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RDC : « Joseph KABILA » interdit la couverture médiatique du procès MUTAMBA

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Mercredi 18 mars 2015, c’est la première audience du procès qui oppose le Ministère public au défenseur des droits de l’Homme Christopher Ngoy Mutamba devant le tribunal de Grande instance de Kinshasa/Matete. Venus couvrir ce procès, les journalistes ont été surpris de trouver une circulaire du directeur de la prison interdisant l’accès à la presse en cette journée. Ainsi, dès l’ouverture de l’audience, le collectif de la défense, avec à sa tête le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, a introduit sur-le-champ une requête pour la couverture médiatique de toutes les audiences de cette affaire.

Présenté à la presse nationale et internationale à Kinshasa par le vice-Premier ministre Evariste Boshab comme instigateur des troubles enregistrés En République démocratique du Congo (RDC) après l’adoption de la modification de la loi électorale par l’Assemblée nationale, le défenseur des droits de l’Homme Christopher Ngoy exige la présence des médias à son procès.

Mercredi 18 mars 2015, c’est la première audience du procès qui oppose le Ministère public au défenseur des droits de l’Homme Christopher Ngoy Mutamba devant le tribunal de Grande instance de Kinshasa/Matete qui siège en chambre foraine à la Prison centrale de Makala. 

Plusieurs personnes ont envahi la salle, surtout que l’organe de la loi poursuit ce prévenu pour quatre préventions : avoir répandu de faux bruits dans l’opinion en déclarant que le président Joseph Kabila va postuler un troisième mandat ; avoir provoqué la désobéissance aux lois en incitant la population au cours des journées folles du 19, du 20 et du 21 janvier 2015 à assaillir le Palais du peuple pour empêcher les parlementaires de siéger ; avoir provoqué la violence contre les Chinois ; avoir provoqué la haine contre les Chinois.

Venus couvrir ce procès, les journalistes ont été surpris de trouver une circulaire du directeur de la prison interdisant l’accès à la presse en cette journée.

Ainsi, dès l’ouverture de l’audience, le collectif de la défense, avec à sa tête le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, a introduit sur-le-champ une requête pour la couverture médiatique de toutes les audiences de cette affaire.

Raison avancée : violant le principe de la présomption d’innocence, le gouvernement avait appelé la presse nationale et internationale pour présenter Christopher Ngoy Mutamba à l’opinion comme étant le principal instigateur des troubles ayant émaillé ces journées où l’on a déploré des morts.

Pour la défense donc, il fallait, pour un procès équitable, que la même opinion soit informée du déroulement du procès par l’entremise de la presse.

La juridiction d’appel va décider de l’opportunité de la médiatisation

Après avoir pris cette exception en délibéré, le tribunal l’a déclaré non fondée. Le président de la chambre a signifié aux avocats qu’ils auraient dû s’adresser d’abord à la hiérarchie. Comme ils ne l’ont pas fait, les audiences doivent se tenir sans la présence des journalistes.

Non content de ce jugement avant-dire-droit interdisant la médiatisation de son procès, le prévenu Christopher Ngoy Mutamba a interjeté appel sur le banc contre la décision en question. 

L’appel étant suspensif, le tribunal a été dans l’obligation de décréter la surséance de l’instruction, en attendant que la Cour d’appel de Kinshasa/Matete puisse se prononcer. 

C’est donc la juridiction d’appel qui va décider de l’opportunité ou de l’inopportunité de la médiatisation de ce procès qui oppose l’avocat de la société à un défenseur des droits de l’Homme.