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RDC : Le « Maï-Maï » toujours puissant au Nord-Kivu

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Les puissants groupes de la constellation « Maï-Maï » continuent à faire parler la poudre dans le Masisi, au Nord-Kivu. Avant-hier, l’un des plus virulents alliés aux Hutu rwandais des FDLR, les « Nduma defense of Congo » (NDC-CHEKA) ont procédé à l’enlèvement de 60 personnes dans l’axe Masisi-Kitchanga. Ils ont conduit leurs otages à une destination inconnue et n’ont laissé derrière eux aucune trace.

L’information livrée de source locale est confirmée par la Monusco. 60 personnes kidnappées d’un seul coup, c’est trop. Même les Ougandais des ADF/NALU qui s’étaient spécialisés dans des prises d’otages dans Beni-Territoire n’ont jamais accompli un tel exploit de 60 personnes en une seule prise. 

Cela montre à quel point la zone de Masisi est ingouvernable car livrée à la hargne ainsi qu’aux horreurs de ces groupes amés qui continuent à y opérer impunément. Le sous-sol ici recèle toute sorte des minerais précieux qui poussent à fleur de peau et qui ont juste besoin de quelques bras pour leur exploitation. 

C’est à cela que se livrent tous ces groupes armés qui pullulent ici. Les otages de CHEKA comme ceux d’autres groupes servent comme esclaves dans ces mines et carrières. Tous leurs combattants y compris des enfants-soldats sont utilisés à cette fin.

DES CONNEXIONS AVEC LE RWANDA ET L’OUGANDA

Quant à l’écoulement de ces minerais, il y a des connexions avec le Rwanda et aussi l’Ouganda. C’est cela qui est écrit noir sur blanc dans tous les rapports des experts de l’Onu y compris le tout dernier sur les ADF/NALU qui, explique-t-on, ont des soutiens partout en Rdc, au Rwanda, en Ouganda et même en Occident. 

Ces connexions au Rwanda justifient le fait que toutes les rébellions-Tutsi créées par Kigali ont pris naissance dans la bande riche de Masisi voisine du Rwanda. Elle a été exploitée à souhait. C’est là que Laurent Nkunda a déployé ses biceps en 2008-2009. C’est là aussi que Bosco Ntaganda l’a fait en 2012. 

Malgré la fin de la guerre, ce secteur est toujours rendu ingouvernable par la présence de ces groupes armés qui ont un armement lourd. Il y a dans le même périmètre le NDC-CHEKA, les Nyantura, les Raïa Mukombozi, les Mutomboki, les APLCS de Janvier Kalairi, les Kifwafwa et La-Fontaine comme groupes armés locaux.

TOUS SE SERVENT DANS LE RICHE SOUS-SOL CONGOLAIS

Il faudra y ajouter les Hutu rwandais des FDLR qui y sont installés depuis 20 ans et qui n’ont jamais inquiété des rebelles Tutsi pro-rwandais crées en principe pour les éradiquer. Tous se servent dans le riche sous-sol congolais. Par ailleurs, dans son dernier rapport sur les groupes armés de l’Est de la Rdc, l’Ong internationale « Transparency international » est une nouvelle fois montée au créneau pour accuser 5 groupes armés de se livrer au pillage économique du pays. 

Il s’agit de la FRPI de Cobra Matata en Ituri ainsi que des FDLR-Hutu, des Maï-Maï « NDC-CHEKA », « La Fontaine » et l’ « Alliance pour un Congo libre et souverain » (APCLS) pour ce qui est du Nord-Kivu. Selon l’Ong, ces groupes se livrent à l’exploitation illicite des ressources naturelles, ce qui correspond à un pillage économique qui est un crime contre l’humanité. 

L’Ong propose même que la CPI soit saisie à cet effet afin d’enclencher des poursuites contre les auteurs de ces crimes économiques qui sont bien connus. Là où le problème se pose, c’est que ce rapport qui dénonce le pillage économique dans le chef des groupes armés nationaux et étrangers n’est ni le premier ni le dernier. 

Plusieurs rapports de l’Onu ont fustigé les mêmes faits. Mais tous sont restés sans suite. Le pillage économique se poursuit de plus belle en prenant plusieurs formes. Des chiffres qu’on donne sont assommants, toujours en milliards Us. Ce qui veut dire qu’il y a bel et bien des filières sur le plan international qui entretiennent ce commerce illégal de ressources naturelles de la Rdc par des groupes armés nationaux et étrangers. C’est cela qui explique ce chaos entretenu pendant bientôt 20 ans là en Ituri et au Nord-Kivu dans la zone de Masisi. Ce commerce est aussi lié à celui lucratif des armes de guerre qui y circulent allégrement, sans contrôle pour préserver le pillage économique. Si on veut agir, c’est là qu’il faut frapper durement. Là ce n’est pas du tout la CPI qui peut le faire. Mais les Etats… 

[KANDOLO M.]