Home | RDC | Echos des Provinces | RDC : Sud d’Irumu, un territoire conquis par les miliciens FRPI

RDC : Sud d’Irumu, un territoire conquis par les miliciens FRPI

image

Les populations du Sud du territoire d’Irumu, dans la Province Orientale, sont de nouveau replongées dans le spectre de l’insécurité et de la peur du  lendemain, à la suite de fréquentes attaques dont elles sont victimes de la part des miliciens du Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI).

Viol, pillage, incendie de maisons, vol de biens de valeur et d’argent et autres exactions, sont depuis quelques temps le lot quotidien des populations du Sud d’Irumu, où  les miliciens FRPI se comportent véritablement en territoire conquis, en multipliant des actes de violences contre des paisibles citoyens.

Plusieurs incidents majeurs ont été perpétrés par ces hommes armés contre les populations civiles vivant dans cette zone durant la semaine écoulée, a-t-on confirmé mercredi 1er avril, au cours du point de presse hebdomadaire conjoint des Nations Unies à Kinshasa.

Dans la nuit du 25 au 26 mars dernier, des insurgés du FRPI masqués, ont investi et pillé la localité de Kabona, située près d’Aveba. Pratiquement à la même période, soit du 26 au 27 mars 2015, ils ont attaqué le village Katorogo, situé à 13 kilomètres au Sud d’Aveba, tué deux  individus à la machette, violé une femme, kidnappé trois  autres et pillé des biens de valeur.

De même, dans la nuit du 27 au 28 mars dernier, ces abominables  ont lancé une attaque contre le camp des déplacés situé dans le village Mulangi, situé à plus ou moins 3 kilomètres à l’Ouest de de la localité de Gety), torturé cinq  personnes, blessé trois autres à la machette et pillé des biens dans le camp.

Le malheur ne vient jamais seul, dit-t-on, dans la même nuit, un groupe d’éléments appartenant à une fraction dissidente du FRPI a attaqué le village Nyarara, situé à environ 9 kilomètres au Sud de Gety, tué par balle un homme, violé quatre femmes, torturé un garçon et pillé des biens domestiques.

Enivrés par leur folie meurtrière, ces éléments FRPI ont poursuivi leur sale besogne, en attaquant le 28 mars dernier les villages Sokonyama et Gangala, à plus ou moins 3 kilomètres au Nord-est de Bukiringi, où ils ont fait incursion dans quatre  maisons, pillé des biens domestiques et du bétail.

Intensification des patrouilles de domination de terrain pour interdire d’autres exactions

A la suite de cette situation, des casques bleus des forces de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) basés dans la localité de Bukiringi, a-t-on rapporté, ont immédiatement été déployés dans les régions affectées, intensifié les patrouilles de domination de terrain, afin d’interdire d’autres exactions des éléments du FRPI, de rassurer et de protéger les populations civiles.

Le village Talulu, situé à 10 kilomètres de Nyakunde n’a pas été épargné, il  a été attaqué par les mêmes assaillants dans la nuit du 29 au 30 mars dernier, qui ont kidnappé trois  hommes et pillé du bétail.

Selon le porte-parole militaire de la mission onusienne, des membres appartenant à certaines Organisations non gouvernementales  ont également été ciblés par les insurgés du FRPI, au cours d’exactions perpétrées pendant ces derniers jours. C’est le cas de deux  agents d’une organisation basée au Sud du territoire d’Irumu qui étaient tombés dans une embuscade tendue par des éléments de ce  groupe armé criminel dans la localité de Tchanda, située à 7 kilomètres au Nord de Gety. Ils  ont pillé tous leurs biens de valeur.

Provocateurs, des éléments du FRPI ont délibérément tiré sur un  hélicoptère de la mission onusienne, au cours d’un vol effectué dernièrement dans une zone située à 8 kilomètres au Sud de la localité de Gety.

Face à cette situation, les troupes gouvernementales et celles de la Monusco ont initié des activités militaires intenses, visant à mette un terme à l’activisme des insurgés du FRPI dans cette partie du district d’Ituri. C’est ainsi que deux  miliciens du FRPI ont été capturés et plusieurs autres blessés au cours d’opérations menées le 22 mars dernier par les troupes FARDC au village Muhani, situé à 12 kilomètres au Sud d’Aveba.

Dans leur lancée, indique-t-on, des troupes d’intervention rapide des FARDC ont également attaqué pendant la même période les positions du FRPI situées près de la localité de Gety, délogé et repoussé les insurgés en direction du Sud, vers la région de Bohoma.

Pratiquement à la même période, sept  éléments du FRPI ont été appréhendés par des troupes des FARDC, au cours d’une tentative de vol de bétail dans la région de Bukiringi. Pas plus tard que le 27 mars dernier, cinq  autres insurgés de ce groupe armé ont été arrêtés par les militaires de l’armée loyaliste, au cours d’opérations menées contre leurs positions situées au village Kaswara, situé à 3 kilomètres au Nord d’Aveba.

Animées par la même détermination, les forces gouvernementales et onusiennes ont également mené plusieurs opérations conjointes, de bouclage et de ratissage dans différentes localités situées au Sud du territoire d’Irumu, dans le but évidemment de neutraliser les miliciens du FRPI.

Le commandant de la 3ème zone de défense des FARDC rassure les populations

Résultat, trois éléments de cette milice ont ainsi été capturés par les FARDC, au cours d’opérations conjointes de bouclage et de ratissage ainsi que de domination aérienne, menées le 25 mars dernier sur le terrain et au-dessus des positions de ce groupe armé, situées dans la région de Gety.

Dans l’entre-temps, les populations du Sud du territoire d’Irumu, déjà plusieurs martyrisées, n’ont d’autre prière que la neutralisation sans délai de ce groupe armé criminel, source de leur malheur et de l’insécurité. Elles ne cessent de multiplier d’appel au Gouvernement central et aux FARDC afin de se pencher sérieusement leur situation devenue intenable.

Pour rassurer ces populations dans la détresse, le commandant de la troisième zone de défense des FARDC,  Général Léon Mushale affirme que les forces loyalistes sont déterminées à mettre fin à la présence des miliciens en Ituri.

D’ailleurs, souligne-t-on, c’est dans cette optique que les forces gouvernementales  et celles de la mission onusienne poursuivent avec détermination leurs opérations visant à mettre un terme aux activités négatives des éléments du Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI), auteurs de nombreuses exactions contre les populations civiles.

[Dovin Ntelolo Diasonga]