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Jean-Marie RUNIGA : Nous ne quitterons pas Goma

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Le président du M23 Jean-Marie Runiga a annoncé dans un entretien au journal Le Figaro que lui et ses hommes ne quitteront pas Goma, rejetant ouvertement l’ultimatum de la CIRGL exigeant samedi son retrait de la capitale du Nord-Kivu « d’ici 48 heures ». « Nous ne quitterons pas Goma. Au contraire, nous allons restaurer la sécurité et l'autorité sur la ville et sa région. Nous ne lâchons rien et nous attendons de voir si Joseph Kabila entend nos revendications et respecte sa parole », a-t-il affirmé. Le président Joseph Kabila a déclaré dans un entretien à BBC que le début des « discussions » avec le M23 aurait lieu « 48 heures après le départ de Goma » des rebelles. Il a indiqué que le gouvernement de la République démocratique du Congo « ne négociera pas » avec les rebelles du M23 mars avant que ceux-ci ne se soient retirés de la ville de Goma. C’est seulement après qu’il serait « prêt à écouter les revendications des membres du M23 ».

Le président du M23 Jean-Marie Runiga a annoncé lundi 26 novembre dans un entretien au journal français Le Figaro que lui et ses hommes ne quitteront pas Goma, rejetant ouvertement l’ultimatum de la CIRGL exigeant samedi son retrait de la capitale du Nord-Kivu « d’ici 48 heures ». Alors que Kinshasa envisage « le début des discussions (avec le M23) 48 heures après le départ de Goma » de ses troupes.

« Nous ne quitterons pas Goma. Au contraire, nous allons restaurer la sécurité et l'autorité sur la ville et sa région. Nous ne lâchons rien et nous attendons de voir si Joseph Kabila entend nos revendications et respecte sa parole », a-t-il affirmé.

«Notre révolution est congolaise, menée par des Congolais, pour le peuple congolais. Les pays voisins n'ont rien à voir dans tout ça. Les soldats du M23 sont des déserteurs de l'armée régulière, ils ont quitté le régime leurs armes à la main.

Récemment, nous avons récupéré beaucoup de matériel dans une base militaire à Bunagana. Cela nous permet pour le moment de gagner chaque jour du terrain et de repousser tous les assauts de l'armée congolaise », a-t-il ajouté« On nous accuse partout de n'être qu'une émanation du Rwanda, mais c'est oublier toutes nos revendications.

La seule aide que nous apporte Kigali, c'est qu'elle nous laisse exister, elle ne met pas fin à notre mouvement. Mais le président rwandais, Paul Kagamé, ne nous fournit aucune arme, nous n'en avons pas besoin », a-t-il répondu aux accusations du Groupe d’experts de l’Onu sur le soutien de Kigali au M23.

« Le Rwanda a continué son soutien au M23 »

Le rapport final du Groupe d’experts de l’Onu sur la République démocratique du Congo du 12 octobre 2012 confirme le soutien de Kigali au M23.

« Le Rwanda a continué son soutien au M23 et à d’autres groupes armés par le biais de violation de l’embargo sur les armes. Des officiers rwandais ont également procuré de l’aide militaire et ce en renforçant d’une manière permanente les troupes du M23, ainsi qu’en procurant de l’aide clandestine au M23 par le biais des unités spéciales de Rwanda Defense Force(RDF) qui sont stationnées auprès des FARDC à Rutshuru pour des opérations conjointes RDC-Rwanda.  Les RDF et le M23 ont également harmonisé leur équipement de communication afin de coordonner leurs opérations », affirme-t-il.

« Des recrutements pour le M23 ont, sous la responsabilité du ministre de la défense rwandais James Kabarebe, eu lieu dans des villages rwandais. Des centaines d’enfants, aussi bien des fillettes que des garçons, ont de même été recrutés. Certains garçons ont été utilisés aux lignes de front afin de couvrir les troupes avançantes et ce parfois après à peine une semaine d’entrainement de ces premiers.

Des recrutements de sympathisants ainsi que des levées de fonds pour la rébellion ont même été organisés par des membres du FPR, parti politique au pouvoir dirigé par le général Paul Kagame », précise-t-il.

Selon les experts onusiens, « les rebelles M23 transportent la plupart de leurs blessés à l’hôpital militaire de Kanombe, au Rwanda (…) ; les morts parmi la rébellion sont enterrés par des soldats du RDF ».

Des « discussions après le départ du M23 de Goma »

Le président Joseph Kabila a déclaré dans un entretien à BBC que le début des « discussions » avec le M23 aurait lieu « 48 heures après le départ de Goma » des rebelles.

Il a indiqué que le gouvernement de la République démocratique du Congo « ne négociera pas » avec les rebelles du M23 mars avant que ceux-ci ne se soient retirés de la ville de Goma.

C’est seulement après qu’il serait « prêt à écouter les revendications des membres du M23 ». Ceux-ci reprochent au gouvernement congolais de ne « pas appliquer » les clauses de l’Accord de paix signé avec le Conseil national pour la défense du peuple (CNDP) le 23 mars 2009 à Goma.

24 containers d'armes et de munitions abandonnés à Goma

L'armée a abandonné 24 containers d'armes et de munitions lorsqu'elle a fui Goma, ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), tombée le 20 novembre aux mains des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), a déclaré aujourd'hui un porte-parole de la rébellion.

"Cet arsenal d'armes et munitions a été abandonné (...) après la débandade des FARDC (Forces armées congolaises) lors de la prise" de la capitale de la province du Nord-Kivu (est), a affirmé le colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.

Ces armes sont stockées à l'aéroport et au port de Goma, ainsi qu'au camp militaire de Katindo, a-t-il précisé. Selon lui, l'armée a notamment laissé trois canons d'une portée de 80 kilomètres et quatre lance-roquettes multiples (LRM) dont les projectiles peuvent être lancés à une distance de 120 kilomètres.

"On s'interroge sur les objectifs du gouvernement de (Joseph) Kabila", le président de la RDC, a expliqué le porte-parole. "C'est le genre d'armes utilisées pour engager une guerre contre un pays, pas pour chasser un simple groupe d'hommes armés qui revendiquent leurs droits", a-t-il estimé.

"La vérité est que les FARDC (forces armées congolaises) ont un équipement complet capable d'embraser toute la sous-région des Grands Lacs", si bien que les rebelles "ne parviennent pas à comprendre comment" les soldats loyalistes "ont pu les perdre et les lâcher", a-t-il soutenu.

[avec Angelo Mobateli et LeFigaro]