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Examen d'Etat en RDC : Deux poids deux mesures

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La session 2014 de l'examen d'Etat, qui a démarré par les préliminaires en février dernier en vue de sélectionner les  candidats autodidactes s'est poursuivie la semaine écoulée avec les jurys oral et pratique sur toute l'étendue du territoire national. Seulement, quelque chose vaut la peine d'être signalé, le fait qu'à Kinshasa les inspecteurs ayant été utilisés pour la passation de ces jurys ont quitté chacun sa province éducationnelle pour passer de l'autre côté. Et alors, pourquoi ne pas élargir cette mesure à l'ensemble du territoire national ? Pourquoi ce " deux poids deux mesures " ?

Pour la session 2014 de l'examen d'Etat, deux étapes sont bouclées. Les yeux de tous restent fixés sur les quatre jours traditionnels, à savoir la session ordinaire pour ainsi " boucler la boucle ". Mais, avant qu'on en arrive là, un mot sur l'étape qui vient d'être franchie ; celle des jurys oral et pratique.

A Kinshasa, on a  noté que non seulement les candidats n'ont pas eu à se produire devant leurs propres professeurs, mais aussi et surtout ils ont eu à découvrir les visages de nouveaux inspecteurs dans leurs centres respectifs, les uns comme chefs, les autres comme adjoints et pourquoi pas comme secrétaires des centres. Une démarche s'inscrivant dans la logique de la recherche de l'objectivité en évitant trop de familiarités entre Inspecteurs, chefs d'établissement, professeurs examinateurs et candidats. Une démarche qui ne peut qu'être encouragée puisque tendant à éviter les antivaleurs.

Mais puisqu'il s'agit d'un test qui se veut national, pourquoi ne pas faire que tous les candidats de notre pays soient placés dans les mêmes conditions et devant les mêmes réalités ? Cette innovation apportée dans le système peut se révéler soit positive soit négative. Et dans un cas comme dans un autre, il faut soit que ça favorise tous les candidats, soit que ça les préjudicie.

Ce qu'il faut signaler pour la ville de Kinshasa, c'est qu'inspecteurs, chefs d'établissement, professeurs et candidats se sont, pour cette première expérience, observés en chiens de faïence car, chacun s'est dit : " On ne sait jamais ". Attitude qui, en aval, pourra faire que les résultats de ces jurys soient déplorables pour les candidats de la ville de Kinshasa si l'on sait qu'aux éditions passées, les candidats, certes, ne se produisaient pas devant leurs propres professeurs, mais devant leurs inspecteurs.

A l'intérieur du pays, on apprend qu'à l'instar de ce qui se passe à Kinshasa voici bientôt près de 4 ans, les professeurs n'ont pas interrogé leurs propres élèves, mais les inspecteurs  n'ont pas été bougés. Pour  plus d'objectivité puisqu'il s'agit d'un test national, il est à souhaiter, qu'à partir de la session ordinaire de juin prochain, l'expérience soit élargie à toutes les provinces éducationnelles éparpillées dans toutes les provinces du pays.

De cette façon, les finances aidant, les inspecteurs de Kambove pourraient se retrouver à Lubumbashi, ceux du Masisi à  Lubero,  ceux de Mahagi à Bunia, ceux de Mbuji-Mayi à Ngandajika, et pourquoi pas ceux de Mweka à Kananga. Les dispositions peuvent déjà être prises. Même si, de façon pratique ça ne peut pas être faisable dès ce mois de juin avec la session ordinaire, du moins faire que ça soit applicable à partir de la session 2015 avec les jurys oral et pratique avant la session ordinaire. De cette façon, on aura fait bénéficier à tous les candidats des mêmes conditions de travail et des mêmes réalités.

Pour cette année, notons seulement que ce sont les candidats de Kinshasa qui sont soit favorisés, soit défavorisés.

Kanyemesha