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RDC : Plus de 36 millions de Congolais n’ont pas accès à l’eau potable

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La Regideso, ancienne entreprise publique a été depuis 2009, transformée en société commerciale sur décision du Gouvernement central pour essayer de booster la gestion de cette entreprise qui battait de l’aile. L’objectif de l’Exécutif congolais était de relever le défi de carence ou mieux de déficit d’eau potable sur l’ensemble du territoire national où l’accès de la population à cette denrée vitale se situe encore à moins de 30 % sur la moyenne  africaine de 48 %.

Le programme de réforme piloté par le COPIREP a pris la vitesse de croisière en 2013 lorsque sur décision du gouvernement, la Regideso a signé un contrat de service avec une firme française qui affectera environ 5 directeurs à sa direction générale pour piloter les directions clefs de cette entreprise commerciale à savoir la direction commerciale, les ressources humaines, la production, la direction financière et la distribution.ous ne savons pas exactement quel apport les experts sénégalais ont réalisé en termes d’amélioration puisque non encore rendu public, mais il se fait que la République démocratique du Congo a encore sous la main 37 millions de Congolais qui n’ont pas accès à l’eau potable. C’est en tout cas l’avis du Programme écoles et villages assainis (PNEVA) qui l’affirme par la voix de son point focal en communication, Jean-Jacques Diyabanza qui l’a dit au cours d’un briefing organisé dernièrement à l’intention des communicateurs en santé. C’était le 19 en prélude de la Journée mondiale de l’eau célébrée le 22 mars de chaque année, et du lancement officiel de la phase du deuxième  » Programme école et village assaini « .

Selon l’ACP qui a livré la nouvelle, le manque d’accès à l’eau potable comporte les risques de contamination et qui sont responsables de nombreuses maladies notamment le choléra, la diarrhée, la poliomyélite ou la fièvre typhoïde pourtant évitables.

Mais pourquoi ô diable un pays comme la RD Congo qui est la plus grande réserve d’eau douce en Afrique dotée du fleuve, des rivières, des lacs, peut-il être incapable d’offrir l’eau potable à la majorité de sa population ? S’agirait-il d’un manque de stratégies dans le chef des dirigeants de la Regideso et d’autres structures et organismes chargés de procurer l’eau potable à la population dans la capitale et dans le reste des provinces ?

Peut-on parler du manque de moyens financiers à la Regideso censée produire et distribuer de l’eau potable à la population ? Nous ne saurons encore donner une réponse fiable et documentée à cette préoccupation. Mais les observateurs avertis qui suivent de près le fonctionnement de la Regideso soutiennent que le manque de moyens serait pour quelque chose quand-même. Parce que sans moyens financiers conséquents, comment la Regideso pour ne citer que celle-là, pourra-t-elle effectuer des investissements dans les équipements, les produits chimiques et autres besoins que nécessite l’augmentation de la production d’eau potable qui, il faut le dire, a un prix. A ce jour, l’Etat congolais doit par exemple  plusieurs millions de dollars américains à la Regideso et ce, depuis plusieurs années.

Des dettes occasionnées par l’eau consommée dans des camps militaires, des universités publiques, des écoles, des hôpitaux publics,  des ministères et même des services publics qui ne payent pas du tout les frais de leur consommation. Or avec la réforme des entreprises décrétée par les pouvoirs publics, la Regideso aujourd’hui, société commerciale devait fonctionner comme toute entreprise revêtue de ce statut et qui doit avoir pour objectif, faire des bénéfices, réaliser le profit. C’est le Gouvernement congolais qui leur a assigné cette mission.

L’explosion démographique et le boum immobilier à la base de quelques problèmes

Un autre problème et non de moindre auquel la Regideso est  confrontée, c’est l’explosion démographique. Le réseau installé à l’époque pour une population équivalant à 2 millions d’habitants par exemple pour ne parler que de la capitale, s’en trouve débordée aujourd’hui avec l’augmentation de la population estimée aujourd’hui à 8 millions d’habitants pour la seule ville de Kinshasa. Ensuite beaucoup de quartiers périphériques sont nés sans nécessairement se conformer aux normes urbanistiques. Ce qui prend un peu de cours la Régideso qui est obligée de refaire ses calculs.

Le deuxième problème c’est le boum immobilier. Beaucoup d’immeubles se sont ajoutés dans des quartiers là où se trouvaient des maisons  sans étages. Ce qui dérègle également la fourniture d’eau.

La quantité d’eau qu’on peut desservir à 50 maisons par exemple sur une avenue va être réduite à cause de 2 ou 3 nouveaux immeubles à hauteur construits entre-temps. Ce qui entraînera le fractionnement d’eau et la réduction de la puissance déjà absorbée en amont. C’est un problème réel. Il y a aussi le problème de vieillissement des tuyaux. Heureusement des efforts sont entrepris par la Regideso avec le concours de la Banque mondiale et de la BAD  dans le renouvellement du réseau de distribution avec le placement des tuyaux à gros diamètre aussi bien à Kinshasa, à Lubumbashi et à Matadi. Mais le chemin est encore long, parce que beaucoup de quartiers et communes ne sont pas encore atteints.

Sur le plan de la production d’eau potable, l’on a également noté certaines avancées. Avec notamment la construction de la nouvelle usine de Ngaliema localisée d’une capacité de 110.000 m3, derrière Utexafrica que le chef de l’Etat a eu personnellement  à inaugurer le mois de février dernier. Mais l’accès à l’eau potable ne saurait être l’affaire de la seule Regideso. Tout le monde est concerné. Ceux des privés qui le peuvent, qu’ils aménagent des sources et fassent des puits d’eau pour desservir la population. C’est la responsabilité de tous les citoyens congolais.

[Jean-Pierre Seke]