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RDC : Diplômé d’Etat pour quelle perspective ?

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Diplômé d’Etat pour quelle perspective ? Ce n’est pas un sujet de dissertation pour les finalistes du secondaire. Ce questionnement est à très large spectre. Il s’adresse à tout l’establishment, intelligentsia comprise. 

Au moment où les candidats à notre " bac national " entament leur marathon en vue de décrocher le précieux sésame, posons-nous de vraies questions. Ce, eu égard à la dégradation continue de la qualité de l’enseignement et par ricochet à la baisse du niveau des apprenants.

Tout écolier a-t-il vocation à embrasser le secondaire / cycle long ? Est-il vraiment indiqué que la quasi-totalité des élèves s’orientent vers des filières littéraires, pédagogiques, scientifiques, commerciales parce que "très tendances " au détriment des créneaux professionnels ? Une fois le diplôme d’Etat dans sa gibecière, est-il de bonne politique de voir tous les bacheliers investir indistinctement nos universités, instituts supérieurs et autres grandes écoles ? Poser cette kyrielle de questions, c’est déjà y répondre. 

Au fond, l’enseignement congolais souffre d’un manque de balises. On ne sait plus canaliser écoliers, élèves et étudiants. L’école étant devenue plus une fin en soi, un effet de mode, un rituel que le réceptacle des futurs cadres et techniciens dont le pays aura besoin. Ce qui suppose que l’Etat détermine ses besoins par rapport à la formation. C’est à l’aune des défis de développement que l’enseignement devrait pouvoir être organisé. Les filières devant répondre aux priorités du pays. 

A quoi bon fabriquer continuellement des diplômés d’Etat dont la société ne saurait absorber utilement ? A quoi bon décerner quantité de diplômes (graduat, licence…) à des récipiendaires dont, au mieux, le profil prédispose au chômage et qui, au pire, ne trouveront pas de débouchés ? Et comble de tout, à quoi bon poursuivre le rituel scolaire sans commencer à requalifier l’ordinaire de l’enseignant ? 

Car, on aura beau construire ou réhabiliter les écoles, mais tant que l’instituteur, le professeur, bref le professionnel de la craie sera sous-payé, il serait illusoire de parier sur un enseignement de qualité. Allez, bonne chance quand même à nos candidats bacheliers ! 

[José NAWEJ]