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RDC : Les FDLR ne sont pas prêts à rentrer au Rwanda

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Le major Séraphin Nzitunga, chargé des relations avec les ONG et la communauté internationale des FDLR qui fait partie des 93 rebelles rwandais capturés récemment par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au Nord-Kivu, affirme que lui et ses camarades ne sont « pas prêts à rentrer au Rwanda ».

« Nous ne sommes pas prêts à rentrer au Rwanda », a-t-il déclaré, après avoir révélé être « le point focal des ONG et des Etats qui collaborent avec les FDLR en brousse dans le but de fournir certains renseignements relatifs au rapatriement des FDLR et à la survie des sujets rwandais en danger ».

Toutefois, a-t-il modulé, « certains éléments FDLR sont prêts à rentrer chez eux mais ils n’en expriment pas encore le vœu ».

« Chacun est libre de choisir entre le rapatriement et la vie en brousse», a-t-il fait remarquer.

« La question des FDLR doit être traitée par la RDC et le Rwanda »

Le major Nzitunga est d’avis que « la question des FDLR doit être traitée par la RDC et le Rwanda, appuyés par la communauté internationale ».

« La position de la MONUSCO concernant la traque des FDLR ne préoccupe pas encore notre groupe. La plupart des miliciens FDLR ne sont pas prêts à retourner au Rwanda parce qu’ils craignent d’être tués comme Patrick Karegeya dont le meurtre reste impuni », a-t-il insisté.

« Qu’ils partent… »

« Qu’ils partent  chez eux », réclament les habitants de Luofu (à 7 Km de la cité de Kayna), au sud du territoire de Lubero, dont plusieurs parents ont été massacrés durant quinze ans par des rebelles hutus rwandais.

Le 03 mars 2000, un groupe de ces rebelles avait fait irruption dans le camp militaire d’Iramba, où ils avaient affronté des militaires des FARDC. Neuf épouses de soldats avaient été tuées dans le combat. Des enfants, des militaires et des insurgés y avaient aussi perdu la vie.

D’autres rebelles rwandais s’étaient rendu à Luofu-centre, où ils avaient massacré plusieurs personnes, parmi lesquelles le commerçant Albini, et blessé d’autres par des coups de machettes et de marteaux.

« Quinze ans après ces massacres, l’agglomération de Luofu n’est toujours pas stable. Parfois, elle est victime d’attaques perpétrées soit par les Maï-Maï soit par les FDLR », témoignent des ressortissants de Luofu vivant à Butembo.

Par ailleurs, des conflits fonciers sont enregistrés dans les environs de Luofu, surtout à Kasiki et Luhanga où les déplacés Hutu cherchent des terres arables.

Actuellement, des retournés appelés « Hutu-Nande » se concentrent sur les Hauts plateaux de Kyuto et Luhanga.

[Jack Maliro]