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Pour faire échouer Tshisekedi : Kamerhe sollicite un paternariat avec le MLC

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Vital Kamerhe, le président national de l’UNC déclare avoir déposé, au siège du parti cher à Jean-Pierre Bemba, une demande de partenariat avec le MLC.

Vital Kamerhe passe au viseur le dernier discours de Joseph Kabila. Le président national de l’UNC, scrute l’adresse du chef de l’Etat, tant sur la forme que sur le fond. C’était au cours d’une conférence de presse tenue en sa résidence à la Gombe. D’entrée de jeu, sur la forme, «il s’interroge sur la qualité de l’intervenant dans cette communication, pour indique-t-il, éviter la confusion des genres et l’amalgame qui profiteraient  d’un dédoublement fonctionnel dangereux. Ce dédoublement, Kamerhe le situe entre la qualité de président de la République, chef de l’Etat en exercice, et la qualité de candidat-président de la République, chef de l’Etat sortant.

D’où, se demande l’ancien speaker de la chambre basse,  «le bilan présenté en toute responsabilité par Monsieur le Président de la République est destiné à la consommation nationale ou plutôt à la consommation partisane et électoraliste, et s'il a été le fait du Chef de l'Etat en exercice ou du Chef de l'Etat sortant, Candidat-Président». Ce modèle de communication, le président de l’UNC l’attribue au «défunt MPR-Parti-Etat». Et de conclure, sur ce chapitre, «en agissant de cette façon, le président de la République s'est délibérément mis en marge des traditions républicaines et démocratiques. En fait, il a ainsi confirmé les pratiques d'un pouvoir caractérisé par une gouvernance formelle et des gouvernances de l'informel. De là, à imaginer un Etat officiel et un Etat parallèle, il n'y a qu'un pas, du reste facile à franchir».

Kamerhe tire la sonnette d’alarme en ces termes: «Il convient sur ce point d'attirer dès maintenant l'attention de la CENI et du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication sur ces violations subtiles de la loi électorale en faveur d'un Candidat qui ne se prive pas d'utiliser à des fins partisanes et de propagande électorale les moyens de l'Etat. Il suffit de voir les affiches déployées sur nos places publiques et privées, ainsi que les banderoles le long des principales artères de la capitale et des autres villes du pays, ou encore de noter que des gouverneurs de province encore en exercice sont désignés comme directeurs de campagne au niveau provincial. Il faut que ces deux institutions veillent à ce que tous les candidats soient placés dans les mêmes conditions, conformément à la loi électorale».

BILAN ECONOMIQUE JUGE NEGATIF

Au plan économique, Vital Kamerhe relève d’abord que l’économie de la RDC «est classée parmi les 10 pays les plus pauvres de la planète». Malgré ses immenses ressources naturelles, ajoute le numéro un de l’UNC, «le niveau de vie de sa population est parmi les plus bas du monde». Il évoque, pour ce faire, le classement annuel de l'Indice du Développement Humain (IDH) du PNUD publié en 2009 où la RDC compte parmi les trois pays où le niveau de vie régresse. Pour la maîtrise de l'inflation, Vital l’économiste souligne que «le président de la République est contredit par les chiffres avancés par la CIAfactsbooks qui place la RDC à la 119e place au monde, avec un taux d'inflation de 26,2 %». D’où, se demande-t-il, «comment peut-on être fier d'une telle place alors que nous avons un pays qui a vocation à jouer le premier rôle ?» Kamerhe évoque aussi le classement de la Banque Mondiale où la RDC occupe la 178e position, c'est-à-dire, la dernière place sur la liste des pays classés d'après leurs capacités à offrir un bon climat des affaires.

Au chapitre de déballage, Kamerhe ouvre les hostilités en souteant que le chef de l'Etat aurait dû ajouter, dans son discours, que depuis son accession au pouvoir, l'Etat a non seulement aliéné une majorité de ses parts dans le capital de la Gécamines, mais qu'en plus, les réserves minières qui valorisaient encore le patrimoine de la Gecamines, ont été vendues sans que les Congolais en général, et les Katangais en particulier, ne sachent ce à quoi a servi le produit de cette vente. «Aujourd'hui, après avoir épuisé le parc immobilier de la Gecamines, le pouvoir s'attaque à celui de la SNCC, de l'ex-ONATRA, et même de la SNEL, dans des opérations qui s'apparentent visiblement à des actions de décapitalisation frauduleuse desdites entreprises. Alors, de quelle économie parle le Président de la République ?»

INFRASTRUCTURES: KAMERHE S’INSURGE CONTRE DES MILLIONS USD GASPILLES

Après l’économie, les infrastructures. Là aussi, c’est l’opposant Vital Kamerhe qui passe à l’offensive: «Parce qu'il a juré d'être transparent avec nous dans son discours du 8 décembre 2010, le président de la République aurait été complet en nous disant comment l'appel d'offres ou les différents appels d'offres, avaient été lancés pour la construction de toutes ces routes. Il s'agit dans cet exercice d'évaluation, des données indispensables pour établir la rationalité des choix opérés, parce que je refuse d'accepter, que l'élargissement d'une route (d'une dizaine de kilomètres de longueur) qui part de l'échangeur de Limete jusqu'à l'aéroport de N'Djili, pour ceux qui connaissent Kinshasa, et qui existait déjà, puisse coûter 180 millions de $ ! Si ces 180 millions de $ américains, avaient été affectés à la réhabilitation des écoles construites à l'époque coloniale (nous parlons des lycées, collèges et athénées), toutes les écoles secondaires de la RDC auraient été modernisées !»

Sans s’arrêter en si bon chemin, Kamerhe semble s’éterniser dans le déballage: «Dans le même ordre d'idées, le montant dépensé sur le boulevard du 30 juin, de 80 millions de $ pour 5 km de longueur et 28 m de largeur pour la 1ère tranche ne constitue pas non plus un choix rationnel. Il s'agit d'un investissement tape à l'œil sans aucune incidence sur le vécu quotidien des Kinois dans la mesure où ils continuent à y affronter les embouteillages. Le même montant ajouté aux 29 millions de $ gaspillés pour l'agrandissement du boulevard Triomphal sur 1 km et demi, sans aucun effet induit, suffiraient à la remise en l'état, à travers le pays, de tous les hôpitaux de référence qui datent de l'époque coloniale.»

Là aussi, Vital Kamerhe lance so,n verdict: «Il y a manifestement une mauvaise affectation des ressources de la République». Toujours sur le registre des infrastructures, Kamerhe minimise aussi l’hôpital de Cinquantenaire: «Le président de la République informe l'opinion qu'il va nous livrer, comme toujours, bientôt, l'hôpital du Cinquantenaire. A qui va-t-il le livrer ? Quelqu'un qui est à Bondo, en Province orientale, quelqu'un qui est à Kolwezi au Katanga, qu'est-ce que cela veut dire pour lui l'hôpital du cinquantenaire ? Les 100 millions de dollars américains dépensés pour les travaux de finition de l'hôpital du cinquantenaire auraient permis de réhabiliter tous les hôpitaux de la GECAMINES, de la SNCC, de la MIBA, de KILOMOTO, l'hôpital Mama Yemo, les Cliniques universitaires,…… les hôpitaux existent mais sont dans un état de délabrement avancé. Les 100 millions de $ pourraient aussi suffire à améliorer les conditions de travail des médecins, des infirmiers et de tous les personnels des hôpitaux».

Pour le leader de l’UNC, le président de la République aurait été mieux inspiré en rappelant à l'opinion les prévisions en matière des routes. «Combien de km des routes bitumées, en terre battue, de desserte agricole, devaient être construits ? Combien l'ont été effectivement ? Quel est le pourcentage de réalisation avant de proclamer la réussite de son œuvre ?»

SOCIAL : BILAN CATASTROPHIQUE

Au plan social, Kamerhe juge catastrophique le bilan de Joseph Kabila.Les chiffres avancés par le chef de l’Etat, au sujet des salaires des magistrats, ont également provoqué la réaction de l’ancien secrétaire général du PPRD qui parle de «contre-vérités et erreurs reprises dans le message de Kingakati». Sans y aller par le dos de la cuillère, Kamerhe exprime son indignation: «Que cela soit couché dans le discours du Président de la République, qu'il le répète devant les caméras et qu'il se trompe, non pas d'un chiffre, non pas de la moitié, non pas du double, … mais qu'il nous annonce que les magistrats touchent 1600 $ alors que ces derniers gagnent 485 000 FC soit près de 500 $ ; cela est impardonnable !» Comme pour ironiser, il indique: «Vous pouvez vous imaginer les problèmes dans les foyers des magistrats et les réactions de leurs bailleurs qui vont certainement réajuster les loyers en conséquence». Après les magistrats, les professeurs d’université. Là aussi, Kamerhe ne rate pas l’occasion de dégainer: Il plaide pour les professeurs ordinaires, les professeurs, les professeurs associés, les chefs de travaux, l'assistant deuxième mandat, l'assistant premier mandat, les assistants de recherche et les personnels administratifs. Egalement pour les étudiants «confrontés à des conditions infra humaines».

Toujours sur le plan social, Vital Kamerhe aborde des questions liées au pouvoir d’achat du Congolais, au taux de change avec la forte dollarisation de l’économie congolaise, aux prix des biens de première nécessité, au salaire de l’huissier, aux rémunérations des militaires, policiers ... pour démontrer que, contrairement à ce qu’a avancé le chef de l’Etat, «le pouvoir d’achat du Congolais a fortement régressé». Le social, Vital Kamerhe continue à en parler: «Peut-être que le président de la République n'est pas informé, qu'effectivement tous les Congolais ont un accès difficile à la nourriture, à l'eau, à l'électricité, aux soins de santé, à l'habitat. La situation s'est davantage détériorée qu'il y a cinq ans !» Très vite, il établit une comparaison avec l’époque de Mobutu en ces termes. «On peut détester le président Mobutu, parce que dictateur, mais Kinshasa n'avait jamais atteint ce niveau de pénurie. Dans les hôpitaux comme Mama Yemo et autres, le manque d'eau et d'électricité est à la base de l'augmentation du taux de mortalité, surtout infantile. Il faudrait que le Président de la République, reconnaisse que son bilan est totalement négatif».

Dans le secteur de la distribution de l'électricité, Kamerhe fait observer que «l'augmentation du taux de desserte de 6 à 9 % qu'avance le Président de la République n'est soutenue par aucun élément probant dans la mesure où le délestage n'épargne aucun quartier de la capitale (y compris le sien), ni aucune autre ville du pays. Pour certains quartiers de la capitale, il ne s'agit plus de délestage, mais des coupures qui durent trois à six mois. Dans l'arrière pays, la situation est pire, dans certaines villes, ils n'ont jamais vu le courant ; pour d'autres, ils en gardent des vestiges d'il y a vingt ans».

Sur le plan des droits humains, Vital Kamerhe relance les affaires «Floribert Chebeya», «Fidèle Bazana», «Armand Tungulu» ... ainsi que «le sort réservé, dans un pays qui se dit démocratique, à tous ces détenus d'opinion ; les MOKIA, KUTHINO et bien d'autres qui sont à MAKALA et dans d'autres prisons, à travers le pays !» Côté sécurité, il met en exergue les attaques de la LRA en Province orientale et «même parfois celles de nos propres soldats», pour se demander «si le chef de l'Etat a encore la maîtrise de la situation sur le terrain». 

Au Nord et Sud-Kivu, indique-t-il, «non seulement ils (habitants) vivent sous la psychose de la peur à cause des opérations d'intégration non achevées, mais font aussi face à plusieurs armées. Chaque minute qui passe, il y a une femme qui est violée. Et Madame Clinton, Secrétaire d'Etat américain, dans sa dernière adresse à l'U.A, n'a pas mâché ses mots en plaçant la RDC parmi les 3 pays où la vie des femmes est en danger. La RDC occupe, en effet, la 2ème place après l'Afghanistan». Les ex-interahamwe, ajoute-t-il, «continuent à causer des malheurs au sein de la population congolaise, mais aussi à contrôler les gisements miniers de cassitérite et d'or».

L’UNC SOLLICITE UN PARTENARIAT AVEC LE MLC

La sensible question de «candidat commun» de l’opposition a tout autant retenu l’attention du candidat Vital Kamerhe qui a choisi de l’aborder en parabole à l’instar d’un pasteur. «Lorsque le Seigneur examine la terre afin d'y trouver d'éventuels leaders, il ne cherche pas des Anges incarnés, encore moins des hommes parfaits. Il cherche des hommes et des femmes comme vous et moi, de simples êtres humains faits de chairs et de sang. Mais, Il cherche aussi certaines qualités chez eux, celles-là même qu'Il trouva chez David, c'est-à-dire, la spiritualité qui engendre la foi, l'humilité et l'intégrité. Voilà, comment Dieu a sorti David de la bergerie, pour en faire le roi d'Israël». Mais, où veut-il en venir? Kamerhe s’en explique: «L'humilité c'est la marque des grands, car il n'y a que les grands pour s'humilier. C'est ce que, pour notre part, nous faisons chaque jour, pour arriver à la désignation du candidat commun de l'opposition. C'est dans cet esprit que nous nous sommes rendus ce jour (vendredi dernier), au siège du MLC, pour y déposer formellement la lettre de demande de partenariat adressée à mon frère, l'honorable Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo.» Toujours pour justifier cette posture de «grands», Vital Kamerhe fait référence à un grand nom chinois.

«Dans cette œuvre de rassemblement de l'opposition, nous voulons adopter la philosophie de Monsieur Deng Xiao Ping qui avait dit que, " pour faire 1000 mètres, il faut commencer par faire le premier mètre ". C'est la signification de l'acte que nous avons posé à l'adresse du MLC. Et nous espérons que toutes les autres forces de changement, de Fatima comme de Sultani, vont se joindre à cette initiative pour répondre au vœu longtemps exprimé par notre peuple, celui de nous voir aller aux élections, rangés en ordre de bataille».

Marcellin MANDUAKILA