Home | RDC | Politique | RDC : TSHISEKEDI pourrait s’en aller avec ses secrets et vérités

RDC : TSHISEKEDI pourrait s’en aller avec ses secrets et vérités

image

Après la mort de Justin Mari Bomboko, Etienne Tshisekedi est l’une des dernières figures qui ont marqué une bonne partie de l’histoire du pays et qui pourrait s’en aller avec ses secrets et vérités qui pourraient éclairer le passé du Congo pour mieux comprendre le présent afin de mieux baliser l’avenir.

L’histoire politique de la RDC est en train de se consumer avec la disparition de certaines figures qui l’ont marquée et qui s’en vont, comme des bibliothèques avec les souvenirs du pays. Ces personnalités figuraient, entre autres, dans l’historique Groupe de Binza dont la toute dernière figure vient de nous quitter : Justin Mari Bomboko.

Leurs noms sont inscrits en termes divers dans les annales politiques du pays, marqués aussi bien par leur omniprésence, mais aussi par des épisodes chocs tels que l’assassinat de Lumumba, Mulele et Finant, ou encore l’affaire des pendus de la pentecôte, etc.

Tshisekedi (81 ans) est l’une des dernières figures qui ont marqué une bonne partie de l’histoire du pays et qui pourrait s’en aller avec ses secrets et vérités qui pourraient éclairer le passé du Congo pour mieux comprendre le présent afin de mieux baliser l’avenir.

Le nom de Tshisekedi commence à s’identifier à l’histoire du pays autour du groupe dit de Binza qui fit bifurquer la démocratie naissante en RDC vers 32 années de dictature de Mobutu. Ce groupe est, en effet, considéré comme responsable de l'effondrement du Congo sur tous les plans.

La dernière trouvaille en date d’Etienne Tshisekedi aura été sa prestation de serment dans son jardin de Limeté, jetant ainsi le doute à la fois  sur les ressorts psychologiques  du vieux tout comme sur  son prétendu amour du peuple et du Congo. Coutumier du fait, Monsieur Tshisekedi n’en est pas à son coup d’essai. Ceux qui connaissent l’histoire du Congo/Zaïre, savent à quel point, Monsieur Tshisekedi, « l’aigri », comme l’avait qualifié Mobutu in « Mobutu, le Roi du Zaïre, de Thierry Michel (1999) » s’est obstiné à son titre de Premier Ministre.

A l’extrême gauche, Etienne Tshisekedi, au centre Mobutu, à l’extrême droite, Justin-Marie Bomboko. 

Rédacteur du Manifeste de la N’sele, annonciateur du Parti Etat et de la dictature de Mobutu, Tshisekedi a été tour à tour :

  • Membre du collège des commissaires généraux
  • Membre du groupe de Binza (Coup d’état 1965)
  • Ministre de l’intérieur (C’est lui le signataire de la pendaison des Martyrs de la pentecôte)
  • Ministre de la justice
  • Vice-président du parlement
  • Membre du CA d’Air-Zaïre
  • Ambassadeur…….

Ses errances, sa mauvaise lecture de l’histoire en marche, lui ont fait rater des échéances majeures.

Proche parmi les proches collaborateurs de Mobutu, Tshisekedi est co-responsable de la confiscation des libertés publiques et co-décisionnaire de la mort de Patrice-Emery Lumumba ainsi que de la pendaison des martyrs de la pentecôte (Anany/Bamba/ Kimba/Mahamba).

Martyrs de la Pentecôte et Tshisekedi

Conscient d’avoir son avenir politique dans son dos, Etienne Tshisekedi est convaincu qu’il est en passe de tirer sa dernière salve, dans un élan mêlant à la fois  le désespoir et le nihilisme. Le sphinx de Limete est en passe d’emporter ce 23 Décembre 2011, dans un mouvement sacrificatoire, d’autres congolaises et congolais, susceptibles de céder aux appels des sirènes.  En effet, en donnant rendez-vous à ses partisans au stade des Martyrs, Tshisekedi souhaitait, dans un double mouvement, expier son crime et revivre en même temps, cette curieuse sensation de total pouvoir d’ôter ou de préserver la vie d’autrui. « L’assassin revient toujours sur son lieu du crime », parce que le 1juin 1966, Tshisekedi et Mobutu décidèrent de pendre publiquement, les sieurs :

  • Jérôme Anany ,  Ministre de la Défense sous le gouvernement de Cyrille Adoula
  • Emmanuel Bamba, notable kongo et kimbaguiste, Ministre des finances sous le gouvernement de Cyrille Adoula
  • Evariste Kimba, Premier Ministre du gouvernement de Kasa-Vubu
  • Alexandre Mahamba, Ministre des affaires foncières  sous le gouvernement de Cyrille Adoula.

Quelques jours auparavant, ces farouches opposants au système Tshisekedi-Mobut, étaient tombés dans une manipulation ourdie par Tshisekedi et Mobutu. Après un simulacre de procès, ils firent tous condamnés à la peine de mort, par pendaison, sous la supervision du général Bobozo.  Tshisekedi, Ministre de l’intérieur, fournira les explications nécessaires et cautionna cette pendaison.

Dans un silence glacial, la tête cagoulée, Kimba fut le premier à monter sur la potence et ce, sous les regards horrifiés des autres condamnés installés à l’arrière d’un camion militaire, et de la foule transie par la peur. Très rapidement, Bamba puis Anany passèrent également sur la potence. Au tour de Mahamba, le ciel s’obscurcit, comme pour annoncer un violent orage. Au final, c’est sous un vent tourbillonnant auquel rien ne résista sur son passage, que Mahamba rendit l’âme.

Voilà ce que l’on sait de l’affaire, mais l’arrière cour, les motivations d’une telle cruauté ne peuvent nous être éclairées que les acteurs et témoins de l’histoire qui, pourtant, s’en vont. Tshisekedi pourrait-il être le dernier ?

Richard LUMUMBA