les pronostics qui les donnent perdants dans la joute électorale du 28 novembre, autant ils sont en train de réunir, l’une après l’autre, les conditions de leur échec qui consacrerait ainsi la victoire du candidat Joseph Kabila.

On sait que l’objectif déclaré de Kabila - il l’a réaffirmé haut et fort le 14 septembre à Kingakati - est de « gagner » les élections, pour un second mandat. En jouant le jeu qu’ils jouent depuis belle lurette, les différents compartiments de l’opposition font, peut-être sans le savoir, le lit de la famille politique de Joseph Kabila.

Faut-il, par là, croire que les dés sont définitivement jetés et que, pour l’opposition, un baroud d’honneur, même in extremis, n’est plus possible ? Même s’il est permis à chacun de ne pas arrêter de jouer aux « bookmakers », le défi s’éloigne de plus en plus. « Il n’y a plus rien à espérer. Le décor étant déjà planté, on n’y changera pas un seul iota », fait-on prévaloir, sur un ton ferme.

FAIRE TOUT SIMPLEMENT AVEC

Pas besoin donc pour cela d’un numéro de prestidigitation. Il est vrai que l’Union pour la nation congolaise garde sa main tendue, espérant qu’un compromis de dernière minute est possible pour un candidat commun de l’opposition. Mais au niveau de nos amis de Fatima – ceux qui soutiennent la candidature du lider maximo de l’UDPS, on ne voudrait pas l’entendre de cette oreille. «Nous avons déjà mis fin aux négociations », ont-ils tranché. Sans autre forme de procès.

La question que l’on doit se poser, in fine, est celle de savoir si le miracle sera congolais ou pas. Dans tous les cas, à regarder les choses de très près, le chemin est tout tracé pour le schéma suivant : d’un côté, le candidat « indépendant » Joseph Kabila. De l’autre, une multitude de candidats ; tout au moins deux candidats de l’opposition qui chercheront à prendre le dessus sur leur principal adversaire.

Il ne nous reste plus qu’à suivre, pas à pas, tous les compétiteurs jusqu’à la proclamation des résultats d’une élection présidentielle que l’on voudrait, à tout prix, estampillée du sceau de la transparence. Des élections réellement libres, démocratiques et apaisées ; très loin du bourrage des urnes, très loin de la fraude…

[Par Yassa et  Marcel lutete]