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La RDC chasse la MONUSCO !

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Le gouvernement congolais, « reconnaissant envers l’Onu pour son inestimable concours dans la poursuite et l'atteinte des résultats obtenus » dans la pacification de son territoire, a affirmé jeudi 19 mars 2015 devant le Conseil de sécurité que « le moment est venu pour la RDC d’assumer pleinement ses responsabilités quant à sa sécurité et à celle de ses populations ».

« Dans la RDC d'aujourd'hui, il y a un Etat qui fonctionne et dont l'autorité s'exerce effectivement sur la quasi-totalité du territoire national ; une armée en pleine reconstruction, et dont la montée continue en puissance est incontestable, la défaite du M23, la neutralisation quasi-achevée des ADF/NALU et les opérations militaires en cours contre les FDLR en étant une des preuves irréfutables », a expliqué son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Raymond Tshibanda.

Au centre de la réunion concernant la situation en RDC, il y a eu « l’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, deux ans après sa signature à Addis-Ababa,  le renouvellement du mandat de la Monusco ainsi que le départ progressif de la Monusco, avec la réduction des troupes  en RDC ».

Kobler plaide pour le renouvellement du mandat de la Monusco

Premier a prendre la parole, le Représentant du Secrétaire général de l’Onu en RDC, Martin Kobler, a présenté son rapport sur la situation sécuritaire dans ce pays et plaidé pour le renouvellement du mandat de la Monusco en RDC au Conseil de sécurité, présidé par la France.

A son tour, le Représentant de Ban Ki-moon dans la région des Grands Lacs, Said Djinnit, a présenté son rapport sur la situation en RDC et dans la région. Il a salué les efforts des autorités congolaises dans la mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix en RDC et dans la région.

Tshibanda vante « le niveau de performance actuel des FARDC »

Dans son allocution, le ministre Raymond Tshibanda a présenté l’évolution positive de la situation sur le terrain et les efforts du gouvernement congolais dans la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

Il a souligné « à nouveau que le niveau de performance actuel des FARDC explique objectivement la volonté du gouvernement de négocier à la baisse et de manière progressive le nombre des troupes de la Monusco ».

« Nous savons que l’idée de réduction de ces troupes est partagée par notre organisation et que la discussion ne porte que sur son ampleur et sa vitesse. C'est notre conviction que, pour consolider ces acquis, nous avons, ONU et Gouvernement de la République démocratique du Congo, le devoir de continuer à travailler en équipe et, pour ce faire, à pérenniser l'esprit qui avait jusque-là caractériser ce partenariat et qui en a été un facteur déterminant d'efficacité », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur l’« esprit de dialogue et de respect mutuel, conformément aux prescrits de la Charte, en ce compris le respect, en tout temps et en toute circonstance, de l'intangible souveraineté de la République démocratique du Congo ».

Pour ce qui est de la mise en œuvre de la résolution  relative au désarmement forcé des rebelles rwandais des FDLR, Raymond Tshibanda a commencé par  « regretter l’incident qui explique la non-participation directe de la MONUSCO à ce désarmement, alors même que ce travail figure parmi les tâches que notre organisation devait accomplir en République démocratique du Congo ».

« A ce sujet, je voudrais d’abord dire que cette situation n’est pas le fait de la République Démocratique du Congo qui n’a fait que prendre acte de la décision de la MONUSCO de suspendre son appui. Bien plus, les autorités congolaises n’avaient pas été informées avant leur nomination à leurs postes de ce que les officiers mis en cause étaient classés « rouges» par les services de la MONUSCO », a-t-il argué.

Il a, en outre, dit que la RDC « est partie prenante de tous les efforts des Nations Unies pour la promotion et le respect des droits humains ». Par conséquent, a-t-il soutenu, « la question ne se pose donc pas de ce point de vue ».

Les acquis

Parmi les acquis, le chef de la diplomatie congolaise a cité :

- un État qui fonctionne et dont l'autorité s'exerce effectivement sur la quasi-totalité du territoire national;

- des institutions légitimes et efficaces, comme en témoignent nos performances économiques: une croissance du PIB de 9,5% en 2014 et qui, de l'avis des institutions crédibles comme le FMI, pourrait atteindre 10,5% en 2015; 

-un taux d'inflation proche de zéro; un taux de change de la monnaie nationale stable; des réserves internationales et des investissements directs étrangers en constante augmentation; 

-la mise en œuvre de plusieurs réformes importantes, au point d'être classe l'un des dix pays les plus réformateurs au monde par la Banque mondiale; 

- la réhabilitation ou la  construction, en moins de cinq ans, de plus d'écoles, d'hôpitaux et de kilomètres de routes qu'au cours des cinquante précédentes années;

- une armée en pleine reconstruction, et dont la montée continue en puissance est incontestable, la défaite du M23, la neutralisation quasi-achevée des ADF/NALU et les opérations militaires en cours contre les FDLR en étant une des preuves irréfutables;

- l'instauration de la démocratie, avec l'organisation des premières élections réellement libres et démocratiques de notre histoire en 2006, l'organisation des élections législatives et présidentielles à terme échu en 2011, la mise en œuvre effective de la décentralisation et l'organisation programmée des élections locales, municipales, urbaines, provinciales, sénatoriales, législatives et présidentielle en 2015 et 2016.

« Au vu de cette énumération non exhaustive, tout observateur objectif se doit de reconnaitre qu'un travail énorme a été réalisé. La RDC estime cependant que le moment est venu pour elle d'assumer pleinement ses responsabilités quant à sa sécurité et à celle de ses populations. Elle plaide donc pour que le Conseil fasse droit à cette aspiration légitime qui est consubstantielle de la notion-même de souveraineté nationale », a encore plaidé Raymond Tshibanda.

Représentant la RDC, il conduit à New York une délégation composé du Coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre, François Muamba, de l’ambassadeur de la RDC en France, Ileka Atoki, de l’ambassadeur de la RDC auprès de l’ONU, Ignace Gata, et le général Dénis Kalume, Expert de la présidence de la République .

Allocution du ministre Raymond Tshibanda

Monsieur le Président,

Je tiens tout d’abord à vous féliciter pour votre accession à la présidence du Conseil de sécurité pour ce mois de mars 2015, à vous dire combien nous sommes honoré de voir la France, un pays ami, diriger les délibérations du Conseil de ce jour.

Je voudrais vous remercier de m’avoir donné l’occasion de prendre la parole devant votre Conseil à la présente séance, qui se penche sur la situation en République démocratique du Congo, question qui revêt une importance capitale pour mon pays.

Permettez que je puisse saisir cette opportunité pour exprimer une nouvelle fois au Conseil toute la gratitude du peuple et du Gouvernement de la République Démocratique du Congo pour les efforts déployés par les Nations Unies, afin de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de notre pays et pour lui garantir la paix et la stabilité.

Je voudrais, enfin, rendre un hommage appuyé à Son Excellence Monsieur BAN Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, pour le souci constant et jamais démenti dont il n’a eu de cesse de faire montre, ainsi que son implication personnelle d’œuvrer à la consolidation de la paix dans mon pays.

Monsieur le Président,

Les relations entre l’Organisation des Nations Unies et la République démocratique du Congo datent de l’accession de cette dernière à la souveraineté internationale. Elles sont donc vieilles de près de cinquante-cinq ans, période au cours de laquelle l’ONU et la République démocratique du Congo ont réalisé tant de choses mémorables ensemble.

Nous sommes convaincus que l’histoire en témoignera mieux que nous ne pouvons le faire en quelques minutes aujourd’hui.

Ces relations ont presque toujours été bonnes, souvent excellentes, sinon exemplaires. Il faut malheureusement reconnaitre qu'elles traversent actuellement une zone de turbulence. Notre souhait le plus ardent est que cette mauvaise passe soit la plus brève possible.

L’histoire de notre pays et notre volonté politique commune ne permettent pas en effet d’aller dans une autre direction que celle de l’apaisement.

Comment ne pas s'en convaincre quand on sait que c'est grâce notamment au partenariat entre l’ONU et la RDC que l’intégrité territoriale et la souveraineté de mon pays ont pu être sauvegardées, malgré les convoitises et les multiples agressions ouvertes ou par proxis interposés;

- que la paix, souvent rompue, à chaque fois été rétablie, puis consolidée, tant dans mon pays que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs africains; que nous assistons à la consolidation, chaque jour plus assurée, de l’autorité de l’Etat et du respect des droits de l’homme en République démocratique du Congo; 

- et que des élections libres, gages d’institutions fortes et crédibles, se cristallisent chaque jour davantage comme l'unique mode d'accès et de conservation du pouvoir public dans mon pays, l'ONU n'ayant de cesse de rappeler aux Etats-membres leurs obligations aux termes de sa charte, notamment le strict respect des principes démocratiques, ainsi que de celui sacro-saint de la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats.

C'est notre conviction que, pour consolider ces acquis, nous avons, ONU et Gouvernement de la République démocratique du Congo, le devoir de continuer à travailler en équipe et, pour ce faire, à pérenniser l'esprit qui avait jusque-là caractérise ce partenariat et qui en a été un facteur déterminant d'efficacité.

Esprit de dialogue et de respect mutuel, conformément aux prescrits de la Charte, en ce compris le respect, en tout temps et en toute circonstance, de l'intangible souveraineté de la République démocratique du Congo.

Pour sa part, cette dernière affirme, haut et fort, qu'elle demeure et demeurera toujours fidèle à cet esprit.

Monsieur le Président,

Les points de friction actuelles dans les relations entre l'ONU et la RDC sont au nombre de quatre. Il s’agit:

1) de la revue stratégique et des conséquences logiques a en tirer, notamment en ce qui concerne le transfert des responsabilités de la MONUSCO et le rythme de réduction des troupes des Nations Unies en RDC;

2) du désarment forcé des rebelles rwandais des FDLR ;

3) de l’évolution de la présence des rebelles ougandais des ADF/NALU au Nord Est de la RDC; et

4) des suites politiques de la fin de la rébellion du M23.

Pour besoin d'édification des membres du Conseil, permettez-moi de clarifier le point de vue de la République démocratique du Congo sur ces points, au regard de l’évolution récente de la situation sécuritaire, politique et économique sur le terrain.

Pour ce qui est de la revue stratégique, je rappelle que, sous la forme d'une mission de maintien de la paix, puis de stabilisation, notre organisation est présente au Congo, à notre demande, et ce depuis 1999.

Elle y a déployé et y maintient environ 20 000 hommes de troupes dont trois milles de la Brigade Spéciale d’intervention spécifiquement charges d'appuyer les FARDC dans l’éradication des forces négatives présentes dans l’Est de notre pays.

Il y a lieu de rappeler aussi  que, dès le départ, il était convenu que cette contribution onusienne serait progressivement revue a la baisse, au fur et à mesure que les risques de sécurité diminueraient et que les Forces Armées de la RDC atteindraient un niveau de performance leur permettant d'assurer par elles-mêmes la sécurité du pays.

Monsieur le Président,

Il est vrai que des parties importantes de notre pays sont encore aujourd’hui objets de préoccupations en matière de sécurité. Il y a notamment les poches. Comparés à l’ensemble du pays, les territoires à sécuriser représentent aujourd’hui moins de 5% de la superficie de la République.

A l’arrivée de la MONUC presque la moitié du territoire national vivait dans l’insécurité et échappait au contrôle effectif des autorités nationales. Le pays était divise en autant de territoires quasi-autonomes, d'administrations et d'armées qu'il y avait de groupes rebelles et, à la faveur de ce délitement total de l'Etat, les violations massives des droits humains, singulièrement l'enrôlement des enfants, les viols et autres violences sexuelles avaient atteint un niveau révoltant pour la conscience humaine.

Aujourd'hui, il y a certes encore quelques poches d’insécurité entretenues par des terroristes ougandais dans et autour de la ville de Beni au Nord-Kivu et par des rebelles rwandais des FDLR a certains endroits bien localises du Nord Kivu et du Sud Kivu.

Partout ailleurs, sur le territoire national,  la paix et la sécurité règnent, y compris en Ituri et au Nord Katanga, vu que les quelques troubles qui, sporadiquement, y sont causes a la quiétude des citoyens par l'activisme de quelques brebis égarés relèvent du maintien de l'ordre public et ont été soit maitrises, soit en voie de l'être. Bien plus, dans la RDC d'aujourd'hui, il y a:

- un État qui fonctionne et dont l'autorité s'exerce effectivement sur la quasi-totalité du territoire national;

- des institutions légitimes et efficaces, comme en témoignent nos performances économiques: une croissance du PIB de 9,5% en 2014 et qui, de l'avis des institutions crédibles comme le FMI, pourrait atteindre 10,5% en 2015; 

- un taux d'inflation proche de zéro; 

- un taux de change de la monnaie nationale stable; des réserves internationales et des investissements directs étrangers en constante augmentation; la mise en œuvre de plusieurs réformes importantes, au point d'être classe l'un des dix pays les plus réformateurs au monde par la Banque mondiale; et la réhabilitation / construction, en moins de cinq ans, de plus d'écoles, d'hôpitaux et de kilomètres de routes qu'au cours des cinquante précédentes années;

- une armée en pleine reconstruction, et dont la montée continue en puissance est incontestable, la défaite du M23, la neutralisation quasi-achevée des ADF/NALU et les opérations militaires en cours contre les FDLR en étant une des preuves irréfutables;

- l'instauration de la démocratie, avec l'organisation des premières élections réellement libres et démocratiques de notre histoire en 2006, l'organisation des élections législatives et présidentielles à terme échu en 2011, la mise en œuvre effective de la décentralisation et l'organisation programmée des élections locales, municipales, urbaines, provinciales, sénatoriales, législatives et présidentielle en 2015 et 2016.

Au vu de cette énumération non exhaustive, tout observateur objectif se doit de reconnaitre qu'un travail énorme a été réalisé.

La République démocratique du Congo est reconnaissante envers l’Organisation des Nations Unies pour son inestimable concours dans la poursuite et l'atteinte de ces résultats.

Elle estime cependant que le moment est venu pour elle d'assumer pleinement ses responsabilités quant à sa sécurité et à celle de ses populations. Elle plaide donc pour que le Conseil fasse droit à cette aspiration légitime qui est consubstantielle de la notion-même de souveraineté nationale.

A cet égard, je tiens à porter à la connaissance des membres du Conseil les efforts considérables faits par mon Gouvernement en matière de réforme du secteur de sécurité.

Par-delà la définition certifiée d'une doctrine militaire, la mise au point d'un plan général de réforme, l'adoption par le Parlement et la promulgation par le Chef de l'Etat de toutes les lois requises tant pour l’Armée que pour la Police Nationales et la nomination aux postes de commandement conformément à la nouvelle architecture de l'une et l'autre, le chantier de la constitution de la Force de Réaction Rapide souhaitée et attendue par le Conseil est déjà largement engagée.

C'est dans ce cadre qu'il faut en effet inscrire la formation et l'équipement des trois Brigades suivantes:

- La 11ème Brigade, célèbre par ses opérations victorieuses contre les rebelles du M23 et les ADF sous le commandement du feu Général Mamadou NDALA. Cette Brigade est composée de 3 bataillons formés par la coopération chinoise;

- La 21eme Brigade, composée de 3 bataillons formés par l’Afrique du Sud et qui est présentement déployée au Katanga; et

- La 31eme Brigade, composée de 3 bataillons dont les militaires, formés par la coopération belge ont été mis a contribution dans certaines opérations antérieures de pacification au Nord Kivu et vont être bientôt déployés dans le cadre de la poursuite des FDLR dans la forêt congolaise.

Pour ce qui est de la mise en œuvre de la résolution  relative au désarmement forcé des rebelles rwandais des FDLR, je commencerais par regretter l’incident qui explique la non-participation directe de la MONUSCO à ce désarmement, alors même que ce travail figure parmi les tâches que notre organisation devait accomplir en République démocratique du Congo.

A ce sujet, je voudrais d’abord dire que cette situation n’est pas le fait de la République Démocratique du Congo qui n’a fait que prendre acte de la décision de la MONUSCO de suspendre son appui.

Bien plus, les autorités congolaises n’avaient pas été informées avant leur nomination à leurs postes de ce que les officiers mis en cause étaient classés « rouges» par les services de la MONUSCO. Je voudrais ensuite dire que notre pays est partie prenante de tous les efforts des Nations Unies pour la promotion et le respect des droits humains. La question ne se pose donc pas de ce point de vue.

En témoigne éloquemment le fait que le tiers au moins de la population carcérale en RDC est composée des éléments de forces de défense et de sécurité, officiers et hommes de rang. Il n’en serait pas le cas si nous faisions preuve de complaisance à leur égard.

Cela dit, comme tout pays membre des Nations Unies et ce conformément à notre Charte, la RDC tient à garder une totale autonomie en matière de nomination de ses cadres civils ou militaires. Seuls des empêchements réellement documentés peuvent en toute souveraineté, être pris en compte au moment où se prennent des décisions de nomination.

En dépit de la suspension de l’appui de la MUNSCO et ne pouvant se dérober de ses responsabilités, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ont ainsi lancé et mènent actuellement les opérations contre les forces des FDLR. 

A ce jour, des avancées importantes ont été réalisées, près de 200 combattants, dont fort malheureusement 91 enfants soldats ont été arrêtés ou se sont rendus; des localités jadis constituées en places fortes tels que Mulenge, Kitoga, Kigogo, Kangova et Kashindaba au Sud-Kivu et Kahumiro, Kantemba, Kaza Roho et Mulimbi au Nord-Kivu, ont été libérées.

Le reliquat des troupes rebelles s’enfonce dans les forêts profondes s’éloignant de ce fait de la frontière rwandaise où elles étaient supposées créer l’insécurité chez notre voisin.

Nos troupes sont à leur trousse et notre détermination à éradiquer cette force négative est telle que nous ne cesserons les opérations qu'une fois le résultat final atteint. Quoiqu'il en coute, en temps et en ressources, tant humaines, financières que matérielles.

Relativement à l’évolution de la présence des rebelles ougandais des ADF/NALU au Nord-Est de la RDC; je voudrais dire qu’ici la MONUSCO et les FARDC collaborent de manière satisfaisante depuis l’éparpillement et la transformation de ces rebelles en pures terroristes sans foi ni loi et sans autre stratégie que l’attaque par surprise des villages isolés dont il brûlent les cases et décapitent les habitants avant de fuir.

Nous sommes actuellement au stade du ratissage.  Il est reconnu par chacun que les troupes congolaises se comportent d’une manière qui fait honneur à notre pays.

J’en arrive aux suites politiques de la fin de la rébellion du M23. Cette rébellion a pris fin dans le contexte de l’Accord Cadre d’Addis-Abeba et des conclusions des pourparlers de Nairobi.

Conformément à l’Accord Cadre et aux conclusions de Nairobi, la RDC a entamé un processus de dialogue politique en organisant des Concertations nationales et a dans ce cadre, mis en œuvre une amnistie pour faits de guerre en faveur notamment des anciens rebelles du M23.

En effet, sur les 1678 anciens rebelles en fuite qui se sont refugié en Ouganda et les 453 autres réfugiés au Rwanda, 777 ont à ce stade, profité de la loi d’amnistie et 182 d’entre eux sont déjà rentré volontairement au pays.

Ceux qui sont encore dans les deux pays voisins ne le sont pas, parce que la RDC ne veut pas les recevoir ou n’a pas accordé assez de facilités pour ce faire, mais plutôt parce que le rapatriement étant volontaire, la décision de retour appartient à ces ex-combattants M23 dont certains à ce stade, semblent vouloir rester sur place.

Nous poursuivons les efforts pour les convaincre de choisir de rentrer dans leur pays et nous comptons sur la communauté internationale, singulièrement les envoyés spéciaux pour nous aider à y parvenir.

Monsieur le Président,

Afin que le tableau sur la situation de la RDC soit vraiment complet, je tiens à confirmer la détermination du Gouvernement de mon pays à s’ancrer plus que jamais dans la culture démocratique.

C’est ainsi qu’après un débat ouvert et nourri la Commission Electorale Nationale indépendante a publié un calendrier global des prochaines élections. Il a par la même occasion, fixé le budget nécessaire pour l’organisation de l’ensemble du cycle électoral. Ceci témoigne de notre volonté d’organiser des élections transparentes, crédibles et apaisées.

Nous sommes convaincus que les amis de la RDC nous accompagneront dans cet exercice d’apprentissage et d’approfondissement de la démocratie dans un climat de paix en évitant des ingérences de nature à mettre de l’huile sur le feu. Le concours financier, à temps et non à la dernière minute y contribuera tout autant.

Pour terminer, je voudrais dire que nous sommes prêts à engager un dialogue stratégique avec les Nations Unies sur tous les points évoqués ci-haut en vue d’un consensus, avant que le Conseil n’en décide.

Je voudrais souligner à nouveau que le niveau de performance actuel des FARDC explique objectivement notre volonté de négocier à la baisse et de manière progressive le nombre des troupes de la MONUSCO.

Nous savons que l’idée de réduction de ces troupes est partagée par notre organisation et que la discussion ne porte que sur son ampleur et sa vitesse.

Nous sommes convaincus qu’en nous retrouvant comme nous avons convenu de le faire à partir de lundi prochain, nous arriverons certainement à nous mettre d’accord et pourrons faire des propositions consensuelles au Conseil.

Je voudrais terminer Monsieur le Président, en redisant que la RDC a toujours entretenu une coopération exemplaire avec les Nations Unies et qu’il va continuer à être ainsi et que nous comptons sur les Nations Unies pour faire sa part dans ce sens.

Monsieur le Président, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, je vous remercie de l’attention que vous avez bien voulu m’accorder.