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Condamné pour viol : Un ami de «KABILA» menace une jeune fille qui l'a violée

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L’avocat de la fille déclarée violée par le député de la Majorité Présidentielle (MP), Adolphe Obusumba, condamné par la Cour suprême de justice (CSJ),  a annoncé samedi 05 janvier à Kinshasa sa décision « d’ouvrir une action judiciaire contre le secrétaire général de l’UCP (Union des Congolais pour le progrès), parti politique du condamné » pour avoir « porté atteinte à l’honneur » de sa cliente. La famille de Mireille Owale Kalema, qui s’inquiète de la situation de sa fille dont elle ignore officiellement le lieu de détention, a appelé « l’Etat congolais à protéger cette victime des violences sexuelles qui voulait sortir frauduleusement de son pays d’origine suite aux menaces de son violeur ». « Les menaces quotidiennes et les manœuvres tendant à insécuriser notre cliente et sa famille sont réelles. Les autorités du pays et les associations des droits de l’homme ont été en leur temps saisis », a expliqué Me Armand Lokeka Okito.

Mlle Mireille Owale Kalema, qui a été « prise au Maroc par la police marocaine avec un passeport sénégalais devant lui faciliter l’expatriation » et renvoyée à Kinshasa, a été arrêtée par les services de l’Immigration à son retour dans la capitale congolaise et mise à la disposition de la justice.

« Nous restons préoccupés. Nous nous demandons comment une fille, étudiante de son Etat, peut avoir eu tous ces passeports aussi facilement. Nous pensons qu’il y a une main noire, qui la dirige. C’est pourquoi nous voulons que cette organisation criminelle soit démantelée » a affirmé jeudi le secrétaire général de l’UCP, Bienvenu Akilimali  cité par Radio Okapi.

« La vérité vient d’éclater au grand jour. Nous demandons qu’il y ait révision de ce procès qui ne reposait pas sur la vérité. Aujourd’hui la fille a prouvé qu’elle est majeure. Nous voulons que l’honorable Adolphe Onosumba soit rétabli dans ses droits » a-t-il ajouté. 

 « Face à ce point de presse tenu dans le seul but de porter atteinte à l’honneur de notre cliente, en proférant des injures, des menaces et des diffamations graves, nous avons résolu d’ouvrir une action judiciaire contre le SG de l’UCP, parti politique du condamné », a annoncé Me Armand Lokeka Okito lors d’un point de presse de la famille de la victime, conduite par sa mère Hélène Sambolo.

« Pour que nul n’en ignore, l’irrégularité des documents de voyage de notre cliente n’a aucune incidence sur la condamnation de l’honorable Onusumba qui fut appréhendé la main dans le sac, après qu’il ait accompli sa forfaiture. Et que solliciter la révision du procès, propos du SG de l’UCP, est constitutif d’une insulte contre la Constitution et le pays tout entier. La condamnation de l’ex-honorable député national ne résulte pas du fait de viol sur mineure, mais découle des dispositions pertinentes de l’article 171 bis, dans on point 2 », a-t-il indiqué.

Appels à « protéger la victime »

La famille de Mireille Owale Kalema, qui s’inquiète de la situation de sa fille dont elle ignore officiellement le lieu de détention, a appelé « l’Etat congolais à protéger cette victime des violences sexuelles qui voulait sortir frauduleusement de son pays d’origine suite aux menaces de son violeur ».

« Les menaces quotidiennes et les manœuvres tendant à insécuriser notre cliente et sa famille sont réelles. Les autorités du pays et les associations des droits de l’homme ont été en leur temps saisis », a expliqué Me Armand Lokeka Okito.

Après avoir reconnu que, « depuis 2007,  le député Onusumba a supporté les études de Mireille depuis l’âge de 14 ans et de son frère aîné François Kalema qui a terminé son cycle universitaire », Mme Hélène Sambolo a lancé un appel pathétique au président Joseph Kabila et à Maman Olive Lembe Kabila à l’aider à faire libérer sa fille.

« Où je vais désormais trouver 250 dollars américains par trimestre pour payer les études de Mireille ? », s’est-elle désolée, fondant en chaudes larmes, en signalant qu’elle est présentement « sans adresse fixe » puisqu’obligée de changer constamment de logis « à cause des menaces ».

Signalant que « nous sommes dépourvus de moyens », François Kalema a demandé à « la main noire de laisser la justice faire son travail »

Extraits de l’arrêt de la CSJ

« Au moment de son arrestation, le prévenu a nié avoir eu des relations sexuelles avec la victime ce jour, mais il a reconnu les avoir eues plusieurs fois au cours des deux derniers mois. Devant la Cour, il a spontanément accepté avoir consommé des rapports sexuels avec la victime le jour et au lieu de son arrestation et d’avoir pris l’engagement de supporter la victime et son frère aîné depuis 2007 », dit l’arrêt du 28 septembre 2012.

Ayant « dit établie dans le chef du prévenu Adolphe Onusumba Yema, l’infraction de viol conformément aux articles 170 et 171 bis, point 2 du Code pénal congolais, livre II », la Cour suprême de justice (CSJ) l’a condamné le 28 septembre 2012 « de ce chef, avec admission des circonstances atténuantes invoquées dans le corps de l’arrêt, à douze (12) mois de servitude pénale principale et à cent molle (100.000) francs congolais constants à payer dans le délai légal ».

[Angelo Mobateli]