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RDC : Le régime « Kabila » durcie la répression des manifestations pacifiques

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Vingt-quatre heures après la violente répression policière qui s’est abattue jeudi 20 octobre sur des manifestants de l’UDPS et alliés, des voix commencent à s’élever - assez timidement au sein de la société civile congolaise - pour dénoncer la dérive tyrannique du régime du président sortant "Joseph Kabila".

Dans un communiqué publié le même jour, l’association de défense des droits humains "La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme" (VSV) n’a pas trouvé des mots assez durs pour fustiger "les traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés (...) aux cadres et membres de l’opposition politique (...)". Après avoir insisté sur le caractère pacifiquement de cette manifestation, la "VSV" de relever que "certains cadres de l’opposition ont été bastonnés comme des vulgaires malfrats, leurs habits déchirés, et ce, au vu des passants, des observateurs électoraux internationaux, des journalistes nationaux et internationaux, des militants des ONGs de défense des droits humains..., horrifiés par le comportement barbare des policiers manifestement instrumentalisés et envoyés pour réprimer."

L’association note, à titre illustratif, "les mauvais traitements et l’humiliation, nonobstant son immunité parlementaire, dont a fait l’objet le député provincial, monsieur Martin Fayulu" qui a été "passé à tabac, blessé, les habits déchirés par des policiers sensés le protéger". Selon la "VSV", "des militants et de nombreux passants interpellés ont été acheminés vers une destination inconnue". Tout en condamnant "les traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés aux cadres de l’opposition politique (...) et à leurs militants par des policiers à quelques jours de la tenue des élections présidentielles et législatives prévues le 28 novembre 2011", la "VSV" exige l’arrêt "sans délai" des "répressions brutales" des manifestations pacifiques et l’ouverture d’une "enquête indépendante afin de traduire en justice les auteurs et commanditaires des mauvais traitements infligés aux cadres et militants des partis politiques de l’opposition".

L’association réclame par ailleurs la "libération immédiate et sans condition" des personnes interpellées. On le voit, les "élections apaisées" claironnées par le pouvoir kabiliste ne sont qu’un leurre. Il faut espérer que d’autres voix vont relayer la VSV pour signifier à "Joseph Kabila" ainsi qu’aux exécuteurs de ses basses besognes l’indignation de l’opinion nationale et la détermination du peuple congolais à arracher le Changement. Tot ou tard! B.A.W

Ci-après le texte intégral du communiqué de "La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme" (VSV) :

La répression des manifestations pacifiques se durcie après la conférence de presse du chef de l’Etat

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) dénonce fermement les traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés, ce jeudi 20 octobre 2011, vers 11h30, aux cadres et membres de l’opposition politique RDCongolaise ainsi qu’aux militants du parti politique de l’opposition « Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS » et alliés.

En effet, pour exiger la transparence du processus électoral notamment l’accès au serveur central et l’audit du fichier électoral, l’opposition politique RDCongolaise a voulu organiser, ce jeudi 20 octobre 2011, « un rassemblement populaire » devant le bâtiment de l’Hôtel de Poste à Kinshasa/Gombe.

Contre toute attente, les cadres de l’opposition politique accompagnés de quelques uns de leurs membres qui progressaient pacifiquement sur le boulevard du 30 juin vers l’Hôtel de Poste à Kinshasa/Gombe, ont été stoppés au niveau du croisement du boulevard du 30 juin et avenue du marché par plusieurs policiers lourdement armés de gourdin, gaz lacrymogène, arme à feu... venus à bord des jeeps.

Sans sommation, les policiers ont commencé à lancer des gaz lacrymogènes, administrer des coups de gourdin aux manifestants pacifiques, les passer copieusement à tabac, ravir des calicots et banderoles avec une brutalité inouïe... alors que les manifestants dont le député provincial Martin Fayulu étaient pacifiquement assis par terre.

Certains cadres de l’opposition ont été bastonnés comme des vulgaires malfrat, leurs habits déchirés, et ce, au vu des passants, des observateurs électoraux internationaux, des journalistes nationaux et internationaux, des militants des ONGs de défense des droits humains..., horrifiés par le comportement barbare des policiers manifestement instrumentalisés et envoyés pour réprimer.

A titre illustratif, on peut citer les mauvais traitements et l’humiliation, nonobstant son immunité parlementaire, dont a fait l’objet le député provincial, monsieur Martin Fayulu. Ce dernier a été passé à tabac, blessé, les habits déchirés par des policiers sensés le protéger. Il a été embarqué avec d’autres cadres de l’opposition à bord des jeeps de la police avant d’en être débarqués peu de temps après. Cependant, des militants et de nombreux passants interpellés ont été acheminés à une destination inconnue.

Tout compte fait, d’aucuns pensent que le député Martin Fayulu qui aurait eu une altercation à l’Assemblée Provinciale de Kinshasa avec le gouverneur de la ville, monsieur André Kimbuta Yango, cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la Démocratie, parti au pouvoir, ait été victime d’un règlement de compte.

En définitive, la VSV condamne les traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés aux cadres de l’opposition politique RDCongolaise et à leurs militants par des policiers à quelques jours de la tenue des élections présidentielles et législatives prévues le 28 novembre 2011. 

Par conséquent, la VSV exige : 

 A LA Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) : 

- De rassurer toutes les parties prenantes au processus électoral en général et l’opposition politique en particulier en matérialisant l’accès effectif au serveur central et l’audit du fichier électoral qui sont à la base de récentes manifestations pacifiques.

 Au gouvernement de la RDCongo : 

- De mettre fin sans délai aux répressions brutales et violentes des manifestants pacifiques en vue de contribuer effectivement à la consolidation de la démocratie ; 

- D’ouvrir une enquête indépendante afin de traduire en justice les auteurs et commanditaires des mauvais traitements infligés aux cadres et militants des partis politiques de l’opposition ;

- De libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes interpellées et/ou détenues jusqu’à ce jour consécutivement aux manifestations pacifiques;

- D’indemniser toutes les victimes de la répression policière pour les préjudices subis. 

Fait à Kinshasa, le 20 octobre 2011.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)