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RDC : « Joseph KABILA », un combat perdu d’avance

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Le clan kabiliste est manifestement décidé à croiser le fer avec la communauté internationale. C’est un combat perdu d’avance du fait de la très grande dépendance du Congo face à cette même communauté internationale. La pression exercée par la communauté internationale est plus que nécessaire pour prévenir les irrégularités et autres fraudes de la part d’un gouvernement habitué à tricher.

Le "choc" passé, "Joseph Kabila" et les "durs" de son régime semblent avoir retrouvé leurs esprits. Après la "charge" sonnée, le mardi 3 juin, par les envoyés spéciaux des Etats-Unis, des Nations Unies, de l’Union Africaine et de l’Union Européenne, le "raïs" a dû tourner sa langue plus de sept fois avant de réagir. Cette réaction est tombée samedi 7 juin sous la forme d’un point de presse animé par le ministre des Médias et porte-parole à la Présidence de la République, pardon, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga. Dans une sorte de "tir groupé", le président de la Ceni (Commission électorale nationale indépendance), Apollinaire Malumalu a, le même jour, donné de la voix en contestant la légitimité des injonctions formulées par les envoyés de la "communauté internationale".

Quatre jours. C’est le temps de "réflexion" qui a fallu au pouvoir kabiliste avant de "répliquer" aux "quatre mousquetaires" de la "communauté internationale. A savoir : Mary Robinson (ONU), Russel Feingold (Etats-Unis), Boubacar Diarra (Union Africaine) et Koen Vervaeke (Union européenne).

Au cours d’un point de presse qu’il a animé, samedi 7 juin, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a dit haut et fort la "réprobation du gouvernement face à l’interventionnisme de la communauté internationale dans les domaines relevant des prérogatives des institutions congolaises". Il s’agit en fait de la "réprobation" de "Joseph Kabila". Depuis le passage des quatre envoyés spéciaux, le gouvernement n’a tenu aucune réunion du Conseil des ministres pour délibérer sur la question. Bien que politiquement irresponsable, "Joseph" régente la politique nationale au quotidien.

Pour Mende, la demande formulée par ces envoyés de voir la Ceni élaborer un "calendrier global" du processus électoral jusqu’en 2016, est inadmissible. «Il n’est pas admissible qu’un émissaire étranger se permette d’enjoindre à notre Ceni de revoir la nomenclature du cycle électoral en considérant que les élections locales sont moins importantes que les autres», a-t-il déclaré.

Répétant ce que "Joseph Kabila" avait dit lors de sa rencontre, du samedi 31 mai, avec les ambassadeurs accrédités à Kinshasa, Mende de qualifier la démarche des "envoyés spéciaux" de "tentative de réactiver un mécanisme de type CIAT". Il s’agit du Comité international mis en place à l’issue du dialogue intercongolais pour accompagner le régime de transition 1+4 (2003-200). 

Mende d’user d’ironie en parlant de «cette curieuse mise en garde sur les soupçons d’une éventuelle manipulation de la Constitution en marge de l’élection présidentielle prévue pour 2016». L’ex-chef du département Information de la rébellion pro-rwandaise du RCD-Goma feint d’ignorer que depuis 1999 à ce jour, la communauté internationale est au chevet du Congo démocratique. «Nous ne leur reconnaissons pas le droit de décider de la validité ou non des lois que le peuple congolais se donne ou d’attribuer à une frange de l’opposition le pouvoir définitoire de la situation qui, dans une démocratie, revient à la seule majorité», tonne-t-il. Ici aussi, "Lambert" semble ignorer que "la légitimité des urnes" dont se prévaut la "majorité présidentielle" n’est pas un droit immuable. La raison est simple : la légitimité se conquiert au jour le jour par la capacité des gouvernants à mener une politique en adéquation des attentes de la population. 

Le ministre des Médias qui a la faiblesse de croire en ses propres mensonges d’estimer que "partout au monde" l’établissement du calendrier électoral relève de la compétence exclusive de la Ceni. Mende fait semblant d’ignorer que des institutions du genre "Ceni" n’ont été créée que pour les républicaines bananières. C’est le cas du Congo démocratique. Sous d’autres cieux, les listes électorales sont tenues par les communes. Les élections, elles, sont organisées sous la supervision du ministère de l’Intérieur.

Samedi 7 juin, sortant du Palais du peuple où il a été déposé le rapport annuel de la Ceni au Bureau de l’Assemblée nationale, Apollinaire Malumalu n’a pas dit autre chose : «"L’établissement du calendrier, ce sont les prérogatives de la Ceni. Et il en est ainsi partout au monde (...). Et le calendrier est la somme de plusieurs contraintes liées au processus électoral. Ce n’est pas question de dire ‘vous êtes pour ou vous êtes contre’ ; c’est de savoir la faisabilité des élections.» Mende et Malumalu ont sans soute sur instruction de la "haute hiérarchie". 

Un politologue de commenter : "Le clan kabiliste est manifestement décidé à croiser le fer avec la communauté internationale. C’est un combat perdu d’avance du fait de la très grande dépendance du Congo face à cette même communauté internationale. La pression exercée par la communauté internationale est plus que nécessaire pour prévenir les irrégularités et autres fraudes de la part d’un gouvernement habitué à tricher". Et de conclure : "Mende rappelle bizarrement ce ministre de l’Information de Saddam Hussein qui clamait la victoire des forces irakiennes sur les GI’s alors que la situation était contraire...".

[B.A.W/CongoIndependant]