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FDLR : «Joseph KABILA» pris dans son propre piège

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La communauté internationale semble perdre patience face aux "atermoiements funestes" de "Joseph Kabila" à mettre hors d’état de nuire les miliciens des Forces démocratiques de libération du Rwanda. Le chef de l’Etat congolais se trouve face à un dilemme. D’une part, il entretient des relations personnels avec des leaders des FDLR - alors ALIR (Alliance pour la libération du Rwanda) - depuis la présidence de Laurent-Désiré Kabila. D’autre part, le président Paul Kagamé ne veut en aucun cas accueillir ces exilés. Le dirigeant rwandais avait demandé une "déportation" de ses opposants dans la province du Maniema. Une opération qui a échoué suite au refus du même Kagamé d’engager un dialogue direct avec les exilés Hutu qualifiés collectivement de "génocidaires".

Dans un communiqué publié dimanche 1er juin, l’envoyée spéciale des Nations Unies pour la région des Grands Lacs Mary Robinson, l’envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs et du Congo-Kinshasa Russ Feingold, le représentant spécial de l’Union africaine Boubacar Diarra, le Coordonnateur principal pour la région des Grands Lacs de l’Union européenne Koen Vervaeke et le chef de Mission onusienne au Congo-Kinshasa Martin Köbler, ont appelé à la "reddition complète" des rebelles hutu rwandais des FDLR, basés dans les deux provinces du Kivu. 

Dans ce texte, ils "exhortent" ces miliciens à "une complète reddition de tous les combattants et hauts gradés FDLR dans les prochains jours". Le groupe d’avertir : "les membres des FDLR qui choisissent de ne pas se rendre, de ne pas renoncer à la violence, et de ne pas se soumettre à un processus de désarmement, démobilisation et réinsertion continueront d’être passibles de l’action militaire des FARDC et de la Monusco". 

Les envoyés spéciaux et le chef de la Monusco ont précisé que les "FDLR qui se rendent et souhaitent retourner au Rwanda pourront être rapatriés dans le cadre du processus DDR/RR (désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation) existant" dans leur pays. 

Réfugiées dans les deux provinces du Kivu au lendemain de la guerre civile rwandaise en 1994, les FDLR comptent entre 1.500 et 4.000 hommes. Le 18 avril, elles avaient annoncé vouloir se séparer d’"ex-combattants importants" afin de "se consacrer à la lutte politique". Au Rwanda, Kagamé refuse tout dialogue. "Ceux qui regagneront le Rwanda seront mis à la disposition de la justice", dit-il. 

Vendredi 30 mai à Kateku, localité située à 220 kilomètres de Goma (Nord Kivu), 105 hommes se sont rendus avec 100 armes. Seuls 97 d’entre eux ont pu être cantonnés dans un camp de la Monusco à Kanyabayonga, au sud de Kateku, certains ex-rebelles ayant changé d’avis. Il s’agit d’un "nombre insignifiant de combattants subalternes", ont estimé les envoyés spéciaux et le chef de la Monusco. Ceux-ci "invitent le gouvernement de la RDC à veiller à ce que tous les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité soient tenus responsables et répondent de leurs actes". 

Discours politique serein 

A Kinshasa, les autorités congolaises tiennent un discours polititique estiment que les redditions de vendredi constituent "une première vague" et espère à terme la reddition de 1.400 combattants dans les Nord et Sud-Kivu, où les FDLR sont accusées de graves exactions contre les civils (viols, meurtres, pillages, enrôlements d’enfants-soldats...).

L’impatience des envoyés spéciaux et du chef de la Monusco crève les yeux. En cause, l’absence de volonté politique du gouvernement congolais pour déclencher des opérations de "grande envergure" destinées à "neutraliser" ces "forces négatives".

Il faut dire que "Joseph Kabila" et certains membres de son entourage entretiennent des relations troubles avec certains dirigeants des FDLR. Illustration : le 2 mai 2010, le «pasteur» Daniel Mulunda Ngoy, alors «simple» président de l’association «Parec» (Programme national pour la paix et la reconstruction) et «conseiller spirituel» de «Joseph Kabila» avait pris, à la surprise générale, l’initiative d’embarquer à partir de Goma une soixantaine des combattants FDLR ainsi que les membres de leurs familles soit au total 164 personnes. Destination finale : Kisenge au Katanga. L’ombre de Paul Kagamé est en filigrane. Le satrape rwandais tient à l’éloignement de ses opposants des frontières de son pays. Quatre années après, que sont devenus ces "déportés"? Mystère. 

Kabila pris dans son propre piège

En juin 2011, la presse flamande rapportait qu’à la demande de Paul Kagame, «Joseph Kabila» a entamé des pourparlers avec les leaders Hutu des FDLR. A l’ordre du jour, le transfert des combattants de ce mouvement des environs de Walikale et Masisi au Kivu vers la province du Maniema. L’objectif, une fois de plus, consiste à éloigner ces opposants armés des frontières de leur pays d’origine. Les négociations étaient conduites, côté congolais, par …un officier belge nommé Jean-Pierre Breyne. Celui-ci était assisté de Jean-Luc Kuye Ndondo, président de la Commission vérité et réconciliation, et de Père Minani.

Ancien des services des renseignements militaires (SGR), Jean-Pierre Breyne a travaillé au «Bureau Afrique» du ministère belge de la Défense sous le PS André Flahaut. Les FDLR, eux, étaient représentées par le général Gaston Iyamuremye aka Ramuri. Celui-ci aurait posé à la partie congolaise trois conditions. Primo : verser un montant oscillant entre 250 000 et un million US $ promis à Rome en 2005. Secundo : convaincre le régime de Kigali d’engager des « négociations directes » avec la milice hutue et enfin : arrêter toute attaque contre les miliciens. Kagamé y avait opposé une fin de non-recevoir. une chose paraît sûre : la présence des FDLR à l’Est sert d’alibi aux incursions des troupes rwandaises dans la province du Nord Kivu. 

"Joseph Kabila" est pris dans son propre piège. On ne peut que comprendre son agacement lors de la rencontre samedi 31 mai avec les ambassadeurs en poste à Kinshasa et le chef de la Monusco. "Kabila" a dénoncé à cette occasion "les initiatives" de certains partenaires du Congo démocratique "qui donnent l’impression de vouloir créer anarchiquement des structures parallèles (...) pour gérer des questions relevant constitutionnellement" des institutions du pays.

[Issa Djema/B.A.W]