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Traque de FDLR : Attitude absurde de la MONUSCO

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Qu’est-ce que la MONUSCO reprochait à ces deux généraux ? Des violations des droits humains, selon elle. Plus que cela, la MONUSCO prétendait avoir transmis aux autorités congolaises une liste noire indexant des officiers des FARDC, soi-disant compromis dans les violations des droits humains. Il semblerait que les deux généraux étaient  » rouges «. Tout cela a paru bizarre, et des investigations ont pu être menées, dont les résultats attestent totalement que les raisons avancées par la MONUSCO pour ne pas accompagner les FARDC dans les opérations militaires contre les FDLR, sont  entièrement infondées. Six faits qui donnent raison à la RDC...

C’était un secret de polichinelle que, de commun accord, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et la MONUSCO avaient concocté un plan B, dans l’éventualité où les rebelles rwandais des FDLR ne désarmeraient pas complètement tous leurs combattants estimés actuellement à 1.200 hommes, dont les victimes ne se situent nulle part ailleurs qu’en RDC : les populations, les ressources naturelles et les biens de tous ordres.

Qui ne savait rien sur les FDLR … ?

Tout le monde savait qu’un délai de six (06) mois, prenant effet à la date du 02 juillet 2014, avait été accordé par les ministres de la Défense de la CIRGL et de la SADC, réunis à Luanda, en Angola, aux FDLR, afin qu’au 02 janvier 2015, il n’y eût aucun combattant de cette Force négative rwandaise, encore en possession d’une seule arme, d’une seule munition, d’un seul effet militaire, dans la perspective de leur départ définitif de la République Démocratique du Congo, pour être rapatriés au Rwanda, leur pays d’origine, à moins d’un pays d’accueil hors CIRGL, pour tel ou tel autre combattant.

Personne n’ignorait, non plus, qu’en date du 20 juillet 2014, cette décision ministérielle conjointe CIRGL – SADC avait été entérinée à Victoria Falls, en Zambie, par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de ces deux Organisations régionales.

Et voilà, à la date fatidique du 02 janvier 2015, tous les regards du monde étaient tournés vers la République Démocratique du Congo, en particulier, et vers les Etats de la CIRGL et de la SADC, en général.

Ainsi, courageusement, la RDC a fait sa propre évaluation du niveau d’exécution par les FDLR, du processus de désarment volontaire de ceux-ci, pour constater malheureusement que sur les 1.200 combattants rwandais concernés, seuls 337 avaient rendu les armes, et que nombreux d’entre eux, accompagnés de leurs dépendants, avaient accepté de faire le déplacement de leurs sites d’hébergement respectifs de Kanyabayonga, dans la Province du Nord-Kivu, et de Walungu, dans la Province du Sud-Kivu, en direction du Centre de transit implanté au Camp militaire Général Bahuma, à Kisangani, dans la Province Orientale.

Le résultat ayant été jugé insignifiant pour une opération étalée sur six mois, soit cent quatre-vingt jours, les FARDC avaient annoncé, le 29 janvier 2015, qu’elles lançaient des opérations militaires contre les combattants FDLR réfractaires au désarmement volontaire. Quoi de plus normal et de plus logique !

L’attitude absurde de la MONUSCO

Cependant, c’était sans compter avec … la MONUSCO, ou le système onusien. A chacun de juger, à partir des indications suivantes.

En effet, déjà, à travers Radio-Okapi – et c’est retraçable dans son site Internet – M. Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et chef de la MONUSCO, déclarait à la suite de cette annonce des FARDC, qu’autant la mission onusienne avait reçu le mandat de combattre les rebelles rwandais des FDLR, autant elle tenait au respect des droits de l’homme pendant les opérations.

Qu’est-ce à dire ? Il a fallu attendre des détails collectés en marge de la 24ème Conférence de l’Union Africaine (UA), tenue le 30 janvier 2015, à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour en savoir davantage. Puisque, ce jour-là, M. Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des Opérations de maintien de la paix, a fait savoir à la délégation congolaise la récusation des généraux Sikabwe Fall et Mandevu Bruno, désignés cinq jours auparavant par le Chef de l’Etat, au sommet de la hiérarchie militaire dans la Province du Nord-Kivu. Car, au titre de leurs nominations respectives, il revenait désormais à ces deux généraux de travailler étroitement avec la MONUSCO, dans plus d’un dossier, en particulier, celui de la traque des FDLR.

Mais, coup de tonnerre ! De fil en aiguille, de chantage en diktat, la MONUSCO clamait qu’elle conditionnait sa coopération avec les FARDC dans le dossier  » traque des FDLR  » … en exigeant purement et simplement l’écartement de toute responsabilité  dans la Province du Nord-Kivu, les généraux Sikabwe Fall et Mandevu Bruno.

Lorsqu’on veut avoir un exemple-type d’ingérence, en voici un !

Six faits qui donnent raison à la RDC

Evoluons ! Qu’est-ce que la MONUSCO reprochait à ces deux généraux ? Des violations des droits humains, selon elle. Plus que cela, la MONUSCO prétendait avoir transmis aux autorités congolaises une liste noire indexant des officiers des FARDC, soi-disant compromis dans les violations des droits humains. Il semblerait que les deux généraux étaient  » rouges « .

Tout cela a paru bizarre, et des investigations ont pu être menées, dont les résultats attestent totalement que les raisons avancées par la MONUSCO pour ne pas accompagner les FARDC dans les opérations militaires contre les FDLR, sont  entièrement infondées.

Nous en avons noté six (6).

Entre 2010 et 2014, le général de brigade Sikabwe Fall avait dirigé les Opérations  » SAFISHA « , en Ituri, dans la Province Orientale, avec la collaboration de la MONUSCO. Jamais la MONUSCO n’avait trouvé à redire sur lui, en termes de manquements aux droits humains. C’est étrange qu’il devienne subitement infréquentable par la MONUSCO, pour avoir été nommé Commandant de la 34ème Région Militaire, dans la Province du Nord-Kivu !

Entre 2010 et 2012, le général de brigade Mandevu Bruno a dirigé le commandement des Opérations  » RUDIA II « , à Dungu, au Haut-Uélé, dans la Province Orientale. Fonction qui faisait que la MONUSCO a étroitement collaboré avec lui. C’est surprenant que la MONUSCO le récuse tout simplement parce qu’il a été nommé Commandant du Secteur Opérationnel Nord-Kivu et des Opérations  » SUKOLA II « .

La MONUSCO qui évoque subitement des violations des droits humains à charge de ces deux généraux, n’en a cependant, à ce jour, fait état ni au Président de la République, Chef de l’Etat, ni au ministre des Affaires Etrangères et Coopération Internationale, ni au ministre de la Défense Nationale, Anciens Combattants et Réinsertion, ni au patron des services de renseignements congolais, les opportunités ne faisant pas défaut à la MONUSCO pour rencontrer l’une ou l’autre de ces personnalités nationales, à commencer par le Commandant Suprême des Forces Armées.

La MONUSCO a évoqué l’existence d’une liste noire indexant ces deux généraux. Là-dessus également, aucune des autorités susmentionnées n’en a été informée officiellement. Et nous sommes encore au 30 janvier 2015, date de la fameuse déclaration de M. Hervé Ladsous !

C’est le 02 février 2015 que M. Moustapha Soumaré, représentant spécial adjoint pour la MONUSCO, va remettre à un officiel congolais, deux documents que personne ne peut authentifier comme provenant de la MONUSCO : sans en-tête ni logo de la MONUSCO, sans signature de qui que ce soit. Le premier document a pour titre  » LIST OF FARDC LEADERSHIP APPOINTMENTS « . Il contient 14 noms des officiers des FARDC, avec en regard de leurs noms respectifs les affectations. Parmi ces 14 officiers, figurent les généraux Sikabwe Fall et Mandevu Bruno. Le second document a une indication de date (le 27 janvier 2015), sans être signé, ni porter en-tête ou logo de la MONUSCO. Ce document présente le général Mandevu Bruno, à travers un aperçu biographique, et des griefs mis à sa charge, au conditionnel (Mandevu porterait…).

Et le 07 février 2015, c’est le général Dos Santos Cruz, Commandant de la Force MONUSCO, qui ira déposer le même document sur le général Mandevu Bruno auprès d’un haut gradé militaire.

Ndo Vengezi