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RDC : Faut-il prendre des armes dans ce pays pour être écouté ?

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L’opposition congolaise juge « inadmissible » que le gouvernement accepte de se mettre autour d’une même table avec le M23. « C’est depuis trop longtemps que l’opposition congolaise demande des négociations avec le pouvoir après les élections de novembre 2011. Or jusqu’à ce jour, on a toujours été saboté. Nous n’avons rien eu en échange. Et voilà que le M23, après avoir fait la guerre à l’Etat, se retrouve sur une même table avec le gouvernement congolais pour trouver un accord. Nous ne pouvons pas l’accepter. Faut-il prendre des armes dans ce pays pour être écouté ? », s’est interrogé le député national Jean-Claude Vuemba. « Il a fallu que le président de la République convoque le Congrès (Assemblée nationale et Sénat) pour que nous connaissions les tenants et les aboutissants. Comment expliquer que nous de la représentation nationale nous ne sommes au courant de rien, ni militairement, ni même de ce que le M23 fait vivre à nos compatriotes », a-t-il relevé.

Le « calme » et le « statu quo, pas de combats depuis vendredi » observé lundi 26 novembre à Goma (Nord-Kivu) tranche avec la vive polémique en cours autour des résolutions des chefs d’Etat des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) recommandant samedi 24 novembre à Kampala (Ouganda) des « négociations » entre le gouvernement de la RD Congo et le  M23.

Si Kinshasa estime « impératif, tout à fait majeur et incontournable » le retrait du M23 et affirme que le président Joseph Kabila « n'a rencontré personne de la rébellion » dimanche à Kampala (Ouganda), le M23 dit par contre attendre d’être informé par « les autorités compétentes » de la CIRGL avant de « communiquer sa position officielle ».

 « La direction politique du Mouvement du 23 mars a appris, par la voie de la presse, qu'une série des résolutions concernant notre organisation auraient été prises par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). La direction politique de notre mouvement reste disposée à communiquer sa position officielle en rapport avec lesdites résolutions aussitôt qu'elles lui seront communiquées par les autorités compétentes de cette organisation régionale », dit le M23 dans un communiqué.

Le Sommet de la CIRGL a demandé samedi à Kampala au M23 de « stopper son extension territoriale et de ne plus remettre en question le gouvernement légitimement élu de la RDC ». Il a décidé du « déploiement d’une force composite comprenant une compagnie de la Force internationale neutre (FIN), d’une compagnie des FARDC et d’une compagnie du M23 à l’aéroport de Goma ».

Les chefs d’Etat des pays des Grands Lacs ont aussi demandé au gouvernement congolais d’« écouter, examiner et répondre aux revendications légitimes du M23 » en rapport avec l’Accord de paix qu’il a conclu avec le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) le 23 mars 2009 à Goma (Nord-Kivu).

Controverse

A la Majorité présidentielle, on qualifie d’« avancée diplomatique » la décision du Sommet de la CIRGL, affirme que « le gouvernement ne négocie pas avec le M23 comme certains le pensent mais examine plutôt ses revendications ».

« Il y a une solution intermédiaire qui demande à ce que le M23 recule jusque vers leurs positions antérieures avant la prise de Goma. C’est une solution provisoire parce qu’il faudrait que le M23 quitte le territoire congolais », a déclaré le député François Nzekuye parti présidentiel le PPRD.

« Nous avions dit à Kampala que nous allons examiner les revendications du M23 et d’y répondre dans la mesure du possible. Nous n’avons pas dit que nous allons entamer des négociations directes avec le M23. Les revendications sont transmises aux autorités de la CIRGL qui les transmettront à leur tour au gouvernement de Kinshasa. C’est au gouvernement de voir qu’est-ce qu’il y a de légitime et qu’il n’y a pas de légitime dans tout cela », a-t-il souligné.

De son côté, l’opposition juge « inadmissible » que le gouvernement accepte de se mettre autour d’une même table avec le M23.

« C’est depuis trop longtemps que l’opposition congolaise demande des négociations avec le pouvoir après les élections de novembre 2011. Or jusqu’à ce jour, on a toujours été saboté. Nous n’avons rien eu en échange. Et voilà que le M23, après avoir fait la guerre à l’Etat, se retrouve sur une même table avec le gouvernement congolais pour trouver un accord. Nous ne pouvons pas l’accepter. Faut-il prendre des armes dans ce pays pour être écouté ? », s’est interrogé le président du Mouvement du peuple congolais pour la république (MPCR), le député national Jean-Claude Vuemba, élu de Kasangulu (Bas-Congo).

« Il a fallu que le président de la République convoque le Congrès (Assemblée nationale et Sénat) pour que nous connaissions les tenants et les aboutissants. Comment expliquer que nous de la représentation nationale nous ne sommes au courant de rien, ni militairement, ni même de ce que le M23 fait vivre à nos compatriotes », a-t-il relevé.

En Italie, la congolaise s’oppose dans une « déclaration » adressée lundi 26 novembre à la société civile du Nord-Kivu « à toute tentative de balkanisation du Congo, aux accords secrets entre le M23 et le gouvernement congolais, aux accords secrets entre Kigali, Kampala et Kinshasa ».

En Belgique, des Congolais ont manifesté samedi 24 novembre contre l’occupation de la ville de Goma par le M23, à la sortie du métro Trône sous la statue du Roi Léopold 2.

La marche a conduit les manifestants à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique où ils ont déposé un mémo, arguant que « la première puissance mondiale ne peut affirmer ignorer les tenants et les aboutissants de cette nouvelle aventure guerrière de Paul Kagame en terre congolaise ». Ils scandaient notamment « Non au M23 qui n’est qu’une soldatesque à la solde de Paul Kagame ».