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RDC : Vers un putsch

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Ce qui se passe maintenant au Congo Kinshasa est une véritable stratégie du chaos qui serait, en réalité, une rampe de lancement vers un putsch, qui n’ose pas sortir de la bouche de Joseph Kabila. Mais la réalité est là. Elle se pointe à l’horizon, si les filles et fils de ce grand pays, se laissent berner comme des enfants ! Car, le dialogue préconisé dans cet esprit ne peut être que perfide, déloyal et malhonnête. Le mal qu’incarne Joseph Kabila, c’est d’avoir pris en otage tout l’Etat congolais, ses institutions, ses habitants et leurs richesses, et les avoir livrés aux mains des prédateurs et groupes mafieux et terroristes, venus de différents horizons du globe. (...) Pourquoi persévérer dans l’erreur, pourquoi perdurer dans l’ignorance, pourquoi se vautrer dans des pratiques ignobles de prendre les Congolais pour des esclaves qu’on peut vendre comme des choses ? Détruire ainsi son peuple est diabolique ! (...) Joseph Kabila doit quitter son monde des rêves fous et insensés, et remettre ses pieds sur la terre des hommes. Ce réalisme l’honorerait en quittant dignement le pouvoir en remettant son tablier à un autre, au terme de son mandat, le second et le dernier ! Non seulement qu’il doit partir par respect pour la Constitution de la République, mais aussi parce qu’il s’est illustré par son incompétence notoire à gérer l’Etat congolais. Il n’est même pas capable d’organiser des élections dans les délais prévus par la Loi fondamentale de la République. 

Oui, vraiment, ça bouge ! Ça bouge effectivement au Congo Kinshasa ! Et spécialement dans la tête de Joseph Kabila, prétendu homme de dialogue, et pourtant, le nostalgique est à jamais un exilé potentiel. Un exilé potentiel certes, car ce qui devait lui arriver est là, bien avant l’heure fatidique de la fin de son second et dernier mandat présidentiel : le chaos politique et le chaos social.

L’Etat congolais en dépit de ses potentialités immenses est, de fait, incapable de faire vivre convenablement sa population. Le peuple congolais ne survit que, grâce à une économie de type informel, celle qui donne la possibilité aux commerçants étrangers de s’enrichir, scandaleusement, sur le dos du peuple congolais, victime de l’intolérance, des pratiques indignes et humiliantes pour la personne humaine, en plus de la terreur mise en place par Joseph Kabila, transfuge de la rébellion du Front Patriotique Rwandais, un parfait illustre inconnu, devenu chef de l’Etat de la République Démocratique du Congo, par un accommodement difficilement tolérable par la simple raison !

D’aucuns disent sans ambages que le problème majeur du Congo c’est Joseph Kabila. C’est lui qui est l’épicentre de toute l’incurie d’un Etat sans ambition, malade d’un personnel politique qui détourne par collaboration avec lui, toutes les richesses du pays à leur seul profit. Le personnel politique est hypnotisé par la magie de la corruption. En effet, ayant perdu le bon sens, il livre notre pays, sous la tutelle du Rwanda voisin. Humiliation sans cesse croissante, pour les vivants de ce vaste pays, et de surcroît, une insulte pour nos martyrs qui ont dû sacrifier leur vie, pour la sauvegarde du Congo, notre patrimoine commun !

Point n’est besoin de rappeler que le personnel politique congolais est malléable, voire manipulable à souhait. Comment les Députés et Sénateurs de la République peuvent-ils permettre à Joseph Kabila de détruire et de transformer à sa guise, les institutions régaliennes de l’Etat congolais ? N’ayant aucune notion de la culture et du savoir, Joseph Kabila semble être frappé de l’ivresse du pouvoir, et ainsi il n’est jamais parvenu à évaluer les limites que génère la notion fondamentale du pouvoir politique. Il y a là une sorte d’obscurantisme dans son esprit qu’il met à profit pour garder indéfiniment le pouvoir, en annihilant l’alternance comme expression fondamentale démocratique.

Pourtant, la RDC n’est ni une dynastie pour un clan privilégié, ni, encore moins, un empire dans lequel Joseph Kabila peu en toute impunité, imposer ses choix funestes. Arrivé à la fin de ses deux mandats consécutifs, Joseph Kabila est censé quitter l’arène politique congolaise, à la date prévue par la constitution. Il n’a plus d’autre choix que de s’y conformer en assurant le meilleur soin possible à sa sécurité et sa retraite !

La RDC est notre terre, elle est un patrimoine commun où doit habiter et vivre tout citoyen congolais, homme ou femme. Personne donc ne peut pour une raison ou une autre, rompre, par une sorte d’humeur, le contrat social avec le peuple de ce pays, seul habilité à organiser son propre destin, selon les normes sociétales existantes, et de se choisir librement ses représentants, par des mécanismes universellement reconnus, notamment des élections libres et transparentes.

A l’appui de cette rigueur régalienne, l’article 64 de la Constitution impose, à toute la population congolaise, de faire échec à toute personne, ou groupe d’individus, qui chercherait à s’approprier le pouvoir par la force, la ruse, ou à le détenir par des moyens illégaux. Joseph Kabila doit donc se résigner à partir.

Mais, son discours adressé à la nation congolaise, en date du 28 novembre, montre clairement que cette conférence de presse était entachée d’incohérence et de maladresse, dénuée de toute modération. C’est une exhibition de mauvais goût, et un manque de rigueur frisant le ridicule, dans un Etat qui regorge d’intellectuels remarquables, dont l’expertise ne fait l’ombre d’aucun doute.

En effet, à quel titre et pour quel intérêt majeur, le locataire du Palais de la nation, en fin mandat, peut-il se permettre de convoquer un dialogue, alors que les concertations nationales antérieures, et les dialogues organisés par Joseph Kabila, en instance de quitter le pouvoir, n’ont jamais connu, par ce dernier, de début d’exécution ? De même, Joseph Kabila ne pourrait-il pas se rappeler qu’aucune résolution n’a été appliquée, dans toutes les assises convoquées par son pouvoir, et que toutes les revendications sont demeurées lettres mortes ?

C’est pourquoi, vraiment acculé, Joseph Kabila veut, dans ses tentatives qui sont les dernières, de dissoudre le parlement pour accomplir son action machiavélique, et ainsi conduire les institutions du pays vers un glissement totalement anticonstitutionnel. Voilà ce qui s’appelle un putsch anticonstitutionnel, alors, que toutes les revendications du peuple congolais, trouvent leurs réponses dans la Constitution en vigueur. Il faut rappeler que le calendrier électoral est du domaine exclusif de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI en sigle, organe ayant dans ses attributions et ses responsabilités, l’organisation des élections libres et transparentes.

Pourquoi, dès lors, un dialogue maintenant, si ce n’est pour organiser le partage des postes ministériels pour faire la diversion, une fois de plus, qui faciliterait un coup d’Etat anticonstitutionnel ? Non, Monsieur Joseph Kabila, cessez de prendre les millions des Congolais pour des dindons ! Si, dans d’autres nations, l’expérience des élections au suffrage indirect sont moins coûteuses, par contre, à entendre Joseph Kabila, après 15 ans de règne sans partage, il rêve d’introduire, en République Démocratique du Congo une procédure d’un coût beaucoup plus élevé ! Et dire que, même là, tout cela ne serait pas au profit du peuple congolais, mais pour arriver à faire son putsch, par des voies détournées. Congolais, ne vous laissez pas duper, et ne cédez pas à la tentation de vous mettre en hibernation à jamais !

Est-il vraiment logique de modifier les règles de jeu, en pleine compétition ? Ne serait-il pas utile et honnête, pour des raisons de sécurité et d’ordre public, de laisser la disposition de cette charge, si besoin en était, aux nouvelles autorités politiques de la relève, après le 20 décembre 2016 ?

En plus, la notion de souveraineté soulevée dans l’adresse du 28 novembre 2015 par Joseph Kabila ne cadre nullement avec la notion de l’interdépendance des Etats, dans un monde entièrement globalisé. La notion de souveraineté, dans ce contexte nouveau, n’est plus à prendre dans son caractère absolu. A ce titre, aucune action ne devrait pouvoir se concevoir, en le laissant à la charge du peuple, sans le regard et la vigilance des partenaires extérieurs témoins !

Bref, ce qui se passe maintenant au Congo Kinshasa est une véritable stratégie du chaos qui serait, en réalité, une rampe de lancement vers un putsch, qui n’ose pas sortir de la bouche de Joseph Kabila. Mais la réalité est là. Elle se pointe à l’horizon, si les filles et fils de ce grand pays, se laissent berner comme des enfants ! Car, le dialogue préconisé dans cet esprit ne peut être que perfide, déloyal et malhonnête.

Le mal qu’incarne Joseph Kabila, c’est d’avoir pris en otage tout l’Etat congolais, ses institutions, ses habitants et leurs richesses, et les avoir livrés aux mains des prédateurs et groupes mafieux et terroristes, venus de différents horizons du globe.

Enfin, André Atundu Liongo, Azarias Ruberwa, Mende Omalanga, Mugaruka bin Mubibi et Mova Sakanyi, tous piliers du système anachronique actuellement en perdition et qui font penser aux atrocités de la traite négrière et à l’esprit colonial, devraient retourner à l’école pour y retrouver le banc des auditoires à l’université de Kinshasa. Ils feraient bien mieux de relire leur cours des sciences politiques afin que les notions des valeurs que celles-ci fécondent, puissent demeurer le leitmotiv de leur agir politique immédiat et un socle d’entente et de paix pour les générations à venir de notre beau et grand pays, le Congo Kinshasa. Pourquoi persévérer dans l’erreur, pourquoi perdurer dans l’ignorance, pourquoi se vautrer dans des pratiques ignobles de prendre les Congolais pour des esclaves qu’on peut vendre comme des choses ? Détruire ainsi son peuple est diabolique ! 

La science politique comme mensonge est une notion falsificatrice et non rationnelle. Machiavel a fait son temps. Continuer à se référer à ses théories ne nous paraît donc plus de saison dans un monde en pleine mutation technologique où l’internet facilite l’interconnexion des informations entre nations du monde et même entre humains !

Ceci dit, Joseph Kabila doit quitter son monde des rêves fous et insensés, et remettre ses pieds sur la terre des hommes. Ce réalisme l’honorerait en quittant dignement le pouvoir en remettant son tablier à un autre, au terme de son mandat, le second et le dernier ! Non seulement qu’il doit partir par respect pour la Constitution de la République, mais aussi parce qu’il s’est illustré par son incompétence notoire à gérer l’Etat congolais. Il n’est même pas capable d’organiser des élections dans les délais prévus par la Loi fondamentale de la République. La Constitution d’aujourd’hui ou celle selon le rêve de Joseph Kabila n’est pas ce qui intéresse ce dernier. Son intérêt est de se proclamer lui-même cette constitution, il serait ainsi au-dessus de la loi. Il serait le dieu des Congolais sur la terre comme au ciel ! Nous sommes donc là devant un projet fantasmagorique et burlesque !

Que la CENI, si elle est composé des Congolais qui aiment leur pays et pour peu qu’ils soient libres de leur pensée et de leur action, qu’ils bougent, le temps presse ! Joseph Kabila aux abois ne dort pas, il fourbit ses armes pour détruire le Congo. Ne nous laissons pas faire, nous sommes des vivants et non des ossements desséchés ! Ce n’est pas le problème financier qui empêche la tenue des élections libres et transparentes au Congo Kinshasa, ce sont des patriotes qui manquent ! Nous savons tous où se trouve l’argent de l’Etat congolais, le Gouvernement le sait aussi, à lui d’agir en conséquence en arrêtant les vols et pillages des ressources du pays.

Affirmer que le Congo e st en manque de liquidités pour simplifier le processus électoral, tout juste, à la veille de la fin du mandat du président sortant, n’est qu’une autre astuce déraisonnable. On ne peut donc admettre qu’un seul individu s’accorde le privilège de reporter des élections, surtout d’une telle importance, prévues en novembre 2016. Que Joseph Kabila se rappelle les sages conseils, prodigués en son temps, par le Prof André Mbata : « il y a aussi une autre vie après la présidence de la République ». Cette lettre Testament devrait lui servir de repère, en ce moment de turbulence politique, difficilement maîtrisable en aval.

Je suis très fier de mes compatriotes de la diaspora, éparpillés à travers le monde, pourvus tous d’une grande intelligence, dans des domaines aussi divers, et qui sont prêts à rentrer au pays, dans des conditions de sécurité saine, pour reconstruire la mère patrie, au cœur d’une « transition » dont les modalités seront fixées en synergie avec nos compatriotes vivant au pays. Ce n’est que par cette voie que le peuple congolais, entièrement débarrassé de son asservissement, pourra lever, d’une part, une option claire sur des sujets d’actualité politique congolaise et, d’autre part, redéfinir enfin, un nouveau point de départ pour le nouveau Congo.

Auteur de plusieurs massacres de nos concitoyens, dans notre pays, en réalité, Joseph Kabila a peur de la justice révolutionnaire qui le conduira certainement à l’issue fatale de sa carrière politique néfaste.

Dommage que Joseph Kabila, le rebelle, n’a pas cru à un éveil de conscience du peuple congolais, résolument décidé à mettre fin au jeu, comme disait Marx : « un pas en avant, deux pas en arrière». 

Désormais, le soleil va se lever pour le peuple congolais, alors qu’il est à son déclin pour Joseph Kabila ! 

[Bamba-di-Lelo, Docteur en Sciences Politiques de l’UCL Analyste des Questions politiques du Congo]