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RDC : Le glissement en préparation pourrait facilement s’étendre jusqu'en 2030 !

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En 2006 et 2011, comme ce n’était pas question de fin mandat non renouvelable du Chef de l’Etat, le gouvernement avait bel et bien organisé les élections dans le délai constitutionnel en RDC. Quelle est la crise politique que cela pose maintenant pour convoquer le dialogue?

Ce n’est plus un secret que le cadre politique de glissement dont on espère obtenir dans ledit dialogue au risque de faire couler le bain du sang parait comme une stratégie de conserver le pouvoir possiblement pour un autre 15ans. Comment?

Tout compromis politique de violer la constitution avant décembre 2016, fin du mandat actuel de Chef de l’Etat, lui donne automatiquement le droit de recommencer son mandat interrompu. Disons qu’avec un glissement de 3 ans, renouvelable deux fois possiblement, chacune de 6 mois pour des raisons techniques à l’instar du texte des dialogues de Sun City, pratiquement les prochaines élections présidentielles pourraient avoir lieu en RDC qu’en 2020.

Dans ce scenario, en 2020, le Chef de l’Etat sera dans ses droits constitutionnels de se représenter encore (cas du Burundi). Car son mandat serait considéré comme inachevé pour l’avoir partagé avec l’opposition achetée. Avec la stratégie de changer le mode de scrutin pour chaque élection présidentielle, la victoire du Chef de l’Etat sera garantie pour finir le mandat en cours en 2025!

Durant le 2nd mandat refait (de 2020 à 2025), le Chef de l’Etat aura assez du temps pour cette fois-ci officiellement insérer un 3e mandat dans la constitution afin qu’il se représente encore en 2025. Voilà les calculs du régime actuel, qui voit dans les faiblesses de certains leaders et dirigeants de l'opposition, la possibilité de rester au pouvoir jusqu'en 2030 contre le souhait du peuple.

Le problème n’est pas de moyens financiers tel que évoqué car, les priorités budgétaires 2015 portaient entre autres l’organisation des élections locales et provinciales. Mais aucune élection n'a été organisée! Pourtant la dotation budgetaire de la CENI pour financer seulement le cycle électoral initial de 2015 était d’environ 262 million USD (près de la moitié du budget des élections de 2011).

D’où est venu l’argent non budgétisé pour acheter les deux avions, la construction du fameux bâtiment moderne du gouvernement dans 12 mois et autres? Ce changement des priorités budgétaires en exécution dévoilent les stratégiques du régime de vouloir se maintenir au pouvoir en violation de la constitution. Au nom de conserver le pouvoir le plus longtemps possible, la constitution du pays vaut ce qu’elle vaut pour protéger leurs intérêts personnels. N’importe quand, ils peuvent changer les règles du jeu à leur gré, quand et comment les élections peuvent avoir lieu.

Quoi qu’il en soit, le régime court risque de finir mal. A 11 mois des élections, croient-ils réussir leur pari de glissement qu’ils n’avaient pas pu arracher dans les concertations nationales quand la tension n’était pas encore si forte comme maintenant? Le peuple congolais longtemps abandonné dans sa misère est capable de se prendre en charge à l’instar de Burkina Faso et ailleurs où les soulèvements populaires avaient mis fin aux dictatures des décennies.

Pour préserver le peu qu’il a accompli durant son mandat, le Chef de l’Etat n’a qu’un seul choix: se préparer pour le premier flambeau de passation du pouvoir pacifique en RDC en décembre 2016. Le contraire, c’est replonger le pays dans une crise politique sans précèdent! Devant ce danger de faire couler le bain du sang des congolais encore, de tuer la jeune démocratie, le PNR est non partant dans le dialogue national pour le respect de la loi suprême du pays.

Ensemble la Réforme est possible en RDC!

Delphin KYUBWA 

Président national du PNR