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RDC : Lutte contre la maffia aux postes frontaliers

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L’année  à peine a commencé sa carrière que les maffieux ont renoué avec leurs mauvaises habitudes, les mauvaises importations mieux les importations, des denrées indésirables. Et cela dès janvier 2015. Heureusement pour la population congolaise, la nouvelle configuration de l’Occ/Lukala ces dernières années s’érige en obstacle contre ces opérateurs économiques de mauvais goût, spécialistes en importation de mauvaise qualité. Et cela grâce à  un homme : Théophile Selubanzi Tekadiomona et une équipe : le Poste frontalier Occ/Lufu.

C’est donc dans cette optique que l’on dut interpréter vendredi dernier la nième destruction de 3 lots des marchandises déclarées impropres à la consommation par l’Agence Occ/Lukala. Témoins de l’événement : l’Honorable député national Mbuku Balele, élu de la circonscription de Mbanza-Ngungu, l’A.T. de Songololo et M. Paulin Mantuidi, Coordonateur de la Nouvelle Société civile de Lukala.

Au total 9,681 tonnes des produits furent détruits ce jour là devant les agents et cadres de l’Occ, du Service de la Quarantaine végétale et animale(SQAV), de la DGM, de  l’ANR, de la  Police…..sous les auspices du Substitut du Procureur du Parquet de Grande Instance de Mbanza-Ngungu, le Magistrat Mukuambele Manta. Cette destruction, faut-il le signaler, a été consécutive à trois différentes saisies. Chacune d’elles opérée pour un motif particulier et  spécifique.

Ier lot : -109 sacs de riz de 50kg  produit en Thaïlande devant expirer en Août 2016 ; les sacs mouillés avec du riz ayant formé des grumeaux ;

  -10 sacs de  farine de maïs de 50 kg produit en Turquie devant expirer en septembre 2015 et dont les sacs étaient troués avec présence des larves et des charançons ;

-702 paquets de biscuits glucosés produits au Brésil sentant mauvais avec présence des larves et autres insectes ;

Ce lot était saisi conformément au communiqué de presse  du D.G. de l’OCC relatif aux exigences minimales. Et tout le lot déclaré impropre à la consommation par le laboratoire OCC  de  Matadi.

IIème lot : -7 cartons de liqueur en sachets de marque Samarino fabriqué  en Angola

Ce produit a été saisi et détruit conformément à la circulaire interministériel  n°-001/CAB/MIN/IPME/013 et 002/CAM/ MIN/ ECO&COM  du 08/04/2014 portant précision sur l’interdiction de fabrication, de l’importation et de la commercialisation des emballages non biodégradables. Et qu’à ce titre, la vente de l’eau, des liqueurs et autres produits en sachets est interdite sur toute l’étendue du territoire national.

IIIème lot : -51 cartons de bière brune (Super Bock) fabriquée au Portugal et qui devait expirer en novembre 2014.

Ici, il est bien clair que la saisie a été motivée par la date d’expiration.

Saisies et destructions à l’OCC : les procédures usuelles

Comment reconnait-on les aliments impropres à la consommation ?

Le contrôle qualité au niveau de l’OCC se fait de prime abord par des examens physico-organoleptiques (par les sens : vue, odorât, goût, toucher,….). Pour les céréales,  en l’occurrence, la présence des charançons est un indice non négligeable. Entrent également en ligne de compte d’autres indices notamment les dates de péremption.

En cas de suspicion, le produit est consigné, les échantillons acheminés au laboratoire d’Analyses à l’OCC/Matadi. Ce n’est que lorsque les analyses confirment la mauvaise qualité que l’office se voit en droit de saisir les instances judiciaires qui, seules, ont la compétence d’ordonner la saisie et enfin la destruction suivant le mode convenu par consensus.

C’est ainsi que les opérations de destruction sont souvent précédées d’une «réunion de mise au point au cours de laquelle sont explicités les éléments ayant motivé la saisie  et par ricochet la destruction. C’est également au cours de cette réunion que sont décidés les modes de destruction.

Au sujet des opérations du vendredi dernier, les participants s’étant convenus sur trois modes (la submersion, l’incinération et la casse des bouteilles pour la bière, la première étape consistait à déplacer les marchandises du dépôt de consignation au site de destruction situé à quelque 800 km du poste frontalier.

Alors que pour le riz et la farine les sacs furent déchirés, le produit submergé dans la rivière et les emballages incinérés, la bière brune a été détruite par casse des bouteilles dans une fosse et enfin les biscuits glucosés par incinération.

Quid du poisson salé « nkama nsende »

Les biscuits brûlent, le riz et la farine font la joie et la fête des poissons. Se confiant à la Presse, le Chef d’Agence clarifie : «Nous déplorons le fait que les importateurs sur qui reviendraient les charges de la destruction prennent souvent le large quelques temps après la saisie de leurs produits. L’OCC en tant qu’organe technique du gouvernement prend sa responsabilité : celle de protéger le consommateur par une surveillance des entrées des produits aux postes frontaliers. Dès que le dossier est transféré à la justice, notre responsabilité devient limitée. Toutefois, nous avons aussi un rôle pédagogique d’éduquer les usagers du marché sur ce qu’ils doivent et ne doivent pas acheter ou importer. »

Le n°1de l’Agence sera rejoint par l’honorable Mbuku Balele, député national et l’A.T.de Songololo qui tous deux condamnent le comportement récidiviste des maffieux qui s’acharnent à introduire les produits de la mort sur le territoire congolais. Le Magitrat Mukuembele demande plus que la simple saisie des marchandises. Pour lui, les malfaiteurs doivent répondre de leurs actes devant la Loi.

A propos du poisson « nkama nsende » (poisson à cent arrêtes ; poisson aux nombreuses arrêtes) dont la qualité se veut douteuse même pour le commun des mortels, le C.A. rassure : Le poisson «nkama nsende» n’échappe pas au contrôle de l’OCC. A notre niveau nous faisons notre travail. Dès lors que nous avons les résultats d’essai rendant non conforme le produit, nous transférons le dossier à la justice et nous nous limitons là.

En  ce qui concerne le poisson nkama nsende, par exemple, l’Administrateur de territoire  a sa responsabilité là où la nôtre se limite. Néanmoins, depuis janvier, en tant qu’œil du pays, n’avons pas vu ce produit sur le marché. Il ne s’agit pas ici d’un produit spécial comme on peut le penser. Moins encore  qui échappe à notre contrôle …. »

Pour une certaine opinion l’OCC et l’autorité territoriale de Songololo doivent relever le défi et convaincre. Car pour l’heure, personne ne peut s’expliquer que ces camions chargés dudit poisson qui suintent et qui parfument négativement la route à leur passage échappent  à la vigilance et de l’OCC et de l’autorité locale. Surtout lorsque l’on sait que déjà à première vue ce poisson fabriqué artisanalement n’est pas exporté dans la conformité des normes (pas de dates de péremption, pas d’étiquetage,…).

En dépit de l’assertion qu’à la genèse du marché de Lufu ce poisson constituait le produit le plus commercialisé, des efforts doivent être fournis dans le sens à lever « l’immunité » à ce poisson.

Voila qui nous éviterait de faire le lit à la politique de deux poids, deux mesures.

Par ailleurs, les innovations conçues par la Direction générale de l’Office en dotant le poste des instruments pédagogiques notamment ces mégaphones qui distillent, à longueurs des journées, des messages d’avertissement contre l’importation des produits prohibés doivent être applaudies de deux mains.

Enfin, au regard de la recrudescence de la maffia surtout à la frontière angolaise de Lufu (plus de 28 000 tonnes de produits détruits pour la seule année 2014), aujourd’hui comme autrefois, nous avons le noble devoir de réitérer notre vœu : « l’OCC doit ouvrir l’œil et le bon ».

[Josué Lufulu Lua Kanda]