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RDC : La qualité de l'enseignement a complètement baissé

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Maker Mwangu Famba, ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel, a effectué lundi le déplacement du Palais du peuple pour répondre aux questions des sénateurs ayant trait à l'éducation nationale. A cet effet, le ministre Maker Mwangu Famba a dit sans ambages, que la qualité de l'enseignement en République démocratique du Congo a complètement baissé. Cela, depuis plusieurs années. Toutefois, a-t-il souligné, les diagnostics sont faits, des mesures et des initiatives sont prises au regard des ressources disponibles.

Depuis 2010, le Gouvernement participe à l'évaluation diagnostique des systèmes éducatifs des pays de l'Afrique sub-saharienne dans le cadre du programme d'analyse des systèmes éducatifs de la Conférence des ministres de l'Education des Etats et Gouvernements de la Francophonie (PASEC) et des évaluations, d'origine anglophone, des habilités précoces en lecture et en écriture et en mathématique organisées lors des démarrages de certains projets.

Concernant le niveau de l'Enseignement primaire, l'orateur a précisé que les élèves de la RDC ont été classés en troisième position sur les dix pays francophones de l'Afrique Subsaharienne qui ont volontairement participé à l'enquête PASEC. La dernière enquête réalisée en 2013 et dont les résultats ont été consolidés en avril 2014 révèlent que,  entre 2010 et 2013, les performances scolaires des élèves en français et en mathématiques, sur l'échantillon national, se sont stabilisées, augurant ainsi un décollage certain à moyen terme si les efforts entrepris se poursuivent. Il a  aussi été constaté, au niveau provincial, des progrès substantiels au Kasaï Occidental et au Katanga, dans les deux matières testées. Qu'à cela ne tienne, le système éducatif présente encore des disparités liées au sexe de l'élève, à l'origine sociale de sa famille ou à des caractéristiques de l'environnement scolaire notamment le type d'école ou le sexe de l'enseignant. 

Ce qui interpelle la RDC à poursuivre les efforts dans la fourniture des manuels scolaires, l'augmentation du temps de la lecture, en faisant de celle-ci une branche à part entière et la création d'un environnement propice à la lecture pour tous.  Les enquêtes réalisées sur les élèves l'ont été aussi au niveau des enseignants, accusant des défaillances au niveau des compétences professionnelles dues essentiellement à la faiblesse de la formation initiale peu professionnalisant.

Pour relever le défi dans le domaine de la qualité de l'enseignement, le Gouvernement, par rapport aux objectifs prioritaires fixés, a mené les actions suivantes : la mise en place d'une structure de dialogue sectoriel destinée à la formation continue des enseignants dénommée Comité de concertation formation continue des enseignants (FCE) qui regroupe tous les partenaires éducatifs autour de la problématique de la formation des enseignements, l'élaboration d'un référentiel des compétences de l'enseignant, la construction de douze centres de ressources dans 8 provinces destinées à la formation continue  ou à distance des enseignants. C'est le cas du chef-lieu de la province de Bandundu et de la cité de Kenge, de Kimbanseke et de Gombe pour la ville de Kinshasa, de Kolwezi, Kalemie et Likasi pour la province du Katanga, de Mbandaka pour la province de l'Equateur, de Kasangulu pour le Bas-Congo, de Goma pour le Nord-Kivu et de Bukavu pour sud- Kivu. Prochainement, on va entamer ce projet dans les deux Kasaï et au Maniema.

Il faut ajouter à cela, a martelé Maker Mwangu Famba, l'acquisition et la distribution gratuite de plus de 37 millions de manuels scolaires de français, des mathématiques, des sciences et d'éducation civique et morale ainsi que les guides pédagogiques pour les enseignants pour les classes de 1ère à 6 ème années primaires pour tous les établissements publics et privés agréés d'enseignement primaire et la sélection de 2.600 candidats inspecteurs de façon à améliorer le niveau d'encadrement des enseignements. Ils sont présentement à leur dernière étape de formation, en vue d'améliorer le ratio inspecteur/ enseignants.

Au niveau du sous-secteur de l'Enseignement supérieur, universitaire et de la recherche scientifique, la formation continue ou le renforcement des capacités est une nécessité incontournable pour le personnel enseignant et administratif qui est appelé à se former ou à se recycler pour améliorer la qualité de ses prestations. Pour ce faire, le Gouvernement s'emploie à exécuter la politique de formation du personnel par le financement des séminaires de formation et des voyages scientifiques, la mobilité du personnel enseignant et administratif ainsi que les étudiants.

Environ 600 écoles primaires ont été détruites

Le ministre Maker Mwangu a dit en substance qu'environ 600 écoles primaires ont été détruites lors de derniers conflits armés dans la partie orientale. Fort de ce constat amer et dans le cadre du renforcement des capacités d'accueil consécutif notamment à l'afflux des élèves dû à la gratuité de l'enseignement primaire, en plus de l'évolution de la démographie normale, le Gouvernement a défini les normes techniques et les standards de qualité, privilégiant, entre autres, la construction des écoles de qualité à moindre coût par l'utilisation des matériaux locaux et la participation communautaire.

Depuis 2007, le Gouvernement de la République s'est engagé dans la construction et la réhabilitation des écoles à travers toute l'étendue du territoire national. Ce qui a permis de construire un millier d'écoles. Dans ce même ordre d'idées, le ministre Maker a dit que depuis 2013, le Gouvernement a mis en place un vaste programme de construction et de réhabilitation de 1.000 écoles par an à travers le territoire national dans le cadre d'un projet spécifique dénommé Projet de réhabilitation et de reconstruction des infrastructures scolaires. La première phase de ce projet de 500 écoles tend à sa clôture. La constitution des dossiers pour le démarrage de la deuxième phase est terminée et les travaux vont démarrer incessamment.

Dans le cadre de la réhabilitation des écoles de grande capacité d'accueil, à savoir, les ex-athénées, l'objectif est d'une école par province. C'est le cas de l'Athénée de la Gombe à Kinshasa, qui a déjà bénéficié de ce programme.

Par ailleurs, grâce à la stratégie de développement du sous-secteur de l'enseignement primaire et secondaire et du plan intérimaire de l'éducation, la RDC a été admise auprès du partenariat mondial pour l'éducation (PME) et a obtenu un financement de 100 millions de dollars américains dont 25 % sont destinés à la construction des infrastructures scolaires. L'admission de la RDC auprès du PME lui a aussi permis de bénéficier d'autres financements pour la construction et la réhabilitation des écoles.

Ce qui va sans dire que le Gouvernement congolais fournit d'énormes efforts et d'importantes ressources sont mobilisées pour améliorer le cadre d'apprentissage et accroitre la capacité d'accueil de nos écoles. Mais beaucoup reste encore à faire, a souligné le ministre. C'est ainsi qu'il a remercié le Parlement bicaméral congolais qui est l'autorité budgétaire pour avoir souscrit à la politique du Gouvernement d'accroître la part du budget alloué au secteur de l'enseignement national qui a atteint aujourd'hui 16%.

Rémunération

En ce qui concerne le volet de la rémunération, le ministre Maker Mwangu a souligné que cette question concerne  l'ensemble du personnel de toutes les administrations. Il convient de rappeler que la rémunération d'un agent est constituée des rubriques ci-après : le salaire ou traitement de base, les primes et les avantages sociaux.

En conclusion, le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel a rappelé l'importance de l'éducation qui s'impose aujourd'hui comme le levier du développement durable des pays. Il a insisté que l'éducation est une priorité. C'est un investissement pour l'avenir et l'enseignant en est le principal artisan.

En adoptant ce projet de loi, les sénateurs vont permettre au Gouvernement d'entrer en possession d'un référentiel fondamental pour rendre disponibles les voies de mise en œuvre des dispositions de la loi-cadre relatives à la gestion du personnel enseignant, a conclu Maker Mwangu.

Après l'intervention du ministre, le président du Sénat Kengo wa Dondo a déclaré que le débat sur ce projet de loi est clos. Il a donné un délai de 10 jours à la commission socioculturelle pour faire le toilettage de ce texte en vue d'y introduire des amendements soulevés par les représentants du peuple à la chambre haute du Parlement.

Abadengo Nduka et Camus Kinkumi