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RDC : Le démon de la division hante l’opposition

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Une frange de l’opposition n’est pas totalement d’accord avec certains leaders de l’opposition qui ont un langage ordurier, qui sont trop agités et qui confondent le combat politique au combat individuel. A en croire Stève Mbikayi, sont visés tous ceux qui prennent des initiatives sans lendemain, illégales et menées sur base d’agitation, pendant qu’il faut travailler avec la pensée, avec les idées qu’avec les attaques personnelles.

La révision constitutionnelle et l’organisation des élections en République démocratique du Congo concentrent tous les débats ces derniers temps. Ici, même si la Majorité présidentielle peut s’exprimer à travers son canal officiel, l’Autorité morale, par contre à l’opposition, c’est le chacun pour soi, Dieu pour tous. C’est chaque parti politique, peu importe le côté dans lequel il se trouve, et le nombre d’adhérents qu’il draine, qui se permet d’émettre un point de vue contraire, la liberté d’expression étant garantie par la Constitution.

C’est dans ce prisme qu’une frange de l’opposition manifeste son mécontentement face à certains leaders de l’opposition qui ont un langage ordurier, lesquels sont trop agités et qui confondent délibérément le combat politique au combat individuel. Une révélation qui ne pouvait pas émaner de l’opposition et qui prouve qu’au sein de cette famille politique, il y a péril en la demeure. A en croire Stève Mbikayi interviewé hier par la Rrtg@, il fait ici allusion à ses collègues de l’opposition qui prennent des initiatives sur base d’agitation.

« Nous devons travailler avec la pensée, avec les idées qu’avec les attaques personnelles », dit-il, avant d’ajouter que nous voulons surtout être dans une plate-forme avec les gens non conflictuels parce que nous voudrons bien préparer les joutes électorales de 2016.

A entendre parler Stève Mbikayi, il reste opposé non seulement à l’opposition républicaine dont l’Autorité morale est Léon Kengo et le porte-parole Lisanga Bonganga, mais aussi à la Convention sauvons le Congo proche de Martin Fayulu, parce qu’il n’y a pas de consensus entre eux.

La même lecture est faite par le député national Serge Mayamba. L’élu de Tshangu dans l’Est de Kinshasa affirme que l’opposition prête des intentions fortuites à la majorité de changer la Constitution à sa guise. Pourtant, dit Serge Mayamba, la Constitution actuelle ne répond pas au contexte politique actuel. Bien que l’opposition se focalise sur l’article 220, il est vrai que plus de 30 articles sont en marge du contexte politique actuel.

C’est le cas du mode de scrutin qui doit impérativement s’adapter aux propositions de la CENI, y compris la question de la décentralisation qui pose problème. Pour lui, l’opposition rêve et la majorité présidentielle avance, bien que n’étant pas de cette famille politique. Il constate malheureusement que l’opposition est pleine d’opportunistes, plutôt que des hommes politiques capables d’assumer l’alternance politique.

Un avenir très sombre pour l’opposition

Pendant que les échéances électorales pointent à l’horizon, c’est le moment ou jamais où l’on pouvait avoir une opposition unie autour d’un idéal commun et autour d’un porte-parole qui aurait pour mission de fédérer cette famille politique.

Malheureusement, c’est à un combat d’arrière-garde auquel on assiste. On assiste aussi à certains comportements de mécontents de tel ou tel autre parti politique et voudraient profiter de l’occasion pour se faire justice.

Et pourtant, si dès le départ le combat n’est pas loyal et peu importe l’initiateur de ce combat, il aura du mal à fédérer toutes les initiatives. Voilà pourquoi certaines voix s’élèvent au sein de l’opposition politique pour condamner la prétendue pétition de Martin Fayulu dont l’objectif est de faire partir l’Abbé Apollinaire Malumalude la CENI.

Cette pétition élaborée dans la précipitation et dans la violation de la Constitution ne pouvait pas faire l’unanimité même au sein de l’opposition. Raison pour laquelle celle-ci se dédouane et se pose la question de la nécessité ou pas de soutenir cette pétition.

D’autant plus que l’article 27 de la Constitution stipule que « Tout Congolais a le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité publique qui y répond dans les trois mois ». Mais nulle part la Constitution ne dit qu’il faut faire signer une pétition qui aurait comme objectif de faire partir un responsable d’une grande institution comme la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

C’est l’illustration d’un combat d’arrière-garde tel que dénoncé par une frange de l’opposition qui estime que la démarche de Martin Fayulu n’est pas claire et qu’il se perd dans les attaques des personnes, au moment où il fallait proposer des solutions concrètes à la CENI.

Au-delà de tout ce qui vient d’être dit, aussi longtemps qu’il n’y aura pas un porte-parole de l’opposition, il sera difficile que celle-ci puisse émettre sur une même zone d’onde. Car, en faisant une petite rétrospective, on se rendra vite compte que ce sont ses propres divisions qui avaient disqualifié l’opposition à la présidentielle de 2011. D’autant plus que si l’opposition avait très bien compris le jeu, elle éviterait le pire. En effet, si entre Tshisekedi, Kengo et Kamerhe il y avait un consensus et si la stratégie d’encerclement avait marché, peut être que Joseph Kabila serait battu.

Malheureusement, à cause de leur ego personnel, surtout qu’ils ne se supportaient pas mutuellement mieux se « haïssaient affectueusement », ils ne pouvaient pas se mettre sur une même table et partager un projet commun de société. Et ce qui devait arriver est arrivé à la surprise générale.

Le combat des gladiateurs pour le poste de porte-parole de l’Opposition

S’agissant de l’élection du porte-parole de l’Opposition, celle-ci a toujours accusé la Majorité d’être à la base du blocage, alors que ce sont les turpitudes mêmes des opposants qui font problème. C’est un poste constitutionnel tellement juteux qu’il donne lieu à un combat des gladiateurs. Au sein de l’Opposition, l’unanimité autour d’une personne est quasi impossible.

Les uns pensent que le porte-parole de l’opposition doit être un élu. Les autres pensent le contraire : il peut ne pas être un élu pourvu qu’il ait une carrure charismatique. Là, ils pensaient à Etienne Tshisekedi, alors que ce dernier ne reconnaît même pas les institutions en place issues des élections de novembre 2011, malgré que certains de ses lieutenants y sont.

Parions qu’avant longtemps, l’opposition ne se mettra jamais d’accord sur une personne bien que la loi y relative ait été votée il y a plusieurs mois. A moins que le saint esprit vienne leur donner un souffle nouveau qui les mettra sur la voie de la compréhension et de sagesse. Que les opposants cessent alors d’accuser la Majorité d’être à la base de l’enlisement s’agissant de l’élection du porte-parole de l’Opposition. Ils doivent faire leur propre examen de conscience.

On entend dire que l’opposition est plurielle. D’accord. Mais dans des circonstances toutes spéciales, il y a lieu tout de même de se surpasser, de transcender les appétits personnels au profit de l’intérêt de leur structure, ne fut-ce que pour faire plaisir à ceux qui les ont votés. En agissant de la sorte, sont-ils sûrs que leurs électeurs glisseront encore leurs suffrages aux prochaines échéances électorales ? N’amenuisent-ils pas leurs chances de réélection ?

[L’Avenir]