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RDC : Les trois super stars de la politique congolaise

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Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe ont été des super stars de la politique en 2011. Car, la bataille électorale, s’agissant de la présidentielle, semblait du coup se limiter à ces trois personnalités. Donné pour «mourant», le leader de l’Udps aura surpris toute la scène politique congolaise à travers sa «résurrection». Joseph Kabila, la cible de tous les autres candidats, aura finalement tiré profit de la grande division au sein de l’Opposition. Même le très kivutien Vital Kamerhe, donné pour le grand vainqueur au Kivu, n’aurait eu que le temps de se rendre compte du succès du Raïs renforcé par l’aura d’une première Dame déterminée, pour rien au monde alors, à ne pas céder sa place à maman Marthe Tshisekedi. Du côté des chefs religieux, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya (Eglise catholique) et Simon Kimbangu Kiangani (Eglise kimbanguiste) auront été sur la brèche.

Tout au long de l’année 2011, trois personnalités politiques se sont distinguées sur le terrain politique en Rd Congo au rythme de l’élection présidentielle : Joseph Kabila, président de la République sortant, autorité morale de la MP (Majorité présidentielle) et vainqueur de la présidentielle du 28 novembre 2011, Etienne Tshisekedi, principal challenger du Raïs et leader de l’UDPS, et Vital Kamerhe, ancien speaker de l’Assemblée nationale et président de l’UNC. Les trois super stars ont été sur la brèche jusqu’à la fin de l’an dernier. La politique étant désormais l’affaire de tous, y compris des églises, deux chefs religieux ont marqué l’an 2011.

Pour une année électorale, les choses ont démarré en trombe en janvier 2011 avec la candidature  annoncée en décembre 2010 du leader de l’UDPS à la présidentielle. Etienne Tshisekedi, soutenu par un groupe d’opposants, se faisait déjà passer pour le candidat unique et commun de l’Opposition face à Joseph Kabila, l’unique candidat de la Majorité présidentielle. Pour un scrutin à un seul tour, les différents candidats de l’Opposition ont été conviés à accorder leurs violons pour éviter de se présenter en ordre dispersé à la bataille.

CHACUN POUR SOI, DIEU POUR TOUS

Mais, contre toute attente, jusqu’au jour du scrutin, le lundi 28 novembre 2011, les candidats de l’Opposition auront plutôt choisi le célèbre adage «chacun pour soi, Dieu pour tous» en lieu et place de «l’union fait la force». Outre le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), il y a un autre opposant congolais qui, sans contraindre Tshisekedi à un marquage strict, a tout de même réussi à sortir la tête du lot. Il s’agit de Vital Kamerhe, ancien président de la chambre basse et président national de l’Union pour la nation congolaise (Unc).

Bien coté à Kinshasa et ailleurs, Vital Kamerhe passe surtout pour l’un de grands leaders politiques dans les Kivu. Au sein de l’Opposition, à défaut du leader de l’Udps, c’est le patron de l’Unc qui semblait avoir les faveurs de pronostics pour la bataille présidentielle. Dès lors, les Kengo, Mobutu Nzanga, Mbusa Nyamuisi, Dr Oscar Kashala et autres ne faisaient que compléter les rangs. Même lors de la campagne électorale, seul Vital Kamerhe semblait incarner les espoirs de l’Opposition en dehors de Tshisekedi. Le patron de l’Unc a également fait le tour de toutes les provinces pour démontrer qu’il était loin de se contenter d‘une figuration.

KABILA SEUL AU FRONT FACE A L’OPPOSITION

S’inspirant de l’expérience de l’entre deux tours en 2006, où son épouse Olive Lembe semblait avoir remplacé des politiciens de l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle) au front, Joseph Kabila a évité de disperser ses ressources en se lançant sur le champ de bataille sans avoir à dilapider ses fonds en finançant, comme en 2006, la campagne de milliers de candidats à la députation nationale à travers toutes les provinces de la RDC. Accompagné de son épouse et de son «porte-bonheur», le petit M’Zee, son fils, le Raïs a été au four et au moulin pour convaincre ses électeurs et ainsi gagner la bataille face aux adversaires.

Au bout du compte, cette stratégie aura été payante pour le président de la République sortant et candidat à sa propre succession qui a été déclaré vainqueur de la présidentielle et par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) et par la Cour suprême de justice. Lorsqu’on sait que Mme Olive Lembe Kabila avait précédé la campagne en sillonnant toutes les provinces de la Rd Congo afin de déblayer le terrain au profit de son époux, on comprend que le couple présidentiel était au poste d’avant-garde de la bataille présidentielle 2011 du début à la fin des hostilités. 

KABILA, TSHISEKEDI ET KAMERHE : DES SUPER STARS DE LA POLITIQUE

En fait, comme on le voit, MM. Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe ont été des super stars de la politique en 2011. Car, la bataille électorale, s’agissant de la présidentielle, semblait du coup se limiter à ces trois personnalités. Les autres candidats étaient, dès lors, réduits à une simple figuration sur le terrain. En l’absence de Jean-Pierre Bemba, le Mlc demeurait loin de jouer le rôle de locomotive au sein de l’Opposition. Voilà qui profitait à Etienne Tshisekedi et à son Udps absents des joutes électorales en 2006. Donné pour «mourant», le leader de l’Udps aura surpris toute la scène politique congolaise à travers sa «résurrection».

Joseph Kabila, la cible de tous les autres candidats, aura finalement tiré profit de la grande division au sein de l’Opposition. Il lui suffisait juste, à partir de ce moment, d’avoir un peu plus de voix que ses adversaires pour succéder à lui-même. Un pari qu’il a pu gagner en se lançant seul au front électoral afin de relever le défi lancé par l’Opposition qui ne semblait pas lui accorder assez de chances. Même le très kivutien Vital Kamerhe, donné pour le grand vainqueur au Kivu, n’aurait eu que le temps de se rendre compte du succès du Raïs renforcé par l’aura d’une première Dame déterminée, pour rien au monde alors, à ne pas céder sa place à maman Marthe Tshisekedi.

LAURENT MONSENGWO ET SIMON KIMBANGU au devant de la scène

Parallèlement à la bataille politique pour la présidentielle 2011, le monde religieux aura aussi mis la main à la pâte. Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, s’est signalé à plusieurs reprises à partir de son retour en RDC, en 2010, à la suite de sa création par le pape Benoît XVI à Rome. Au devant de la scène tout au long de l’an 2011, ce prince de l’Eglise catholique ne cachait pas du tout son penchant pour l’Opposition. A travers toutes ses prises de position, celui qui déclarait détenir plus d’un tour dans ses manches à l’époque de la transition mobutienne, ne ratait jamais l’occasion d’égratigner le pouvoir en place comme pour déblayer le terrain en faveur des opposants.

Simon Kimbangu Kiangani, représentant légal et chef spirituel des kimbanguistes, pour sa part, n’aura pas lésiné sur les moyens pour exprimer sa reconnaissance à Joseph Kabila, le seul chef de l’Etat en RDC à initier le processus de la réhabilitation tant attendue du prophète Simon Kimbangu. C’est donc cette dette morale qui aurait conduit toute son église à soutenir le Raïs face à ses adversaires lors du scrutin présidentiel du 28 novembre 2011. En fait, le combat, si l’on peut parler en ces termes, dans les rangs des chefs religieux, aura surtout opposé le catholique Monsengwo au kimbanguiste Kimbangu Kiangani.

QUAND LE POIDS DES KIMBANGUISTES L’EMPORTE SUR LA DETERMINATION DU CARDINAL

Au bout du compte, le poids de l’église chère à Simon Kimbangu Kiangani, à côté d’autres églises de la RDC, y compris de nombreux chrétiens catholiques, aura été déterminant pour la suite de la bataille lors du scrutin présidentiel. Car, là où Monsengwo, en sa qualité d’archevêque de Kinshasa, demeure loin d’engager tous les catholiques congolais, rôle dévolu à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), bon nombre de responsables d’églises, à commencer par l’Eglise kimbanguiste, sont à même de donner une consigne de vote claire aux fidèles de leurs églises.

Or, l’Opposition d’une manière générale semblait négliger cet atout qui, à côté des chefs coutumiers, était très précieux pour les joutes électorales de novembre dernier. Et chez les chrétiens catholiques congolais, la déclaration de Monsengwo,  qui visiblement prenait à contre-pied la position de la Cenco dont il fait partie, ne pouvait nullement jouer en faveur des intentions du cardinal parce qu’il ne s’agissait pas, au même titre que d’autres chefs des églises, d’une consigne de vote engageant toute l’église catholique en RDC.

Mathy MUSAU