Home | RDC | Politique | M23 : Les sanctions contre le Rwanda doivent être ciblées avec soin et imposées avec fermeté

M23 : Les sanctions contre le Rwanda doivent être ciblées avec soin et imposées avec fermeté

image

Le représentant de la RDC à l’Onu a « félicité » les Etats et institutions qui ont « annoncé des sanctions contre le Rwanda, y compris celles déjà prises contre certains leaders du M23 » par les Nations unies. Toutefois, les sanctions n’ont un sens que lorsqu’elles ont un impact direct c’est-a-dire, qu’elles doivent être efficaces par leur capacité d’atteindre l’objectif qui leur est assigné », a-t-il souligné. A son avis, « les sanctions annoncées par le Département américain du Trésor et les Nations unies sont loin de couvrir l’ensemble des conclusions des enquêtes des experts onusiens qui ont clairement mis en cause en plus des rebelles du M23, de hauts responsables rwandais nommément cités et connus de nous tous ». « Pour être crédibles et efficaces, les sanctions doivent être ciblées avec soin et imposées avec fermeté », a insisté Gata Mavita wa Lufuta.

La RD Congo demande aux Nations unies de  « prendre dès à présent des mesures de nature à briser tout soutien au M23 ». Elle salue et remercie le Groupe d’experts qui, « dans un esprit d’indépendance totale, a résisté aux pressions extérieures pour produire un rapport final objectif ».

« Pour le gouvernement de la République démocratique du Congo, les mesures que le Conseil de sécurité doit prendre dès à présent doivent être de nature à briser tout soutien au M23, en particulier par la prise de sanctions fermes contre les personnalités officielles étrangères à la RDC mentionnées dans l’additif au rapport du Groupe d’experts et dans leur rapport final », a déclaré mercredi 28 novembre l’ambassadeur et représentant permanent de la RDC à l’Onu Ignace Gata Mavita wa Lufuta.

Attendant du Conseil de sécurité « une position ferme et sans équivoque allant dans le sens de l’application des sanctions », le gouvernement congolais « pense que les sanctions, appliquées conformément à la Charte des Nations unies, sont un instrument indispensable pour le maintien ou le rétablissement de la paix et de la sécurité internationales ».

« Pour être crédibles et efficaces, les sanctions doivent être ciblées avec soin et imposées avec fermeté », a insisté Gata Mavita wa Lufuta. Il a invité le Conseil de sécurité à « tenir compte des propositions formulées par le Groupe d’experts, qui consistent notamment à inscrire sur la liste du comité les noms des personnalités étrangères qui soutiennent le M23 et leur fournissent des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues ».

« Le Conseil devra s’assurer que le Comité a inscrit sur la même liste tous les commandants militaires du M23 cités par Mme Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme à savoir : Bosco Ntaganda, Sultani Makenga, Baudouin Ngaruye, Innocent Zimurinda et Innocent Kaina ; bien entériner la décision du Comité de geler les biens et avoirs de toutes ces personnalités et d’interdire leurs déplacements et s’assurer que le Comité a inscrit le M23 comme force négative et nouveau groupe terroriste, au même titre que l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) », a-t-il demandé.

« Sanctions à impact direct »

Le représentant de la RDC à l’Onu a « félicité » les Etats et institutions qui ont « annoncé des sanctions contre le Rwanda, y compris celles déjà prises contre certains leaders du M23 » par les Nations unies.

« Le gouvernement de la RDC salue ces décisions qui constituent un signal éloquent des nouvelles dispositions de la communauté internationale sur les problèmes sécuritaires qui assaillent injustement la RDC depuis plus d’une décennie. Toutefois, les sanctions n’ont un sens que lorsqu’elles ont un impact direct c’est-a-dire, qu’elles doivent être efficaces par leur capacité d’atteindre l’objectif qui leur est assigné », a-t-il souligné.

A son avis, « les sanctions annoncées par le Département américain du Trésor et les Nations unies sont loin de couvrir l’ensemble des conclusions des enquêtes des experts onusiens qui ont clairement mis en cause en plus des rebelles du M23, de hauts responsables rwandais nommément cités et connus de nous tous ».

« Ces mesures créeront les conditions d’un retour rapide à la paix dans cette partie de notre pays. Elles permettront également d’empêcher la continuation de l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses de la République démocratique du Congo, sur fond de rébellions soutenues par des puissances extérieures », a expliqué le diplomate congolais.

Il a rappelé que « les violations du régime des sanctions commises par ce pays voisin de la RDC en soutien au M23 ont provoqué un drame humanitaire qui n’a fait qu’exacerber la souffrance humaine : les pertes en vies humaines, les violations massives des droits de l’homme, les viols des femmes, le recrutement forcé des enfants, les déplacements massifs des populations, l’extorsion des biens, la désarticulation des activités économiques et commerciales, la croissance des refugiés congolais dans les pays voisins, bref, une insécurité généralisée et une grande crise humanitaire ».

Ancien vice-ministre des Affaires étrangères de novembre 2007 au 28 avril 2012, licencié en droit et en sciences politiques et administratives, Ignace Gata Mavita wa Lufuta a été nommé représentant permanent de la RDC auprès de l’Onu aux termes de l’ordonnance présidentielle n°12/009 du 11 juin 2012.

[Angelo Mobateli]