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RDC : Le PGR à l'obligation de faire transférer le député DIOMI dans une clinique spécialisée

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Les membres de famille du député Diomi Ndongala ont rapporté à l'Association Congolaise pour l'Accès à la Justice (ACAJ) que ce dernier fait de crises aigues de nerf sciatique accompagnées d'autres pathologies aggravées par les mauvaises conditions de sa détention, et qu'il lui faut des soins appropriés dans une clinique comme Ngaliema et non à l'hôpital militaire du Camp Kokolo. Et que sa vie serait en danger s'il n'est pas transféré dans une clinique spécialisée sans délai. L'ensemble des règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus, le service médical auquel le détenu malade a droit sous-entend un établissement hospitalier pourvu d'un personnel suffisamment formé, d'un matériel, d'un outillage et des produits pharmaceutiques permettant de donner les soins et le traitement convenables. " Tel n'est pas le cas de l'hôpital militaire du camp Kokolo ". " Le procureur général de la République a l'obligation de faire transférer, sans atermoiement, le député Diomi Ndongala dans une clinique spécialisée, sous surveillance policière, pour qu'il reçoive en urgence des soins médicaux compatibles avec les crises de nerf sciatique et autres pathologiques atroces dont il souffre actuellement ".

Dans un communiqué rendu public hier jeudi 25 juillet 2013 par L'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ), cette structure demande au procureur général de la République (PGR) de mettre fin à la détention préventive du député Eugène Diomi Ndongala, et le placer en résidence surveillée, tel que cela est prescrit par trois ordonnances de la Cour Suprême de Justice (CSJ).

Dans cette même logique, la Voix des sans voix a lancé, mercredi 24 juillet, un S.O.S annonçant que ce député " meurt à petit feu à la prison centrale de Makala ".

Cette Ong de défense et de promotion des droits de l'homme exprime ses vives craintes pour prisonnier, consécutivement à la détérioration sans précèdent de son état de santé suite à la privation de soins médicaux dont il est victime. Ce, depuis son incarcération au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa, (CPRK).

ACAJ rappelle qu'il existe bel et bien une différence, en droit,  entre la " prison " et la " résidence surveillée ", même si les deux ont comme mission de limiter la liberté de mouvement d'un accusé. La résidence surveillée offre plus d'avantages à l'accusé que la prison.

Par exemple, poursuit cette association, les logements de prisonniers à la prison de Makala ne répondent pas aux règles minima des Nations-Unies telles que l'hygiène, le cubage d'air, l'éclairage, la ventilation et l'existence d'installations sanitaires pouvant permettre au détenu, surtout malade comme le député Diomi Ndongala, de satisfaire à ses besoins naturels au moment voulu, d'une manière propre et descente.

Les membres de famille du député Diomi Ndongala ont rapporté à ACAJ que ce dernier fait de crises aigues de nerf sciatique accompagnées d'autres pathologies aggravées par les mauvaises conditions de sa détention, et qu'il lui faut des soins appropriés dans une clinique comme Ngaliema et non à l'hôpital militaire du Camp Kokolo. Et que sa vie serait en danger s'il n'est pas transféré dans une clinique spécialisée sans délai.

ACAJ rappelle qu'au terme du paragraphe 22, point 2 de l'ensemble des règles minima des Nations-Unies pour le traitement des détenus, le service médical auquel le détenu malade a droit sous-entend un établissement hospitalier pourvu d'un personnel suffisamment formé, d'un matériel, d'un outillage et des produits pharmaceutiques permettant de donner les soins et le traitement convenables. " Tel n'est pas le cas de l'hôpital militaire du camp Kokolo ", poursuit le communiqué.

" Le procureur général de la République a l'obligation de faire transférer, sans atermoiement, le député

Diomi Ndongala dans une clinique spécialisée, sous surveillance policière, pour qu'il reçoive en urgence des soins médicaux compatibles avec les crises de nerf sciatique et autres pathologiques atroces dont il souffre actuellement ", a déclaré Me Georges Kapiamba, président de l'ACAJ.

" Pour mériter davantage la confiance de l'opinion tant nationale qu'internationale, le PGR doit éprouver le devoir moral impérieux de soutenir et de faire progresser en tout temps le respect des principes d'un Etat de Droit dans sa sphère d'action ou d'influence, quelle qu'elle soit.

Il doit le faire sans se préoccuper de savoir s'il va, ce faisant, encourir la défaveur de l'autorité gouvernementale ou s'il marche à contre-courant des attentes politiques ", à déclaré Me Didier Kalemba, Chargé de protection à l'ACAJ.

ACAJ encourage vivement la victime à saisir le Comité des Nations-Unies contre la torture, et dénonce enfin le mandat d'amener lancé contre l'un de ses Avocats, Maitre Yala Tutu, par le Parquet de grande instance de Kinshasa/Matete sous RMP 80736/023/JNT, depuis le 24/06/2013, pour " outrage au Chef de l'Etat et atteinte à la sûreté de l'Etat ". Et depuis lors, il est contraint de vivre en clandestinité pour échapper à l'arrestation.

Se lançant dans la même logique, la VSV indique que malgré les souffrances visibles dues aux douleurs ressenties par la victime, les autorités politiques, judiciaires et pénitentiaires continuent à fouler aux pieds le droit d'Eugène Diomi Ndongala à bénéficier des soins médicaux appropriés, et ce, en dépit des recommandations des médecins.

Tout porte à croire que, conclut le communiqué de la VSV, " le harcèlement et l'acharnement dont fait l'objet l'opposant politique Eugène Diomi Ndongala sont consécutifs à ses activités politiques et relèvent d'une politique visant à réduire manifestement au silence les acteurs politiques de l'opposition non armée en République Démocratique du Congo ".

Pour la VSV, le succès du dialogue national franc et inclusif requiert l'écoute et l'acceptation mutuelle des points de vue divergents.

Ainsi, la VSV invite-t-elle les animateurs des institutions en place à donner des signaux positifs en faveur dudit dialogue national en procédant, entre autres, à la libération sans délais ni conditions de tous les détenus politiques ainsi que d'autres personnes innocentes qui croupissent à la PCM, à la Prison militaire de Ndolo, dans les geôles de l'ANR ainsi que d'autres lieux de détention en RD Congo.

Elle sollicite enfin le respect des règles minima de détention des Nations-Unies pour le traitement des détenus et exige le transfert sans délais ni condition de M. Eugène Diomi Ndongala pour des soins médicaux appropriés ; la cessation de la persécution des acteurs politiques de l'opposition non armée et d'autres victimes innocentes en général et celle de Diomi Ndongala en particulier.

[Lefils Matady ]