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RDC : Bukavu transformée en une jungle

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Le procureur général près la Cour d’appel de la ville de Bukavu, située sur la rive sud-ouest du Lac Kivu et la capitale de la province du Sud-Kivu, a suspendu trente-trois magistrats. A en croire des sources crédibles, le procureur allègue dans sa lettre transmise aux autorités de Kinshasa, avec liste en annexe, que les magistrats concernés sont ingérables. Grief que les magistrats balayent du revers de la main,  expliquant que depuis près de trois ans, non seulement le procureur général n’a ouvert un dossier disciplinaire à aucun d’entre eux, mais aussi et surtout la plupart des magistrats ont été cotés. Ils se demandent ainsi si le fait d’aller en grève, du reste un droit garanti par la Constitution fait automatiquement qu’ils deviennent ingérables. » Il n’y a pas de mauvaises troupes, il n’y a que de mauvais chefs « , ont-ils expliqué à qui voulait les entendre. C’est cette réalité implacable qui semble s’expliquer pour les trente-trois magistrats de Bukavu,  interdits d’accéder à leur lieu de travail voici déjà deux mois.

Il faut à tout prix aider Joseph Kabila qui tient au bon fonctionnement des institutions de la République. Ce n’est malheureusement pas le cas pour la ville de Bukavu/Sud-Kivu où le procureur général près la Cour d’appel a suspendu trente-trois magistrats.

En effet, pour se couvrir vis-à-vis de la hiérarchie quant à la grève observée un mois plus tôt par les magistrats de son ressort, le procureur général près la Cour d’appel de Bukavu n’a trouvé mieux que de suspendre trente-trois magistrats sur les quarante que comptent les Cours et Tribunaux de la ville de Bukavu.

A en croire des sources crédibles, le procureur allègue dans sa lettre transmise aux autorités de Kinshasa, avec liste en annexe, que les magistrats concernés sont ingérables. Grief que les magistrats balayent du revers de la main,  expliquant que depuis près de trois ans, non seulement le procureur général n’a ouvert un dossier disciplinaire à aucun d’entre eux, mais aussi et surtout la plupart des magistrats ont été cotés. Ils se demandent ainsi si le fait d’aller en grève, du reste un droit garanti par la Constitution fait automatiquement qu’ils deviennent ingérables.

 » Il n’y a pas de mauvaises troupes, il n’y a que de mauvais chefs « , ont-ils expliqué à qui voulait les entendre. C’est cette réalité implacable qui semble s’expliquer pour les trente-trois magistrats de Bukavu,  interdits d’accéder à leur lieu de travail voici déjà deux mois.

L’opinion s’interroge comment le procureur général près la Cour d’appel de Bukavu peut se comporter de la sorte dans une province qui a connu les affres de la guerre, cette province où les habitants ont plus que jamais besoin de la justice et de la paix et où la criminalité est accentuée à cause des forces négatives encore en activité. Par cet acte, non seulement le procureur général a fait que la justice soit en souffrance dans la ville de Bukavu, mais aussi est allé jusqu’à solliciter de Kinshasa la mutation de trente-trois magistrats mis en cause.

Et pourtant,, il n’est pas sans savoir que déplacer les trente-trois magistrats et leurs familles en cette période où le pays est confronté au problème des élections n’est pas un simple jeu d’enfants car il faut beaucoup d’argent, cet argent pour lequel ils sont allés en grève et qu’ils recherchent à tout prix, à la manière de Diogène avec sa lampe en plein soleil pour voir s’il ya un homme qui soit juste.

De deux maux, il est à souhaiter que les autorités de Kinshasa, dans ce dossier, privilégient le moindre. Et le moindre, selon les Cartésiens, serait de déplacer non les magistrats dont la mutation est sollicitée par le procureur général près la Cour d’appel de Bukavu, mais le procureur lui-même, lui qui se dit incapable de gérer des gens qu’il a pourtant gérés et même bien cotés depuis un peu plus de trois ans.

Le plus tôt serait le mieux, pour que les populations de cette ville qui ont longtemps souffert des affres de la guerre puissent enfin retrouver, à travers la justice, la paix et la quiétude.

[Valentin Wakudinga]