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RDC : Le Gouvernement ne prend pas au sérieux les recommandations de l'Assemblée nationale

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Même les bureaux précédents de l’Assemblée nationale ont eu à faire à l’indifférence des membres du Gouvernement. A telle enseigne qu’il n’est guère exagéré de dire que les ministres ne prennent pas vraiment au sérieux les recommandations des députés nationaux alors que le Gouvernement n’est que l’émanation de l’Assemblée nationale. Dans ces conditions, qu’est-ce qu’une commission de suivi des recommandations mise sur pied par l’Assemblée nationale pourrait bien faire ? A moins qu’elle ne se transforme ; comme bien des commissions, qu’en simple structure d’oubli national servant surtout à tourner rapidement une page de l’histoire de la RDC au lieu d’aller dans le fond. Bien avant Minaku, un autre bureau de l’Assemblée nationale avait même écrit au Premier ministre pour se plaindre parce que les recommandations formulées à l’endroit du Gouvernement n’étaient pas prises en considération. Mais, chose curieuse, cette plainte ne semble pas du tout avoir été prise en compte jusqu’à ce jour. 

Lors de son discours de clôture de la session ordinaire de mars, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a plaidé pour la constitution d’une commission chargée du suivi des recommandations de la chambre basse du Parlement rd-congolais. Car, chaque exercice de contrôle parlementaire se termine par une série des recommandations sans lendemain. Les ministres se succèdent au Palais du peuple tant avec leurs points forts qu’avec des faiblesses. Ce qui pousse souvent l’Assemblée nationale à formuler des recommandations dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance.

Mais, bien souvent, sans aucune suite ou effort de la part des membres du Gouvernement. Aubin Minaku, préoccupé sans nul doute par cette situation, a jugé bon de mettre sur pied une commission, une de plus dirait-on, pour le suivi des recommandations de la chambre basse. Car, leurs « Excellences » donnent généralement l’impression de se limiter à gérer une simple formalité face aux élus du peuple pour se tirer d’affaire. Une fois la formalité accomplie sans que cela ne débouche sur une motion de méfiance, la vie se poursuit. Au point que l’on se rend compte que le contrôle parlementaire, qui devrait obliger les membres du Gouvernement à s’améliorer, ne constitue, aux yeux, des ministres, qu’une étape à franchir pour conforter leur position.

UNE COMMISSION DE SUIVI OU D’OUBLI NATIONAL ?

A vrai dire, l’affaire ne remonte nullement à la gestion du président Aubin Minaku. Bien au contraire, même les bureaux précédents de l’Assemblée nationale ont eu à faire à l’indifférence des membres du Gouvernement. A telle enseigne qu’il n’est guère exagéré de dire que les ministres ne prennent pas vraiment au sérieux les recommandations des députés nationaux alors que le Gouvernement n’est que l’émanation de l’Assemblée nationale. Dans ces conditions, qu’est-ce qu’une commission de suivi des recommandations mise sur pied par l’Assemblée nationale pourrait bien faire ? A moins qu’elle ne se transforme ; comme bien des commissions, qu’en simple structure d’oubli national servant surtout à tourner rapidement une page de l’histoire de la RDC au lieu d’aller dans le fond.

Bien avant Minaku, un autre bureau de l’Assemblée nationale avait même écrit au Premier ministre pour se plaindre parce que les recommandations formulées à l’endroit du Gouvernement n’étaient pas prises en considération. Mais, chose curieuse, cette plainte ne semble pas du tout avoir été prise en compte jusqu’à ce jour. D’ailleurs, sans avoir simplement la prétention de charger l’Exécutif, la représentation nationale ne semble pas du tout comprendre ce que c’est que de demander des comptes au Gouvernement en prenant en compte l’intérêt supérieur de la population. Car, un contrôle parlementaire doit viser l’excellence, c’est-à-dire l’amélioration de la gouvernance.

LA MAJORITE PRESIDENTIELLE ACCUSEE DE SE LIMITER A DEFENDRE SES MINISTRES

Pas un secret que le fait de savoir que le Gouvernement actuellement en place, comme ceux qui ont défilé au perchoir depuis les élections de 2006, sont l’émanation de l’Assemblée nationale, mais surtout de la Majorité au pouvoir. Mais, lorsqu’on donne l’impression de verser dans la complaisance en lieu et place de l’excellence dans la gouvernance, c’est le nivellement par le bas. En France, pays ayant inspiré à la RDC le système semi-présidentiel, des députés socialistes se désolidarisent du président François Hollande lorsqu’ils se rendent compte que sa politique ne favorisera pas leur réélection. Donc, au-delà du jeu des composantes politiques, c’est le bilan qui est en jeu.

Très logiquement, la Majorité présidentielle en RDC devrait dépasser le cap de la défense des ministres membres de sa composante pour viser l’amélioration sensible des conditions de vie de la population qui a élu le président Joseph Kabila. Au nom de cette logique, des mesures draconiennes devraient être envisagées à l’endroit des membres du Gouvernement qui n’intègrent pas dans leur gouvernance la vision du Raïs. Cette attitude ne s’appellerait pas trahir la Majorité, mais l’aider à œuvrer réellement dans l’intérêt de la population. Surtout que seul Joseph Kabila est comptable des actes posés par le Gouvernement issu de la Majorité présidentielle qu’il soit l’actuel ou celui dit du Gouvernement de cohésion nationale. Car, étant le fait de la majorité au sein de la chambre basse.

IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR BIEN FAIRE

Maintenant que le président Aubin Minaku semble déterminé à prendre les choses en mains en plaidant pour une commission de suivi des recommandations de son institution, il lui revient d’engranger des mécanismes susceptibles de lui apporter des résultats significatifs. Car, une chose est de faire le constat, et une autre de s’impliquer pour que les choses changent. Il ne serait pas du tout rassurant pour le speaker de la chambre basse, après ce constat sans appel, de ne rien apporter du tout pour que la RDC sorte finalement des sentiers battus. Sinon, il se serait comporté exactement comme ses prédécesseurs là où, fort de son constat, il se sera limité à un aveu d’impuissance sans rien apporter de concret pour redorer son image dans l’opinion. L’histoire étant un éternel recommencement. 

M. M.