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RDC : FDLR, reddition à pas de tortue

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Pendant que le gouvernement et la Monusco se montrent « optimistes », la reddition des FDLR ne se fait pas pour autant au pas de course, bien au contraire.

Ce n’est pas aujourd’hui que le mouvement de reddition des FDLR (Forces Démocratiques pour la libération du Rwanda) a été annoncé. Il s’est même déjà mis en route et cela depuis plusieurs mois.

Que ce soit du côté du gouvernement congolais ou de la Monusco, il se fait lire, à travers les prises de position de deux parties, une détermination clairement affichée de gagner le pari, s’il en est un, du désarmement, volontaire – et peut-être par la force si la situation l’exige – des rebelles hutus rwandais.

Pas de tortue

Bien qu’étant désormais à l’ordre  du jour, la reddition des FDLR n’avance malheureusement pas comme on l’aurait souhaité. « Elle se fait à pas de tortue », constate-t-on dans certains milieux où l’on estime, en effet, qu’il y aurait quelques petits grains de sable.

A la place de grandes enjambées, c’est plutôt à petits pas que cela se fait, dans l’espoir, estime-t-on, que les lignes vont bouger. D’ailleurs, on n’en pense pas autrement au niveau du gouvernement de la République, tout comme à celui de la Monusco, surtout que, de part et d’autre, l’on a depuis enfourché la trompette conduisant à la reddition.

Dans tous les cas, la question est de savoir si le rythme va être tenu et soutenu, et peut-être s’accélérer d’ici là. Cela est d’autant vrai que la reddition des FDLR est considérée comme une « priorité ».

2ème étape du désarmement

En fait, il y a eu ce qu’on pourrait bien appeler une première étape en mai. Dix jours après une première série de 100 redditions, c’est au Sud-Kivu que les rebelles hutus rwandais des FDLR ont commencé, le lundi 9 juin,  à déposer leurs armes, dans un processus qui se fait par étapes. Et vis-à-vis duquel la RDC et les Nations unies se disent « optimistes ».

Pour cette série, ils étaient plus de 80 combattants FDLR à avoir remis  leurs armes au gouverneur du Sud-Kivu, poursuivant ainsi le processus de démobilisation de la rébellion hutu rwandaise entamé fin mai. Témoin de l’événement, l’ambassadeur de la Namibie en RDC, représentant de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et des membres de la Monusco.

Les combattants FDLR  ont remis 83 armes, « dont huit lourdes », a-t-on appris des sources locales. Ces éléments sont venus accompagnés de 233 dépendants, en particulier leurs femmes et leurs enfants, et ensemble ils devraient être transportés, mardi, vers un camp de désarmement sous protection de l’ONU.

Une chance aux FDLR

Le gouvernement congolais a fait savoir, samedi, qu’il voulait « donner une chance » au désarmement volontaire des rebelles hutu rwandais des FDLR présents dans l’Est de la RDC, remettant à plus tard l’option d’une offensive militaire contre ce groupe. « Kinshasa a pris souverainement l’option de donner une chance à cette offre de désarmement volontaire par les FDLR », a déclaré le ministre Mende des Médias et porte-parole du gouvernement.

[Marcel Lutete]