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RDC : Christopher NGOYI, poursuivi pour 11 chefs d’accusations

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Le défenseur des droits de l’homme Christopher Ngoyi, arrêté le 21 janvier 2015 lors des manifestations contre la loi électorale à Kinshasa, a été présenté mardi 10 février au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Evariste Boshab, peu avant son déferrement à l’office du Procureur général de la République.

La police judicaire l’accuse d’être auteur ou co-auteur des troubles enregistrés pendant les manifestations contre la loi électorale, survenues du 19 au 22 janvier 2015 que des observateurs avisés ont qualifiés d’ « une révolution du type nouveau » en République Démocratique du Congo (RDC).

Ce célèbre proche partenaire du défenseur universel des droits de l’homme Floribert Chebeya, assassiné en juin 2010 dans les locaux de l’ex Inspection générale de la police, est poursuivi, selon la police judiciaire, pour onze (11) chefs d’accusations:

  1. Incendie volontaire
  2. Destruction méchante
  3. Propagation de faux bruits
  4. Propagande subversive
  5. Incitation à la désobéissance civile
  6. Incitation à la violence
  7. Incitation à la haine raciale
  8. Incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline
  9. Association de malfaiteurs
  10. Attentat et complot tendant à porter le massacre, la dévastation ou le pillage
  11. Atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.

Les manifestations organisées par l’opposition contre la loi électorale avaient dégénéré en émeutes en janvier dernier. Elles ont fait 27 morts, selon le gouvernement. Mais certaines organisations des droits de l’homme font état d’un bilan plus élevé. La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) parle de 42 morts.

Après ces manifestations, des organisations des droits de l’homme avaient dénoncé « l’enlèvement » de Christopher Ngoyi par des militaires alors que le défenseur des droits de l’homme partageait un verre avec ses amis dans une terrasse.

Il appartiendrait à la justice de « départager en toute indépendance »

Présents lors la présentation de leur collègue au ministre de l’Intérieur, les activistes des droits de l’homme se disent contents de l’avoir vu en bonne santé et attendent que Christopher Ngoyi présente ses moyens de défense devant le juge.

Cité par Radio Okapi, le vice-Premier ministre Evariste Boshab a affirmé qu’il appartiendrait à la justice de départager « en toute indépendance » l’enquêteur et le militant des droits de l’homme.

Apparu en bonne santé, Christopher Ngoyi « est bel et bien vivant », a tenu à rassurer Me Evariste Boshab, à l’issue des inquiétudes formulées par plusieurs organisations de défense des droits de l'homme à Kinshasa.

La police accuse Ngoyi de vouloir « renverser les institutions de la République »

« M. Ngoy Mutamba fait partie des organisateurs des manifestations de rue  dont le but déclaré était de renverser les institutions de la République », a affirmé le commissaire provincial adjoint chargé de la police judiciaire de Kinshasa. « D'autres personnes seront appelées prochainement comme lui devant la justice pour les mêmes faits », ont indiqué les autorités.

Ces manifestations violentes et meurtrières avaient éclaté à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays pour dénoncer le projet de loi électorale alors examiné par le Parlement, avant de dégénérer en émeutes et pillages.

La contestation a été violemment réprimée et 27 à 42 personnes, selon les sources, ont été tuées au cours de ces troubles.

La contestation s'était cristallisée autour d'une disposition du projet de loi qui aurait pu permettre au président Joseph Kabila, en poste depuis 2001, de rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat fin 2016.

Plusieurs opposants estiment que la nouvelle loi, adoptée le 25 janvier 2015, risque toujours d'entraîner un report de la présidentielle de 2016.