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RDC : Plus de 1 340 000 personnes identifiées en insécurité alimentaire aiguë

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Reconnue pourtant pour sa potentialité agricole riche et variée, la province du Katanga compte paradoxalement plus de 1 340 000 personnes  en insécurité alimentaire et agricole d’urgence. Ce qui représente 10 % de la population rurale de cette province.

La population du Katanga,  rappelle-t-on, est estimée à plus de 12 millions d’habitants. Les données fournies par des sources humanitaires attestent que plus ou moins 133 600 personnes sont identifiées en insécurité alimentaire aiguë, au cours du 12ème cycle d’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) de la République démocratique du Congo.

Ce chiffre représente une augmentation de plus de 11% par rapport au cycle précédent. Sur les 22 territoires que compte la province, 16 territoires sont en phase 2, où il faut renforcer la production agricole, protéger les moyens d’existence et l’état nutritionnel.

Qu’à cela ne tienne, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’inquiète de la persistance de l’insécurité alimentaire aigue dans les autres zones. Les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto baptisés  »Triangle de la mort » sont toujours classés depuis le 10ème cycle d’IPC en phase 4, c’est-à-dire la phase d’urgence où il faut sauver des vies et les moyens d’existence. Cette situation est la conséquence des conflits et violences armés, entraînant d’importants mouvements de populations et affectant gravement les moyens d’existence des populations de cette zone.

Les trois territoires restants, notamment Bukama, Kalemie et Malemba Nkulu sont  eux, classés en phase 3, une phase de crise alimentaire où il faut une action urgente pour protéger les moyens d’existence, prévenir la malnutrition, et prévenir les décès.

Par ailleurs, les évaluations du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de populations (RRMP) effectuées  du 09 au 10 janvier courant, indiquent que plus de 3 600 personnes retournées entre les mois de mai et octobre dernier dans le groupement Kizabi, situé à 60 kilomètres au Nord du territoire de Pweto, ont besoin d’une assistance multi sectorielle.

Villages victimes d’incendie et de pillage de la part des groupes armés

Ces personnes ont fui entre févier 2013 et janvier 2014 les incursions de différents groupes armés Maï-Maï dans leurs localités respectives. Lors de ces attaques, ces combattants avaient incendié environ 520 maisons, notamment dans les villages du  Kabele, Kizabi, Mpembe, Musesha, Mwanda et emporté des biens de valeur des populations.

Malheureusement, constate-t-on, l’insécurité observée à partir de juin dernier  dans la zone n’a pas permis aux acteurs humanitaires d’effectuer des missions d’évaluations des besoins des personnes retournées.

Tant bien qu’à ce jour, plus de 1 450 autres personnes sont encore en déplacement dans les villages environnants. Selon la mission, souligne la communauté humanitaire,  ces attaques armées ont perturbé le bon déroulement des activités scolaires pendant toute l’année scolaire 2013-2014.

Les statistiques en notre possession, indiquent que 80% d’enfants en âge scolaire dans cette région ne vont pas à l’école par manque de moyens financiers de leurs parents. Pour ne pas se livrer à la l’oisiveté, ces enfants sont obligés d’accompagner leurs parents aux champs afin de contribuer au budget familial.

Cette évaluation démontre également que ces retournés éprouvent  des besoins urgents en articles ménagers essentiels et abris, en vivres, semences et outils aratoires, devant leur permettre d’être autonomes et de se prendre en charge. Et de refaire leur vie.

En ce qui concerne la situation sécuritaire, la Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies rapporte que 2014 a été une  » année noire  » pour la province du Katanga avec plus de 17 560 incidents de protection rapportés. Des cas de  viols, meurtres, vols et incendies de maison, …ont été enregistrés  dans les territoires de Kabalo, Kalemie, Malemba Nkulu, Manono, Mitwaba, Nyunzu et Pweto.

D’après un rapport du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les incendies de maison (27%) viennent en tête des cas, suivis des vols et pillages (14%) et d’extorsions des biens (11 %). Ce rapport fait aussi état de 1 680 cas des violences sexuelles basées sur le genre (SGBV) dont 45% des cas sont enregistrés à Mitwaba, 20 % à Kalemie, 14% de cas à Manono.

Tous les groupes armés indistinctement impliquées dans la violation des droits humains

Enfin, les 21% restants sont repartis dans les territoires de Kabalo, Malemba Nkulu, Moba, Nyuzu et Pweto. Tous les acteurs armés indistinctement se livrent à ces violations des droits de l’homme : miliciens Maï-Maï, éléments indisciplinés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et ceux de la Police nationale congolaise (PNC), éléments appartenant aux groupes d’auto défense et bandits armés.

A en croire le HCR, plusieurs autres cas d’incidents pourraient avoir eu lieu dans les zones en conflits, mais n’ont pas été documentés faute d’acteurs qualifiés.

Dovin Ntelolo Diasonga