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Menace islamiste : La Société civile du Nord-Kivu a tiré la sonnette d’alarme

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La menace islamiste se précise de plus en plus dans la partie Est de la RDC au regard de la jonction qui se constate entre les groupes armés des ADF/NALU, des FDLR et même les récidivistes du M23. La semaine dernière, la Société civile du Nord Kivu a tiré la sonnette d’alarme sur cette question.

Les rebelles hutus rwandais des FDLR traqués par les FARDC s’éloignent de la frontière du Rwanda et se dirigent vers la Province Orientale. Au départ de leurs bases de Lubero, Rutshuru et Nyiragongo, les FDLR, selon la même source, empruntent par petits groupes un long couloir qui passe par le territoire de Beni pour atteindre la forêt de l’Ituri.

Pourquoi ne veulent-ils pas rentrer au Rwanda? Pourquoi refusent-ils de désarmer ? Pourquoi cherchent-ils à rejoindre le Nord de la RDC et non un autre lieu ? Pourquoi la Communauté internationale ne se mobilise-t-elle pas pour mettre un terme à la question des rebelles rwandais? Ces questions, les analystes se les posent sans cesse depuis des années, sans grande avancée.

Face donc à la détermination des Forces armés de la République Démocratique du Congo, les rebelles hutus rwandais choisissent de se redéployer à l’intérieur du Congo. C’est un signal fort pour dire qu’ils refusent de quitter ce beau pays. Auraient- ils des projets à long terme ? Tout le laisse croire.

Rapprochement des groupuscules rebelles sous influence islamique

Ce déploiement calculé des rebelles hutus rwandais serait-il un simple hasard? Les spécialistes des questions politiques de la région des Grands Lacs semblent y voir plutôt une action planifiée de longue date. L’opération répondrait à une double motivation selon ces analystes.

La première serait de faire jonction avec les rebelles ougandais de l’ADF-NALU pour être plus forts et avoir les moyens à la fois humains et logistiques afin.de mieux résister aux attaques de l’opération « Sukola 2 » lancée par les FARDC pour les désarmer par la force. Suivant l’adage qui dit que l’ennemi de ton ennemi est ton ami, les FDLR estiment ce rapprochement utile et stratégique car les deux forces ont un ennemi commun que sont les FARDC.

Le second mobile de ce repli stratégique, probablement le plus pernicieux, consiste à se rapprocher des islamistes déjà très actifs en Ouganda et qui sont à la recherche d’alliés pour investir toute la zone Est d’où pourrait partir des actions pour embraser toute l’Afrique centrale. Il y a une campagne sournoise de recrutement des jeunes congolais du Nord et du Sud Kivu sous le couvert de l’Islam qui se déroule actuellement. Ce qui est suspect et suscite des interrogations, c’est que les recruteurs sont d’anciens sociétaires du défunt M23 et des animateurs de la rébellion ADF.

A coup de billets de banque, l'aliénation socio-culturelle et d'endormissement idéologique, ces organisations terroristes ne sont-elles pas en train de préparer subtilement le lit de leurs campagnes futures dans la région? Tout le laisse croire.

Depuis plusieurs mois, en effet, l’on a signalé la présence des islamistes dans le massif du Rwenzori. Il s’agirait des petits groupes d’el Shebab, ces milices somaliennes qui mènent des raids meurtriers en Ouganda et au Kenya.

Auraient-ils décidé de passer à la vitesse supérieure et d’investir ouvertement l’Est de la RDC? Tout est possible. Ce qui est certain, c’est que ce mouvement des rebelles vers la province Orientale n’est pas fortuit.

Les Shebab ont fait allégeance à l’Etat islamique, comme viennent de le faire les islamistes de Boko Haram qui sèment à terreur au Nigeria et les pays environnant. Ces trois groupes ont un objectif commun : installer un califat fort où les islamistes feront la loi en imposant la charia et d’autres méthodes issues d’un islamisme rétrograde.

Les forces de défense et de sécurité de la RDC doivent donc ouvrir l’œil et le bon pour ne pas laisser s’installer cette menace islamiste. On voit déjà toute la nuisance des Shebab qui se signalent par des actions terroristes d’envergure dans les deux pays sus évoqués. Si le Nord-est de la RDC devient leur nouveau sanctuaire, cela donnera du fil à retordre aux autorités nationales pour ramener la paix et rétablir l’autorité de l’Etat.

Cette présence mettrait du reste en péril l’installation de la nouvelle province de l’Ituri autant que celles du Nord Uélé et Bas Uélé. Du coup, la balkanisation trouverait un terrain extrêmement favorable comme jamais auparavant, d’autant plus que la situation sécuritaire de l’Est du Congo a fini par lasser les grandes puissances de ce monde, laissant le pays se battre seul.

L’Or de l’Ituri source des problèmes miltiples

L’Ituri n’a pas été choisi au hasard pour devenir le nouveau sanctuaire des rebelles de toutes les origines. C’est un espace territorial très riche en or. L’exploitation de ces gisements aurifères donnerait les moyens financiers aux forces négatives pour financer la guerre et le terrorisme transfrontalier. Comme on peut le voir, une fois de plus, la RDC risque d’être victime de ses richesses.

[Richard LUMUMBA]