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RDC : Les assassins doivent partir. Tous. «Joseph KABILA» en tête du peloton

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Le soulèvement populaire qui a ébranlé les quatre coins du pays en est une preuve. La population a défié ouvertement la tentative d’imposer une loi scélérate au prix de leur sang, au prix de leur vie. Ces héros doivent être honorés de la manière la plus solennelle. Ils doivent être identifiés; et leurs noms inscrits au panthéon de la mémoire collective. Plus que jamais leur sacrifice extrême ne doit être vain. Ils ne sont pas morts pour que la loi inique soit retirée alors que le bon sens et le réalisme politique auraient dicté dès le départ cette position. Ils sont morts pour que les choses changent radicalement. Ils se sont sacrifiés pour que d’autres actes d’indécence politique ne puissent plus être commis. Pour que le pays soit libéré des griffes de la dictature, de la tyrannie, de la barbarie et de la mal gouvernance. La façon digne et logique de les honorer ne serait-elle pas de poursuivre les manifestations jusqu’à la chute de la dictature? Jusqu’au départ du tyran ? Cette bataille, il est temps d’en prendre conscience, se joue sur la durée. Il n’est plus question de lâcher. Les assassins doivent partir. Tous. Kabila en tête du peloton.

Beaucoup n’y croyaient plus. Et beaucoup ne s’imaginaient même pas que le peuple congolais allait un jour se mettre debout pour faire face à la dictature de Kabila et compagnie. Lors des élections de 2011, trichées par l’actuel président - qui veut continuer à s’accrocher au pouvoir -, au détriment du vainqueur qui était connu de tous, la diaspora congolaise se fit vivement remarquer. En signe de protestation, elle envahit massivement l’espace public de grandes métropoles du monde comme on ne l’avait jamais vu auparavant. C’était une première. Car on continuait jusque-là à sous-estimer la frustration de nombreux Congolais qui ont quitté le pays, malgré eux, pour chercher asile ailleurs. Ces Congolais qui vivent dans des pays dits « démocratiques » ne pouvaient pas accepter et laisser passer une telle imposture sans réagir.

Cependant, tous les yeux étaient rivés vers le pays, épicentre des événements. 

L’espoir de tous était de voir le peuple congolais, de l’intérieur, réagir vivement en synergie avec la diaspora. Cela ne fut pas le cas. Il eut certes des réactions au pays. Mais, elles ne furent pas de grande envergure pour inquiéter sérieusement le régime tortionnaire de Kinshasa, même s’il y a eu plusieurs cas des morts à déplorer. Toutefois, les chars de combat déployés dans les rues eurent raison de la population. Les marches et les manifestations organisées par l’opposition et par l’Église catholique furent étouffées dans l’œuf. Face à ce scénario de recul et de non-engagement frontal avec les forces policières ou militaires, beaucoup d’hypothèses furent formulées et des théorèmes, affirmés. 

On avait entendu dire, par exemple, que les conditions de misère dans lesquelles le peuple était tenu sciemment par les autorités en place ne pouvaient favoriser des réactions de leur part. D’autres disaient que le peuple congolais n’a pas la culture des Arabes qui se rebellent et qui n’ont pas « peur » de la mort. Toutes ces théories et toutes les supputations n’avaient peut-être pas tenu en compte le fait que le peuple congolais a une longue histoire, jalonnée de victoires. Une histoire qui remonte du temps de la colonisation avec des acteurs encore plus puissants que les tyrans actuels. 

De plus, c’était sans tenir compte d’un message prophétique qui est inscrit en lettres de noblesse dans l’hymne national « Débout Congolais », sous forme d’une invitation ou d’une exhortation lancée aux Congolais de tout bord et de tout horizon à se mettre debout pour changer l’ordre des choses, à œuvrer sans relâche afin de léguer à leurs fils et à leurs arrières petits-fils, un pays digne de ce nom, un pays plus beau qu’avant.

Beaucoup d’épisodes peuvent donc être cités démentant formellement le cliché qui était attribué abusivement au peuple congolais. Certes, c’est un peuple pacifique, mais qui a dans ses veines l’esprit de défendre une cause juste, l’esprit de se battre pour défendre ses droits, au prix, s’il le faut, du sacrifice suprême. Piqué par la provocation et redoutant les manœuvres dilatoires, le peuple glorieux s’est mis debout et a fait trembler le ciel et la terre. Ce qui s’est passé n’était qu’une tempête, n’était qu’un prélude. L’ouragan risque de se produire si les gouvernants actuels commettent encore l’erreur de minimiser la force populaire, d’ignorer les desiderata de la population. Les caciques du pouvoir ont compris, à leurs dépens, que le silence ou l’inaction, prolongé soit-il dans le temps, n’est pas synonyme de soumission. Le soulèvement populaire qui a ébranlé les quatre coins du pays en est une preuve. La population a défié ouvertement la tentative d’imposer une loi scélérate au prix de leur sang, au prix de leur vie. 

Ces héros doivent être honorés de la manière la plus solennelle. Ils doivent être identifiés; et leurs noms inscrits au panthéon de la mémoire collective. Plus que jamais leur sacrifice extrême ne doit être vain. Ils ne sont pas morts pour que la loi inique soit retirée alors que le bon sens et le réalisme politique auraient dicté dès le départ cette position. Ils sont morts pour que les choses changent radicalement. Ils se sont sacrifiés pour que d’autres actes d’indécence politique ne puissent plus être commis. Pour que le pays soit libéré des griffes de la dictature, de la tyrannie, de la barbarie et de la mal gouvernance.

La façon digne et logique de les honorer ne serait-elle pas de poursuivre les manifestations jusqu’à la chute de la dictature? Jusqu’au départ du tyran ? Cette bataille, il est temps d’en prendre conscience, se joue sur la durée. Il n’est plus question de lâcher. Les assassins doivent partir. Tous. Kabila en tête du peloton. Que ceux et celles qui peuvent activer les mécanismes de poursuite judiciaire le fassent pour que ces actes d’horreur, ces tueries de masse, ces crimes contre l’humanité ne puissent rester impunis. Et que tous ceux qui sont impliqués dans la chaîne des responsabilités puissent être poursuivis et sanctionnés par la loi.

[Mwamba Tshibangu]