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RDC : Le nombre de provinces fluctuent au rythme des humeurs politiques

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L’histoire administrative de la RDC renseigne que ce pays est passé par plusieurs étapes du découpage territorial avant son indépendance obtenue le 30 juin 1960. En  1924, le pays comptait quatre provinces. De 1935 à 1963, ce nombre est passé à six provinces. En 1963, le pays comptait 21 provinces dites provincettes plus Léopoldville. Une année après la prise de pouvoir par Joseph-Désiré Mobutu, en 1966, le nombre de provinces est descendu à huit plus Kinshasa. Durant la Deuxième république, qui va de 1971 à 1997, le nombre de provinces va fluctuer au rythme des humeurs politiques du régime de Mobutu. En 1971, la province du Katanga devient le Shaba, la province du Congo-Central devient la province du Bas-Zaïre et la province Orientale devient la province du Haut-Zaïre. En 1988, la province du Kivu est divisée en les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. En 1997, la province du Shaba redevient le Katanga, la province du Bas-Zaïre devient la province du Bas-Congo et la province du Haut-Zaïre devient la province du Haut-Congo puis la province Orientale. En 2015, la République démocratique du Congo (RDC) va désormais compter 26 provincettes, c’est-à-dire 25 provinces, plus la capitale Kinshasa. Le chef d’Etat a signé le 28 février 2015, une ordonnance présidentielle portant sur la loi de programmation déterminant les nouvelles provinces de la République. Dans l’esprit de cette ordonnance, toutes les provinces ne seront pas installées au même moment. Le processus va concerner dans un premier temps, la ville de Kinshasa et les 4 provinces non démembrées. Viendra ensuite la deuxième phase qui prendra en compte les provinces démembrées.

A la faveur du découpage territorial, la République démocratique du Congo (RDC) va désormais compter 26 provincettes, c’est-à-dire 25 provinces, plus la ville-province de Kinshasa. L’application de cette mesure, qui devait expirer il y a près de 5 ans – le 14 mai 2010 – va bientôt être effective. L’installation officielle de ces provinces va se faire en deux phases, selon l’ordonnance présidentielle rendue publique lundi 2 mars courant. 

La loi de programmation déterminant les modalités d’installation de 26 nouvelles provinces en RDC a été promulguée par le chef de l’Etat Joseph Kabila. Cette loi prévoit le démembrement de six provinces c’est-à-dire la subdivision en plusieurs provincettes et le non-démembrement de cinq autres.

Les provinces à démembrer sont le  Bandundu,  l’Equateur, le Kasaï Occidental, le Kasaï Oriental,  le Katanga et la Province-Orientale, tandis que les provinces du Maniema, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Bas-Congo, qui devient le Kongo Central, et la ville-province de Kinshasa vont  garder leur état actuel.

Dans ce travail de subdivision, le respect des limites d’actuels districts sera de rigueur.La province du Bandundu devrait ainsi donner naissance à trois provinces : le Kwilu, le Kwango et le Mai Ndombe; l’Equateur sera scindé en cinq  provincettes : l’Equateur,  la Tshuapa, le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi et la Mongala; tandis que la Province Orientale  accouchera de quatre provinces, à savoir : la Tshopo, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et  l’Ituri.

De  l’actuel Katanga naîtront quatre provincettes :le Tanganyika, le Haut-Lomami, le Haut-Katanga et le Lwalaba, alors que le Kasaï Oriental  engendrera les trois provinces suivantes : le Kasaï Oriental, le Lomami et le Sankuru et le Kasaï Occidental  donnera naissance à deux provinces : le Kasaï et le Kasaï central.

26 provincettes

Ainsi la RDC aura-t-elle le Bas-Uélé, l’Equateur, le Haut-Katanga, le Haut Lomami, le Haut Uélé, l’Ituri, le Kasaï, le Kasaï-Oriental, le Kwango, le Kwilu, le Lomami, le Lualaba, la Lulua, le Mai-Ndombe, le Mongala, le Nord-Ubangi, le Sankuru, le Sud-Ubangi, le Tanganyika, la Tshopo et la Tshuapa.

Dans chacune des provinces à démembrer, précise la loi, des commissions mixtes seront mises en place, par décret délibéré en Conseil des ministres du pouvoir central, afin d’étudier les conditions de ce démembrement. Il s’agira notamment de dresser l’actif et le passif de la province existante et de procéder à l’acquisition du matériel, à la réhabilitation ou à la construction des infrastructures nécessaires.

Les nouvelles provinces ne pourront donc être opérationnelles qu’après présentation, par ces commissions mixtes, de leurs rapports. En outre, la loi de programmation déterminant les modalités d’installation des 26 nouvelles provinces ne sera réellement effective qu’après la promulgation de la loi organique fixant les limites des provinces et celles de la ville de Kinshasa, actuellement sur le bureau du président de la République.

L’histoire administrative de la RDC renseigne que ce pays est passé par plusieurs étapes du découpage territorial avant son indépendance obtenue le 30 juin 1960. En  1924, le pays comptait quatre provinces, à savoir : le Congo-Kasai, l’Equateur, le Katanga et la Province Orientale. De 1935 à 1963, ce nombre est passé à six provinces, à savoir : Coquilhatville (Equateur après 1947), Elisabethville (Katanga après 1947), Costermansville (Kivu après 1947), Léopoldville (qui comprenait les districts suivants : le district du Moyen-Congo-Léopoldville, le district du Bas-Congo -Boma, le district du LacLéopold II- Inongo et le district du Kwango- Kikwit), Lusambo (Kasai après 1947) et Stanleyville (Orientale après 1947).

De 21 à 9 provinces

En 1963, le pays comptait 21 provinces dites provincettes plus Léopoldville  Il s’agit des provincettes suivantes : Congo-Central (Capitale : Matadi), Cuvette-Centrale (Capitale : Coquilhatville, aujourd’hui Mbandaka), Haut-Congo (Capitale : Stanleyville, aujourd’hui Kisangani), Katanga-Oriental (Capitale : Élisabethville, aujourd’hui Lubumbashi), Kibali-Ituri (Capitale : Bunia), Kivu-Central (Capitale : Bukavu), Kwango (Capitale : Kenge), Kwilu (Capitale : Kikwit), Léopoldville (Capitale : Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa), Lomami (Capitale : Kabinda), Lualaba (Capitale : Kolwezi), Luluabourg (Capitale : Luluabourg, aujourd’hui Kananga), Mai-Ndombe (Capitale : Inongo), Maniema (Capitale : Port-Empain, aujourd’hui Kindu), Moyen-Congo (Capitale : Lisala), Nord-Katanga (Capitale : Albertville, aujourd’hui Kalemie), Nord-Kivu (Capitale : Luofu), Sankuru (Capitale : Lodja), Sud-Kasai (Capitale : Bakwanga), Ubangi (Capitale : Gemena), Uele (Capitale : Paulis, aujourd’hui Isiro), Unité-Kasaïenne (Capitale : Tshikapa).

Une année après la prise de pouvoir par Joseph-Désiré Mobutu, en 1966, le nombre de provinces est descendu à huit plus Kinshasa : Bandundu, Congo-Central, Équateur, Orientale, Kasai-Occidental, Kasai-Oriental, Kinshasa, Kivu et Katanga.

Durant la Deuxième république, qui va de 1971 à 1997, le nombre de provinces va fluctuer au rythme des humeurs politiques du régime de Mobutu. En 1971, la province du Katanga devient le Shaba, la province du Congo-Central devient la province du Bas-Zaïre et la province Orientale devient la province du Haut-Zaïre. En 1988, la province du Kivu est divisée en les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. En 1997, la province du Shaba redevient le Katanga, la province du Bas-Zaïre devient la province du Bas-Congo et la province du Haut-Zaïre devient la province du Haut-Congo puis la province Orientale.

En dehors de toutes les autres considérations politiques,  la nouvelle configuration administrative du pays aura l’avantage de créer des emplois ; De 11 gouverneurs que compte le pays, on aura, aussitôt les nouvelles provinces installées et opérationnelles, 26 gouverneurs, en plus de tous les autres collaborateurs, y ajouter les députés provinciaux…

Cependant, si le démembrement des provinces pour aider à résoudre ce problème de chômage, il aura à en rajouter un autre : celui du leadership du chef de l’Etat qui aura plus d’entités administratives à encadrer..

[Kléber Kungu]