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RDC : Cacophonie au sein des ONG des droits de l’homme

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La mise en place de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a pris un sérieux retard à cause de la cacophonie qui règne au sein des ONG des droits de l’homme qui n’arrivent pas à s’entendre sur les noms des leurs candidats devant faire partie de cette importante institution d’appui à la démocratie. Pourtant, l’Assemblée nationale, par le biais de son bureau, leur a accordé plusieurs délais pour trouver un compromis, mais aucun résultat n’est enregistré jusque-là.

Alors que nous acheminons lentement mais sûrement vers la fin de la législature en cours (les députés n’ont plus que trois sessions ordinaires devant eux y compris l’actuelle), si les membres des Ong des droits de l’homme (ONGDH) ne prennent pas la mesure de leurs responsabilités en dépassant leurs divergences, ils porteront la lourde responsabilité d’avoir empêché la mise en place et le fonctionnement de la CNDH.

L’attitude des militants de droits de l’homme est plus que choquante si nous nous référons à leur prise de position vis-à-vis des politiciens aux affaires. Ils ne sont pas généralement tendres dans les rapports qu’ils publient surtout lorsqu’ils évoquent la question de la gouvernance. A les lire, on serait tenté de croire que leur monde est paradisiaque. Mais ils sont en train de nous offrir depuis des mois un spectacle indigeste, que rien ne peut justifier de manière objective.

Le problème au sein de cette thématique de la Société civile réside essentiellement dans la boulimie de pouvoir qui déchire certains de ses membres. Il s’agit en fait de la lutte pour le positionnement. Ici les militants des droits de l’homme tombent dans les mêmes travers que les politiciens qu’ils vilipendent à longueur de journée.

Après plusieurs ratés, le bureau de la chambre basse du Parlement vient de leur accorder une dernière chance. Vont-ils la saisir pour s’accorder finalement sur les noms de personnes appelées à les représenter au sein de la CNDH ? Rien n’est moins sûr. En tout état de cause, ils n’ont pas d’autres choix. Ils sont contraints de mettre fin à ce suspense qui n’a que trop duré.

Le bureau de l’Assemblée nationale prêt à décider

La mise en place d’une institution aussi  importante que la CNDH ne doit pas être bloquée à cause  des ambitions de quelques membres des ONDH. C’est pourquoi, si ces organisations ne parviennent pas à se mettre d’accord, le bureau de l’Assemblée nationale va tout simplement agir à leur place en désignant les neuf membres de la CNDH conformément aux textes se rapportant à l’organisation et au fonctionnement de cette institution.

Si nous  en arrivons à ce scénario, c’est l’image de ces organisations qui sera écornée. Dans l’avenir, leur notoriété ne sera plus de mise. Dès lors que le bureau de la chambre basse du Parlement aura décidé, aucune contestation de leur part ne sera acceptée parce qu’elles auront péché par leur immaturité. Elles seront obligées de s’incliner devant le choix des députés.

Une autre difficulté dans la mise en place de la CNDH est liée à l’équilibre des provinces où il s’avère que certaines ONG ne s’accordent pas pour la désignation d’un candidat dans les provinces dont les ressortissants ne figurent pas sur les listes des candidats proposés à la CNDH. A ce propos, il est projeté la tenue d’une réunion du comité d’accompagnement pour une solution appropriée.

 Cet atermoiement sur la mise en place de la CNDH dû aux divergences de vues entre les ONDH prouve à suffisance que la Société congolaise a un grand besoin de changement dans le chef de différentes strates de la population. Contrairement à ce que d’aucuns s’imaginent, le problème d’éthique ne se pose pas uniquement au niveau des acteurs politiques, mais il concerne toutes les couches de divers horizons. Le changement que les Congolais attendent doit être global et intégral. La Société civile aurait dû être à l’avant-plan, mais malheureusement…

[Rombaut Ot]