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Kinshasa - Brazzaville : Une évolution conciliatrice

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Deux jours ont suffi, soit du lundi 2 juin au mardi 3 juin 2014, pour que la quatrième session de la commission spéciale défense et sécurité entre la RDC et le Congo-Brazza éteigne ses lampions. Au centre de ces assises, les expulsions de RD Congolais du Congo-Brazza. Au bout d’échanges, le principal acquis est la signature d’une convention sur la circulation et l’établissement des personnes et des biens entre les deux pays.

A côté de ce principal acquis, notifions que les deux pays ont convenu de la mise sur pied d’une équipe mixte RDC-Congo-Brazzaville dont la mission sera d’examiner les unes après les autres, toutes les allégations en rapport avec les violations des droits humains dont ont été victimes les expulsés RD Congolais de Congo-Brazza dans le cadre de l’opération « Mbata ya Bakolo ».

D’autres retombées

Epinglons le cas de huit textes réglementaires  antérieurs sur la circulation et l’établissement des personnes entre les deux rives du fleuve Congo devenus désormais caducs pour n’avoir jamais été ratifiés. Cependant, avant son application, la convention signée lors de ces assises devra être ratifiée en toute urgence par les Parlements de deux Etats.

Ensuite, désormais, avant toute opération d’expulsion massive, les représentations diplomatiques et consulaires devraient être tenues au courant.

A ces retombées, ajoutons aussi celle qui veut que toutes les personnes qui vivent le long de la frontière d’au-moins 1 300 Km séparant les deux Congo aient, pour un séjour bref de trois jours maximum, à présenter seulement un laissez-passer et une carte d’identité. Pour les personnes d’au-delà de cette zone frontalière, elles devront, pour traverser, disposer d’un passeport et d’un visa. Enfin, pour s’installer dans l’un ou l’autre pays et y vivre, il faut aux requérants, en plus d’un passeport, le contrat de travail. Mais la latitude a été accordé à chaque pays d’appliquer sa réglementation nationale en fait d’entrée et de séjour des ressortissants étrangers.

A l’issue de ces assises, sur l’accord unanime de deux pays, le nombre officiel des personnes  ayant fait l’objet d’expulsions entamées depuis avril 2014 est évalué136.000 personnes parmi lesquelles 57.000 enfants.

Par-dessus tout

Il y a lieu, affirment les observateurs, de se demander pourquoi Brazza-ville s’est empressé à en arriver à l’organisation de cette quatrième session de la commission spéciale défense et sécurité entre la RDC et le Congo-Brazza après le caractère très inhumain de ces expulsions ? La barbarie brazzavilloise a d’ailleurs attiré l’attention des Nations unies qui se sont saisis du dossier. D’ailleurs elle a animé des débats en RDC où les analyses populaires ne convergent pas toujours. Etant donné que les preuves audio-visuelles de la sauvagerie de ces expulsions existent et qu’une enquête auprès de victimes peut faire encourir au Congo-Brazza d’indemniser ces RD Congolais, ne dira-t-on pas que Brazza a craint la justice internationale et s’est précipité à résoudre à l’amiable ce problème ? Ce n’est d’ailleurs même pas la première fois pour les autorités de Congo-Brazza d’agir ainsi envers les ressortissants kinois établis chez lui. Outre cet arrangement à l’amiable, ne faut-il pas à la RDC de saisir la justice internationale avec ce dossier pour que Congo-Brazza ne récidive plus à l’avenir ?

Samy BOSONGO