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RDC : KOBLER assume pleinement sa fonction en toute responsabilité

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Président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, Samy Badibanga estime même qu’il faut encourager M. Kobler,  dans sa démarche. «Nous remercions le Représentant spécial du SG de l’Onu en RDC, M. Martin Kobler, pour l’initiative qu’il a prise de réunir les opérateurs politiques, des dirigeants de la CENI ainsi que des activistes de la Société civile afin d’échanger sur la situation du pays», a-t-il déclaré  d’entrée de jeu. Avant d’insister : «Je tiens à le dire haut et fort : en prenant cette initiative, M. Kobler assume pleinement sa fonction en toute responsabilité. En effet, l’article 14 alinéa b de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité du 28 mars 2013 lui donne la mission de bons offices pour promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises en vue de favoriser la réconciliation,  la démocratisation et d’encourager l’organisation des élections provinciales et locales crédibles et transparentes. Or, cette mission n’a pas encore été accomplie».

Cela aura été la vraie  saga de l’année. Le samedi 31 mai 2014, le Chef de l’Etat a convié à une audience, les Ambassadeurs et Chefs des Missions Diplomatiques   accrédités  en RDC- ceux-là   qu’il n’a plus  rencontrés dans le même cadre,  depuis plus de trois ans, même pas pour des cérémonies de vœux,  comme cela est de tradition chaque année dans tous les pays du monde. Mais,  le plus important dans l’affaire, c’est le mobile à la base de la réunion. Joseph Kabila  a, en effet,  sorti l’artillerie lourde,  pour   mettre en garde  ces diplomates. Passé la surprise, l’Opposition donne à son tour de la voix,  pour réagir aux propos du Chef de l’Etat. Président du Groupe parlementaire UDPS et Alliés, le principal groupe d’Opposition à l’Assemblée Nationale, Samy Badibanga Ntita s’est confié à la presse,  à la sortie de la plénière de ce hier lundi 2 juin, au Palais du Peuple.  Globalement, il encourage Martin Kobler, dans sa mission de bons offices en vue d’un consensus à l’issue d’un Dialogue  politique sans exclusive avec toutes les parties prenantes  congolaises, conformément à  l’article 14 alinéa b de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité du 28 mars 2013.

Pour tout dire, le clou de la sortie de Joseph Kabila devant les ambassadeurs,  le samedi dernier a été incontestablement cette attaque en règle contre ce qu’il a qualifié d’ingérence dans les affaires intérieures congolaises. Faisant allusion aux rumeurs sur de nouvelles concertations entre des formations politiques et la CENI dans une chancellerie, le Président de la République a «dénoncé les initiatives de certains de nos partenaires extérieurs qui donnent l’impression de vouloir créer anarchiquement des structures parallèles aux institutions légitimes en place en RDC,  pour gérer des questions relevant constitutionnellement de ces dernières. Pareilles initiatives seraient, selon le Chef de l’Etat, nulles et de nul effet car ne répondant à aucune sollicitation des institutions étatiques de la RDC qui n’est pas un pays sous tutelle».

Sur le  vif

Envolées oratoires  sur un ton particulièrement souverainiste, franchement, Kabila a dû être piqué au vif pour réagir de la sorte. Mais, au juste,  qu’est-ce qui est à la base de cette royale colère ? Rien moins qu’une série de rencontres organisées à la MONUSCO par Martin Kobler, le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC, avec certains  Représentants des partis politiques de la majorité et de l’opposition, de la CENI et de la Société civile en vue de créer un climat politique apaisé à la veille des prochains scrutins.

A l’Opposition, l’on s’inquiète.

Président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, Samy Badibanga estime même qu’il faut encourager M. Kobler,  dans sa démarche. «Nous remercions le Représentant spécial du SG de l’Onu en RDC, M. Martin Kobler, pour l’initiative qu’il a prise de réunir les opérateurs politiques, des dirigeants de la CENI ainsi que des activistes de la Société civile afin d’échanger sur la situation du pays», a-t-il déclaré  d’entrée de jeu. Avant d’insister : «Je tiens à le dire haut et fort : en prenant cette initiative, M. Kobler assume pleinement sa fonction en toute responsabilité. En effet, l’article 14 alinéa b de la résolution 2098 du Conseil de Sécurité du 28 mars 2013 lui donne la mission de bons offices pour promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises en vue de favoriser la réconciliation,  la démocratisation et d’encourager l’organisation des élections provinciales et locales crédibles et transparentes. Or, cette mission n’a pas encore été accomplie».

A la question de savoir si cette partie de la Résolution 2098 ne s’est pas réalisée avec l’organisation des Concertations nationales, Samy Badibanga a répondu par la négative. «Il est ici question d’un Dialogue politique sans exclusive avec toutes les parties prenantes congolaises. Les fameuses Concertations n’ont réuni qu’une seule famille politique, avec juste quelques forces politiques instables et sans réelle consistance. En plus, ce Dialogue politique recommandé doit être initié par le Chef de la MONUSCO. Ce qui n’a pas été le cas des Concertations», tranche-t-il.

Souveraineté ?

En fin de compte, le chef de l’opposition parlementaire congolaise estime qu’on ne devrait pas évoquer dans ce cas le cadre de souveraineté. «Ce serait faire d’une lecture sélective, car n’oublions pas que c’est la même résolution qui a créé la Brigade d’intervention qui a permis de vaincre la rébellion du M23. Donc, la communauté internationale intervient déjà dans nos affaires de souveraineté que sont la défense et la sécurité. On ne peut pas applaudir la même résolution 2098 quand elle vous arrange  et la rejeter lorsqu’elle institue un dialogue politique. En outre, on ne peut pas oublier que la communauté internationale nous apporte une aide technique et financière substantielle dans l’organisation des élections. J’encourage donc M. Martin Kobler et les diplomates amis à continuer leurs missions de bons offices pour permettre le consensus entre les divers protagonistes congolais», a ajouté M. Badibanga.

S’inspirant, en définitive,  de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le leader de l’UDPS et Alliés indique que, même en RDC,  "tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, la liberté de réunion et d'associations pacifiques. Ceci implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit".

[Journal La Prospérité, Le 03/05/2014]