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La RDC va mal !

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Le président de l’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef, opposition), Charles Mwando  Nsimba, a appelé le  peuple de la République démocratique du Congo (RDC) à « bloquer la résurgence de la dictature » parce qu’ « aujourd’hui le pays va mal ».

« Aujourd’hui le pays va mal, notre jeune démocratie est en danger, les Institutions politiques sont inféodées au pouvoir, la paix chèrement acquise est menacée, l’avenir de notre pays est sombre. La situation que traverse notre pays aujourd’hui ressemble, à maints égards, à celle d’avant la Conférence nationale souveraine.  Nous devons bloquer la résurgence de la dictature », a-t-il déclaré à l’ouverture du congrès (28-29 novembre 2015) de son parti, membre du G7, samedi 28 novembre 2015 à Kinshasa.

« Les dérapages commenceront peu avant les élections de 2011 » 

Comparant la situation actuelle à celle ayant prévalu en 1990, il a rappelé qu’ « après avoir décrété la démocratisation, le président Mobutu s’emploiera à mettre sur pieds des stratégies pour étouffer le multipartisme ; il faudra une lutte acharnée de l’opposition pour que le président Mobutu fasse droit au multipartisme ».

« Après la Constitution de 2005 (adoptée par référendum, ndlr), fruit des efforts laborieux de Sun City, seront instaurées les règles requises universellement pour le fonctionnement d’une vraie démocratie. Ainsi le pays organisera les premières élections libres et transparentes en 2006. Malheureusement, les dérapages commenceront peu avant les élections de 2011 », a déploré le président national de l’Unafec.  

Selon Charles Mwando Nsimba, « il y aura ainsi, dans un premier temps, au sein du parti du Raïs (le PPRD, ndlr), la propension à diriger seul et d’absorber tous les partis de la Majorité par une formule magique nommé apparentement ».

« Les camarades du G7 et tant d’autres qui restent tapis au sein de la Majorité s’opposeront à cette tentative du parti du Président de la République. Ensuite, le parti du Raïs va manœuvrer pour que le mode du scrutin présidentiel passe de deux tours à un seul. Enfin, en pleine campagne, le parti du Raïs sous le slogan +Vimba-Vimba +» va se multiplier par autant de partis politiques dans l’objectif de gagner seul les élections », a-t-il stigmatisé.

C’est à ce moment-là, a-t-il révélé, qu’« un nombre de partis (parmi lesquels ceux qui créeront en septembre 2015 le G7, ndlr) tenteront de créer au sein de la Majorité un courant de pensée pour s’opposer au plan élaboré par le parti du chef de l’Etat ».

« Ce courant sera brutalement étouffé lors d’une réunion du bureau politique  convoquée à cet effet. Qu’il soit rendu au MSR qui, cherchant avec lucidité un débat de fond à l’intérieur de la Majorité, se fera tancer. Mais, le goût amer de la manière dont la séance se sera déroulée déterminera les sept partis à ne pas laisser la dérive gagner du terrain.  D’où, la naissance du G7 », a expliqué l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, qui a démissionné de ce poste à la suite de cet « événement ».

Il a insisté sur le fait que « le G7 n’est pas une improvisation et n’est pas non plus né des caprices, il est une expression d’un ras-le-bol à la suite duquel sept partis, dont l’Unadef, feront leur choix de se positionner clairemenet du côté de l’opposition ».

« L’Unadef assume avec fierté et dignité son positionnement politique »

En présence des présidents de cinq autres membres du G7 (MSR, ARC, PDC, Unafec, ADP/MSSDD) et de partis amis (UNC, MLC, notamment),  Charles Mwando Nsimba a affirmé que « l’Unadef assume avec fierté et dignité son positionnement politique conformément à son serment de toujours défendre les valeurs  démocratiques et de s’opposer contre  toute dérive dictatoriale ».

« C’est dans ce contexte que le Comité politique national de l’Unadef a jugé utile de convoquer les différents responsables de l’Unadef, à travers la République démocratique du Congo, afin de fixer les idées des uns et des autres face aux enjeux politiques de l’heure à savoir, le dialogue national, le calendrier électoral et les échéances de 2016 », a-t-il expliqué.

« Des recommandations à l’encontre des dispositions constitutionnelles»

Charles Mwando Nsimba a affirmé « haut et fort l’Unadef, parti politique membre du G7, n’est pas partante pour ce dialogue » que s’apprête à convoquer le président de la République.

« Prenant à témoin la nation et la communauté internationale, l’Unadef s’inscrit en faux pour croire que ce dialogue donnera un moindre résultat considérant que les résolutions devraient indubitablement déboucher sur des recommandations allant à l’encontre des dispositions constitutionnelles, telles que le glissement, la mise sur pieds d’un gouvernement d’union nationale et d’un parlement qui aurait pour mission d’organiser un référendum en vue d’élaborer une nouvelle Constitution », a-t-il justifié.  

S’agissant de l’UDPS, il a fait remarquer qu’« il est indéniable que ce parti a longtemps lutté pour l’avènement de la démocratie dans notre pays et qu’il mérite beaucoup de respect de la part des Congolais ».

« Ainsi, l’Unadef se refuse d’imaginer un seul instant  que l’UDPS pourrait avaliser ce dialogue qui vise à créer l’illusion d’un consensus national sur le glissement entrainant le processus électoral dans une impasse et cautionnant la dictature contre laquelle elle s’est toujours opposée », a relevé Charles Mwando Nsimba.

A son avis, « dans ce cas de figure, l’UDPS, toute populaire qu’elle soit ou tout au moins ce qui lui en reste de popularité, signera son contrat de rupture avec le peuple car celui-ci, avec l’opposition responsable dont le G7 et les forces vives dont (il) a lu l’appel, comme un seul homme, feront échec par toute voie à toutes ces tentatives de passage en force pour la réinstauration de la dictature ».

« Aussi, l’Unadef tient-elle à mettre en garde le pouvoir et plus particulièrement ses thuriféraires qui ont pris en otage le président Joseph Kabila contre toute démarche de burundisation de notre pays », a avertit le président de l’Unadef.

Quant au calendrier électoral, Mwando Nsimba a annoncé que son parti « se joient à la démarche de tous les partis du G7 ainsi que de tous les partis de l’opposition pour exiger la publication immédiate d’un calendrier électoral s’inscrivant dans le prescrit de la Loi électorale et intégrant l’enrôlement des nouveaux majeurs, les élections provinciales, les législatives et bien entendu les présidentielles conformément aux dispositions constitutionnelles ».

« Au sujet des échéances de 2016, vous aurez constaté que les enjeux de 2016 sont de taille et se trouvent centrés, bien entendu, sur toutes les élections mais plus particulièrement sur les élections présidentielles. Pour les élections présidentielles particulièrement, il va sans dire que l’Unadef, en harmonie avec ses partenaires du G7, prendra la mesure de celles-ci et, el moment venu, lèvera le choix approprié en ce qui est du candidat », a-t-il assuré.

Il a conclu son message aux congressistes que « les conclusions de ces assises constitueront la contribution de l’Unadef à la consolidation des options harmonisées avec les autres partis politiques membres du G7 et de l’opposition ainsi que des forces vives pour la réalisation de l’alternance démocratique ».