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RDC : L'UDPS traverse une zone de turbulence...

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Le parti cher à Etienne Tshisekedi wa Mulumba, l'Union pour la démocratie et le progrès social(UDPS), traverse en ce moment une zone de turbulence suite à la révocation de M. Albert Moleka de ses fonctions de directeur de cabinet et porte-parole du président national de ce parti phare de l'opposition congolaise. L'histoire renseigne que cette formation politique créée au plus fort de la dictature mobutienne durant la 2ème république connaît des divisions internes qui se soldent généralement par des départs tonitruants de certains cadres. Nous nous souviendrons ici des épisodes Kibassa, M'bwankiem, Birindwa, Kapita, etc…

Il est vrai que tous ces départs, en dépit de la forte publicité dont ils ont été entourés, n'ont pas altéré l'ancrage de l'UDPS dans la population, mais il est un fait certain que ces défections prouvent à suffisance que ce parti souffre d'un déficit énorme de rationalité  dans la gestion de ses membres. C'est cela qui suscite des questions dans le chef de certains congolais qui se posent la question sur la capacité réelle de l'UDPS à apporter le vrai changement tant attendu par le peuple congolais.

Pour preuve, il suffit d'analyser certaines graves décisions prises par ce parti dans un passé récent sans pour autant qu'il y ait une large consultation de la base. Il y a par exemple le boycott de l'opération d'enrôlement suivi de celui des  élections de 2006 qui a dérouté plusieurs militants. Pourtant, il s'est avéré que si le Sphinx de Limeté avait participé au scrutin présidentiel de cette année-là, le paysage politique rd-congolais aurait connu une configuration différente, mais la hiérarchie du parti avait pris l'option de boycott sans se référer à ses structures de base. Comment peut-on promettre le changement si l'on ne respecte pas les fondamentaux de la démocratie ?

Pour revenir à notre sujet du jour à savoir, la destitution d'Albert Moleka, les analystes du microcosme politique congolais se disent agréablement surpris par l'attitude adoptée par ce monsieur. De tous temps, et c'est presque la coutume dans les partis politiques congolais, lorsque quelqu'un quitte sa formation politique, il engage un bras de fer avec ses anciens alliés les accusant de tous les maux d'Israël et les qualifiant de toutes sortes d'adjectifs. Ensuite ce sont des points de presse qui sont organisés par-ci par-là pour dire qu'après son départ c'est le déluge, et que sais-je encore ?

Mais pour une première fois, voilà un politicien qui, au lieu de faire  du boucan après sa révocation, opte pour la voie de l'humilité. En toute discrétion, Albert Moleka écrit à Etienne Tshisekedi pour lui exprimer son malaise suite à la circulaire du secrétaire général de l'UDPS faisant état de sa destitution comme membre de son cabinet. Pourtant, la démarche peu conforme à l'éthique poursuivie par Bruno Mavungu pouvait pousser l'intéressé à faire de la résistance en déclarant par exemple que, n'ayant pas été nommé par une note circulaire, il ne doit pas être " chassé " par une note circulaire suivant le principe de parallélisme de forme. En lieu et place d'une polémique stérile, ce cadre de l'UDPS a tout simplement choisi la voie de la sagesse. Une belle leçon pour les acteurs politiques congolais !

Dans la fin de sa missive, l'ex dircab écrit, je cite : " je reste donc, comme toujours, à votre entière disposition et suspendu à vos instructions, sous réserve de la correction de la forme, pour pouvoir procéder à la remise-reprise avec mon successeur que vous désignerez ". Par ses propos, Albert Moleka dit implicitement qu'il ne quitte pas l'UDPS et manifeste sa disponibilité à servir le parti de la 12ème rue/Limeté.

Une fois de plus, Etienne Tshisekedi est placé devant sa conscience dans cette situation que traverse son parti. Il faut qu'il se pose des questions sur la manière dont son parti qui réclame urbi et orbi l'alternance, est dirigé. A la veille des échéances qui s'annoncent rudes, c'est un mauvais signe pour un parti politique sérieux de lézarder  sur son édifice. Si le Lider Maximo ne réagit pas vite dans le sens de remettre de l'ordre dans sa maison, certains Congolais vont conclure qu'il est un embrouilleur qui n'a pas de vision pour la RDC.

Rombaut Ot