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Floué par la Majorité : Le PALU injecté au sein du bureau de l’Assemblée nationale

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Le dépôt de candidatures aux différents postes s’est poursuivi dans l’ignorance du PALU. Aux dernières nouvelles, le poste de 1er vice-président de la Chambre basse du Parlement aurait été finalement attribué à Mwando NSIMBA. Du coup, le PALU, qui tenait à la candidature de Godefroid MAYOBO, se considère comme floué par ses partenaires de la MP. Il court ainsi le risque de ne pas être représenté au sein du bureau de la nouvelle Assemblée nationale ! Ce court-circuitage met en mal l’harmonie, la discipline et la cohésion tant recherchées au sein de la famille politique de Joseph KABILA. Toutefois, une question reste sur toutes les lèvres : l’absence du PALU restera-t-elle sans conséquence sur son appartenance à la Majorité ? A moins que le partage des responsabilités dans le gouvernement vienne rétablir les équilibres perdus.

 La mise en place du bureau de l’Assemblée nationale a réveillé les vieux démons de la ruse et de la diabolisation au sein de la classe politique. Aucune famille politique n’est épargnée. A la Majorité, c’est le Palu de Gizenga qui laisse des plumes. Les opposants, quant à eux, se soupçonnent au point que la Majorité pourrait jouer le rôle d’arbitre pour les départager. Court-circuitage et cacophonie !

La répartition des postes au sein du Bureau de l’Assemblée nationale offre une nouvelle occasion pour la classe politique d’étaler son incapacité à jouer franc-jeu. Des coups bas et des stratégies de diabolisation sont permis, au détriment de la qualité de la démocratie congolaise. Le respect des principes démocratiques est battu en brèche par ceux-là mêmes qui, au Congo qui se veut démocratique, prétendent défendre et animer la démocratie.

La cohésion et la discipline tant réclamées au sein de la Majorité présidentielle sont mises à mal par l’exigence de l’expression des ambitions de ses sociétaires. Ceux-ci ne semblent pas marcher quand il leur est demandé d’inhiber leurs ambitions politiques. Ils sont pour une autonomie légitime quant à ce.

Ce son de cloche vient, notamment, du Parti lumumbiste unifié (Palu) du patriarche d’Antoine Gizenga. De la répartition, il est apparu que le Bandundu, qui constitue le bastion naturel du Palu, est attribué au PPRD. Lors d’une concertation, le principe avait été acquis. A l’occasion, le Palu s’est vu attribuer le poste de 1er vice-président, à la condition de choisir un élu katangais.

Alors que le Palu s’apprêtait à relancer les pourparlers, l’un de ses élus a été poussé à déposer sa candidature, sans l’approbation du Cenal, l’organe décisionnel de ce parti historique. Pour un cadre de ce parti politique, «il s’agit d’une volonté de nous couper de notre base». Et de poursuivre : «s’il nous a été empêché de présenter notre candidat à ce poste, Godefroid Mayobo, à cause de la géopolitique, il fallait nous laisser désigner, en toute liberté, qui représenterait le parti au bureau de l’Assemblée nationale». Dans la soirée du samedi 7 avril 2012, le candidat Justin Kiluba a retiré la candidature qu’il avait présentée quelques heures auparavant. «Au Palu, on ne transige pas avec la discipline», aurait lâché ce cadre du Palu dans un soupir de soulagement.

D’autre part, le Palu regrette que ses partenaires de la MP n’aient pas laissé la possibilité d’une issue autre que l’unique élu Palu du Katanga. Le parti du patriarche Gizenga souhaitait proposer un élu de Kinshasa, deuxième bastion du Palu, voire un élu de Kinshasa ayant des origines katangaises. Au besoin, il aurait souhaité tronquer ce poste contre celui de Rapporteur. Or, ce poste reviendrait au Kasaï !

Toutes ces propositions venant du Palu ayant été rejetées, sans qu’un compromis n’intervienne. Le dépôt de candidatures aux différents postes s’est poursuivi dans l’ignorance du Palu. Aux dernières nouvelles, le poste de 1er vice-président de la Chambre basse du Parlement aurait été finalement attribué à Mwando Nsimba, Informateur qui a procédé à l’identification de la majorité parlementaire.

Du coup, le Palu, qui tenait à la candidature de Godefroid Mayobo, se considère comme floué par ses partenaires de la MP. Il court ainsi le risque de ne pas être représenté au sein du bureau de la nouvelle Assemblée nationale ! Ce court-circuitage met en mal l’harmonie, la discipline et la cohésion tant recherchées au sein de la famille politique du président Kabila.

Toutefois, une question reste sur toutes les lèvres : l’absence du Palu restera-t-elle sans conséquence sur son appartenance à la Majorité ? A moins que le partage des responsabilités dans le gouvernement vienne rétablir les équilibres perdus.

CACOPHONIE A L’OPPOSITION

Suivant le règlement intérieur révisé de la Chambre basse du Parlement, il est prévu que deux postes au sein du bureau soient réservés à l’Opposition. Il s’agit notamment, de poste de 2ème vice-président que reluque Timothée Kombo Nkisi, l’actuel président du bureau provisoire. Ce député élu sous les couleurs de l’UDPS/Tshisekedi ne serait plus en odeur de sainteté avec son parti. Présenté comme exclu de l’UDPS, l’Opposition le renierait et le ferait passer pour un membre de la MP. Comme pour confirmer ces soupçons, un porte-parole de la Majorité a laissé entendre que la candidature de Kombo Nkisi pourrait bénéficier de l’appui de la famille présidentielle.

Les candidatures d’Anzuluni Bembe de l’Union sacrée pour le changement (USC), Samy Badibanga de l’UDPS/Tshisekedi, au même poste ne font pas non plus l’unanimité au sein de l’Opposition. Il en est de même des candidatures de Tshimanga Buana de l’ADR au poste de rapporteur adjoint. Ce transfuge du MLC est soupçonné d’appartenir à la MP ou d’être manipulé par cette dernière. Plurielle, l’Opposition bascule dans la confusion qui ne peut pas lui profiter. Faisant par la même occasion le jeu de la MP qui peut facilement procéder au débauchage.

Toutefois, dans la soirée du samedi 7 avril 2012, il nous revient qu’un modus vivendi aurait été trouvé afin de laisser à l’Opposition le loisir de se choisir, en toute indépendance, ses représentants au bureau de l’Assemblée nationale. Le modus operandi n’étant pas clairement défini, la cacophonie qui règne au sein de l’Opposition n’augure rien de cohérent de ce côté.

La machine de la diabolisation est déjà en marche pour écarter les adversaires potentiels. Entre les élus Kombo Nkisi, Anzuluni Bembe et Badibanga, encore une fois, le dernier mot risque de revenir à la Majorité, si l’Opposition ne se montre pas capable de parler le même langage.

[Le Potentiel]