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RDC : Incohérence dans l’exécution du budget 2012, Fridolin KASWESHI not guilty

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Le ministre de l’Aménagement du territoire, Urbanisme et Habitat, Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, Fridolin Kasweshi Musoka, a balayé d’un revers de la main les accusations portées contre lui par le député Likinda Bolom’Elenge sur une prétendue incohérence dans l’exécution du budget 2012, spécialement dans le volet portant sur les infrastructures des provinces et des entités territoriales décentralisées.

L’autre point de débat pour lequel Fridolin Kasweshi a été convié à l’hémicycle, dans le cadre du contrôle parlementaire hier mercredi 8 mai, s’est avéré vide de sens. Motif : le document à la base du débat, à savoir la lettre référencée n°CAB/MIN-ITPR/1720/STP/JM/2012 du 24 septembre 2012 concernant le paiement d’un montant de 336 mille dollars en faveur de l’entreprise ENGETEC sprl, est apparu comme « un faux en écriture » pour lequel une action est en cours en justice.

Laquelle a été initiée par le ministre de l’ATUH-ITPR par la lettre CAB/MIN-ATUHITPR/GM/JM/2012 du 17 décembre 2012.

Dans sa requête, le ministre Kasweshi s’est exprimé en ces termes : « …Vérification faite de l’authenticité de deux lettres précitées auprès du secrétariat du cabinet, il appert que le numéro 1720 dont la référence réelle dans notre classement est CAB/MIN-ATUHITP/1720/GM/JM/2012 du 27 septembre 2012 et non pas du 24 septembre 2012, est une lettre signée par le directeur de cabinet adjoint, en l’absence du directeur de cabinet, portant accusé de réception adressée au coordonnateur de l’unité d’appui à l’Aménagement du territoire pour la tenue d’une réunion. J’ai déposé la copie de cette lettre au bureau de l’Assemblée nationale.

Le numéro 0389 repris sur la supposée lettre de régularisation de marché en faveur d’ENGETEC est, dans notre classement, un accusé de réception signé par le directeur de cabinet adjoint, en l’absence du directeur de cabinet, adressée au directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux au sujet d’une demande de visa en faveur de deux ingénieurs de SINOHYDRO dont la référence réelle est CAB/MIN-ITPR/389/CL/CL/2011 du 18 mars 2011 et non pas du 30 mars 2011. Les deux documents provenant du secrétariat de mon cabinet ont été présentés séance tenante à l’honorable Likinda, à titre de preuve ».

Fridolin Kasweshi a, à cet effet, fait remarquer que la lettre du 24 septembre 2012 ainsi que la supposée lettre de régularisation de marché du 30 mars 2011 auxquelles le député Likinda a fait allusion, est un faux.

Pour contrer ce réseau d’inciviques, Fridolin Kasweshi, au-delà de la saisine de la justice, a dit avoir sollicité la suspension immédiate de toute action en vue du paiement de ce dossier.

Existence d’un réseau maffieux

Au regard des éclaircissements apportés par le ministre Kasweshi, l’analyse de la lettre ayant fait usage de faux en écriture a fait ressortir, entre autres incohérences, l’imitation de sa signature.

Aussi, le faussaire dans l’ignorance des habitudes administratives, a-t-il adressé sa correspondance au vice-Premier ministre, ministre du Budget sans tenir informé par copie le Premier ministre.

« Cette omission ne reflète pas les usages en la matière au ministère de l’Aménagement du territoire, Urbanisme, Habitat, Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction », a renseigné Fridolin Kasweshi. Et d’ajouter : « De même, le faussaire ignore que les documents signés par moi ou par le collègue assurant mon intérim portent toujours le sceau sec du ministère ; le cachet humide étant réservé aux directeurs de cabinet titulaire et adjoint.

Or, la lettre adressée à son Excellence Monsieur le vice-Premier ministre, ministre du Budget porte un cachet humide. En sus, la référence de la lettre en cause ne correspond pas au type usuel de mon cabinet. En effet, depuis l’avènement du gouvernement actuel, le numéro de référence de tout courrier émanant du cabinet reprend l’acronyme du ministère dans son entièreté, à savoir  MIN-ATUHITPR et non MIN-ITPR comme repris sur ladite lettre».

A la lumière des explications fournies, la représentation nationale a été convaincue que le ministre Fridolin Kasweshi Musoka n’a aucunement induit le vice-Premier ministre en charge du Budget en erreur.

Au contraire, la clairvoyance qu’il a fait montre a révélé l’existence des personnes auteurs d’actes délictueux contre la République. Il va de soi, de la prise des mesures administratives à l’endroit des membres de cabinets du gouvernement pour des comportements jugés peu responsables.

S’agissant du taux d’exécution des allocations budgétaires de l’ordre de 110 milliards francs congolais prévus au chapitre 88400, libellé comme infrastructures des provinces, ETD et la répartition par province et par ETD, le ministre de

l’ATUH-ITPR a éclairé la lanterne de la représentation nationale sur le fait que cela ne relevait pas de sa compétence.

Toutefois, il a évalué, à hauteur de 93 930 000 000 de francs congolais, les besoins exprimés en 2012 se rapportant au programme de réhabilitation des routes et voiries de toute la République.

« …En ce qui concerne la gestion des crédits d’investissements des provinces par le gouvernement central, les prescrits de la règlementation stipulent que cette matière est de la compétence provinciale… », a-t-il déclaré.

Le ministre a également fait savoir la volonté politique tant du côté du pouvoir central que des provinces, pour le transfert effectif de cette compétence.

[PITSHOU MULUMBA]