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RDC : La réforme de la Fonction publique au point mort

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Un mauvais après-midi passé à l'Assemblée nationale par le Ministre de la fonction publique mercredi, journée réservée au contrôle parlementaire. Jean Claude Kibala a été sous le feu des critiques acerbes des députés nationaux toutes tendances confondues, suite à l'échec constaté dans le processus de la réforme de la Fonction publique entamée depuis 2009.C'est dans le souci de savoir où en était le gouvernement avec ce processus que le député Mirindi Tshanangabo a adressé au Ministre de la Fonction Publique une question orale avec débat. 

Dans cette question, l'auteur a commencé par montrer combien l'administration publique peut jouer un rôle important dans un pays même en cas de crise politique ou institutionnelle aigue. C'est le cas, a-t-il illustré, de ce qui s'est passé en Italie vers les années 80 où, pendant cinq ans de crise, le pays a été bien géré grâce à une administration publique bien organisée, équipée et neutre. 

Même chose en Belgique où tout récemment, a ajouté le député Mirindi, cette administration a joué le même rôle pendant trois ans. Malheureusement, ce dernier regrette qu'en République démocratique du Congo, l'administration publique est gangrénée par plusieurs maux dont la corruption, la concussion,…à l'origine de la faiblesse du rendement des agents de l'Etat. Aussi, pour mettre fin à cette situation déplorable, le gouvernement avait entrepris de lancer la réforme de l'administration publique en 2009. Mais cinq ans après, le tableau de cette réforme brossé par l'honorable Mirindi au cours de la plénière de ce mercredi demeure toujours sombre. " Nous avons des agents et fonctionnaires immatriculés et payés par des très bas salaires ; des agents et fonctionnaires immatriculés et non payés ; des agents et fonctionnaires immatriculés, mais qui ne perçoivent que des primes ; des agents et fonctionnaires immatriculés qui ne bénéficient ni des primes, ni des salaires ; des agents et fonctionnaires non matriculés qui ne touchent que des primes ; des agents et fonctionnaires non payés alors qu'ils travaillent ; des agents jamais avancés en grade ; les agents dont l'âge de la retraite est largement dépassé ; des agents mis à la retraite, mais qui, depuis des années, attendent de toucher leur pension de retraite ; des agents qui travaillent au delà du délai légal ; Non achèvement du recensement biométrique institué en 2009… ", a énuméré l'auteur de la question orale. Invité à rencontrer ces préoccupations, le Ministre de la Fonction Publique, dans une longue rhétorique, a présenté certains axes de la réforme déjà amorcés par son ministère. Il a cité par exemple le recensement biométrique amorcé dans quatre provinces. 

S'agissant par ailleurs des différents maux qui gangrènent la fonction publique en République Démocratique du Congo, Jean Claude Kibala a attribué cette situation à ce qu'il a qualifié de politisation de l'administration publique. Intervenant lors du débat qui a suivi la réponse du ministre, la quasi-totalité des députés n'ont pas été convaincus par ses réponses. Presque tous ont fustigé le dysfonctionnement de la fonction publique et accusé le ministre   de plus de passivité face aux problèmes qui se posent dans son secteur. Ceci permet déjà d'imaginer la conclusion de l'auteur de la question orale qui au regard des reproches faits au ministre n'hésitera pas à transformer sa question orale en une interpellation.

Freddy Longangu