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RDC : « KABILA » partagé entre la pétoche et l'anathématisation dans son entretien avec Mr ROTH

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L'Afrique a souvent présenté une image triste de démocratisation au regard des élections truquées aux plébiscites délirants, des familles régnantes  et des présidents qui s'incrustent au pouvoir en ayant la peur du gendarme ou plutôt du juge. C'est  pourquoi certains présidents franchissent la ligne rouge constitutionnelle. C'est là que nous examinerons les contingences sécuritaires et psychotopes ayant orienté  la position de Joseph Kabila lors de son entretien avec le directeur exécutif de Human Rights Watch , monsieur Kenneth Roth en date du 20 juillet 2015 à  Kinshasa. Il est donc aujourd'hui plus facile de trouver dans le  bilan de Kabila  la peur de quitter le pouvoir qui est la résultante des résistances à la pratique plus normative de la démocratie en Rdc.  Mais pourquoi Joseph Kabila a donc la pétoche et l'anathématisation en ce moment pré-électoral ?

Le  président congolais sait très bien qu'en acceptant l'alternance politique dans le respect de la constitution , il signe la chute de son empire financier qui est la somme des biens mal acquis, aussi sa propre mort pour les maux causés à la population congolaise. La peur du gendarme demeure profonde , un proverbe dit : " Bien mal acquis ne profite jamais". Pour la plupart des dictateurs et leurs familles qui ont profité en toute impunité des milliards de dollars volés dans les caisses publiques et placés à l'étranger , ils ont souvent fait l'objet des poursuites judiciaires pour l'opacité ayant régné autour de l'acquisition de leurs biens et pour le rôle qu'ils ont joué dans les paradis fiscaux. D'ailleurs c'est pour lutter contre cette criminalité économique ou cette spoliation des ressources nationales que certaines ONG  ont porté plainte contre certains chefs d'Etat africains tels Teodoro Obiang Nguema , Denis Sassou Nguesso, la famille  Bongo. Ils se sont vu reprocher les conditions dans lesquelles ils ont acquis un abyssal patrimoine en France ainsi que des avoirs bancaires dans des banques  françaises ou étrangères. Des exemples de biens mal acquis sont nombreux en Afrique notamment les comptes dans les paradis fiscaux de José Edouardo Dos Santos , de Sani Abacha .Pour les congolais le patrimoine sans commune mesure de Joseph Kabila doit faire l'objet des procédures judiciaires parce qu'il a bâti sa fortune sur la misère des populations spoliées. Il  n'est pas étonnant  aujourd'hui que les dollars volés dans les caisses publiques  minent les secteurs non productifs et les  services socio-publics comme l'accès à l'eau et au courant. Les congolais ne vivent que du délestage en eau et en électricité.

S'agissant de l'aggravation de la misère des congolais confrontés à la malédiction des ressources naturelles immenses, le peuple congolais a le droit et le devoir d'interpeller Joseph Kabila sur la gestion des ressources minières congolaises qui sont le patrimoine de tous les congolais et non celui d'une famille des oligarques. Joseph Kabila doit expliquer au peuple pourquoi il a accepté fin 2005 la création de deux sociétés de joint-ventures( Kamoto Copper Company et DRC Copper and Cobalt Projet ) ainsi que  la cession des gisements-clés de l'ancienne Gécamines , décisions qui ont été manifestement contraires  aux intérêts nationaux malgré une série de mise en gardes.  L'analyse de l'actionnariat de ces sociétés aux Iles Vierges Britaniques ( IVB) révèle que plusieurs transactions sont liées à l'ami sulfureux de Hyppolite Kanambe alias " Joseph Kabila"  , Mr Dan Gertler qui a été souvent en connexion avec Glencore . D'ailleurs le journal français , "  Le Point " a publié le 2Juin 2014 un article intitulé : "   comment piller le cuivre de la Rdc sans bourse délier ". Le  journal affirme que KCC (  Kamoto Copper Company ) ; filiale du géant suisse Glencore , a réussi à ne pas payer d'impôts. Pourquoi ?  Depuis 2008, elle affiche systématiquement des pertes?  Comment expliquer les résultats déficitaires de KCC  dans une conjoncture qui a été caractérisée par la flambée des cours du cuivre sur les marchés mondiaux à l'époque  et  une forte croissance  ?  En fait KCC  appartient à 75 % à cinq sociétés établies dans des paradis fiscaux ( Iles Vierges Britaniques et Guernesey ) .L'article français est le résultat d'un travail d'enquête effectué par quelques ONG.  Les  exemples sont nombreux et nous n'avons la prétention illico de pouvoir    les détailler. Sans laxisme, Joseph Kabila serait en taule pour toutes ces affaires sulfureuses .  Comment expliquer qu'un ancien ministre de la Défense de Joseph Kabila puisse en l'espace d'un an de l'exercice de ses fonctions payer en  Belgique  dix villas ?  La  place de ces voleurs et  détourneurs est dans les prisons.

Joseph Kabila sait qu'il doit être aussi jugé de " haute trahison" . Il  a détruit l' outil de défense nationale et des services de renseignement voire-même des migrations en facilitant la pénétration et l'installation des troupes étrangères sur le sol congolais, des taupes dans la sécurité intérieure .  Le  7 septembre 2012, la présence révélée de militaires rwandais embarrasse les autorités congolaises.  Kabila a du mal à justifier la présence de centaines de soldats rwandais sur le sol congolais et certains partis de l'opposition l'accusent de haute trahison  et exigent de le déférer devant la justice congolaise .Pour l'opposition le président congolais a caché l'information relative à la présence des troupes rwandaises sur le territoire congolais .   La  complicité avérée de Kabila s'est davantage illustrée dans la déclaration du gouvernement rwandais faisant état du retrait le 31 août de ses forces spéciales basées à  Rutshuru depuis 2011 en "  vertu des accords secrets entre Kabila et Kagame soigneusement scellés et cachés au peuple congolais" .   Le  7 juin 2014, des forces rwandaises de défense ( RDF) comportant 302 soldats ont débarqué à l'aéroport militaire de Ndolo à  Kinshasa .  Les  raisons de la présence de ces forces spéciales sur le sol  congolais n'ont jamais été clarifiées . Après  avoir nié la présence des troupes burundaises dans la région d'Uvira en Octobre 2014 , Bujumbura confirmait tandis que  Kinshasa démentait .  La  société civile de Kiliba est d'ailleurs montée au créneau pour accuser les militaires burundais de commettre des exactions contre les civils.  En dehors de nombreuses situations illustrant la haute trahison  de Kabila, nous devons souligner compte tenu de la détestation aveuglée du président congolais contre la population , il va de soi que la souveraineté nationale soit remise en cause par la duplicité d'un homme qui demeure l'épouvantail.

Enfin il y a un phénomène qu'on retrouve dans les systèmes dictatoriaux en soldant le compte des opposants,  des activistes des droits de l'homme , des journalistes et  qui revient avec beaucoup plus d'ampleur dans le modus operandi des hommes de paille de Joseph Kabila notamment Mr Lambert  Mende et Alexis Thambwe Mwamba . Ils font le tartuffe en adressant souvent des flagrants démentis en empruntant sans" noircir " une scandaleuse et délirante rhétorique des régimes fascistes en stigmatisant les opposants ou ceux qui sont jetés  en prison. Il  y a une culture d'humiliation et de peur contre les congolais qui exigent le respect des normes démocratiques. Le ministre Mende qui identifie mal  le terme terrorisme conceptualise le vocabulaire dans le but de jeter l'anathème sur les opposants ou les activistes des droits de l'homme Et quand le ministre congolais de la Justice déclare que le "  discours du directeur exécutif de Human Rights Watch ne développe aucun fait nouveau " sur les préoccupations majeures soulignées par Mr Kenneth  Roth lors  de son entretien avec Joseph Kabila, une fois de plus c'est la même rhétorique propre aux régimes autoritaires de stigmatisation pour enfoncer ou clouer au pilori ceux qui s'érigent contre des pratiques dictatoriales .  Cela peut se résumer en : " buvez  nos paroles et avalez des couleuvres ".

Le  glas a sonné et les combattants doivent se préparer à  bien donner la cognée fatale à Hyppolite Kanambe alias " Joseph Kabila"  qui  n'est pas la solution  pour la Rdc . C'est le "  problème" . Le  président  congolais et son entourage ont donné le spectacle qui n'est pas celui des attentes de tous les congolais . Joseph Kabila est venu appauvrir davantage le peuple congolais et le tuer à  petit feu . Il  n'y  a pas  d'autre choix  pour lui  que celui de dégager à la fin de son second mandat actuel s'il veut éviter le sort  réservé à la plupart  de dictateurs qui sont tombés sous l'insurrection populaire ou sous les balles .   La  machine de l'alternance politique est en marche en Afrique et cette norme démocratique devient l'une des préoccupations majeures de la nouvelle génération politique et surtout des jeunes africains qui tiennent à  inscrire leurs  pays  dans la spirale  du renouvellement des élites au pouvoir.

[Professeur Florent Kaniki]