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RDC : Pour se maintenir en fonction en Ituri, il faut engraisser les décideurs de Kisangani et de Kinshasa

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Les habitants du district de l’Ituri sont confrontés à deux tristes réalités : la tracasserie et l’insécurité. Ces deux fléaux seraient à  la base de l’enrichissement de certaines autorités de la place, pense une certaine opinion. Ces tracasseries tant administratives, policières que militaires ainsi que l’insécurité récurrente dans cette partie du Congo ne seraient pas gratuites. Elles prendraient sources dans la procédure de la désignation des autorités administratives, policières et militaires qui dirigent cette contrée.

Nos sources renseignent que plusieurs responsables affectés en Ituri auraient reçu, de leurs chefs hiérarchiques respectifs, des « consignes » en rapport avec la « contrepartie » à leur retourner.

Pour se maintenir en fonction en Ituri, il faut « engraisser » les décideurs de Kisangani et de Kinshasa. Maisons, véhicules et sommes d’argent leurs sont ainsi régulièrement offert comme des présents. Pire, à la Police comme dans l’armée, chaque hiérarchie fixerait aux différents responsables des montants fixes à verser hebdomadairement ou mensuellement à leurs supérieurs. C'est le fameux « rapport » obligatoire. A défaut de respecter ce « rapport » hebdomadaire ou mensuel, l’agent en cause doit s’attendre à son remplacement. 

Pour plaire à leurs dirigeants respectifs, les chefs des services de l’Ituri développeraient différents mécanismes pour pouvoir réaliser des «  performances» attendues d’eux par leurs hiérarchies de Kisangani et de Kinshasa.  D’où  multiplication des tracasseries. Allez y donc comprendre le pourquoi de la multiplication des barrières sur les routes de l'Ituri où les usagers doivent débourser des sommes d'argent pour des taxes non prévues.

S’agissant de l’insécurité récurrente, il nous revient que cet état de chose serait aussi entretenu par ceux qui en tirent profit.  La présence de groupes armés en Ituri permettrait de maintenir ce district comme zone opérationnelle des FARDC. Ce statut profiterait à certaines épaules galonnées des FARDC puisque leur permettant de faire des appels des fonds pour faire face à l’ennemi. Ces fonds venant de Kinshasa échouent parfois ailleurs que dans les lignes des fronts.  Plus cette zone opérationnelle perdurera, plus les officiers feront fortunes. Et vive l’éloignement de la pacification de l’Ituri. Tout ce qui peut concourir à hâter cette pacification doit être retardé.

Certaines langues font croire que quelques éléments des FARDC et de la Police seraient de connivence avec des malfrats qui opèrent en Ituri. Ils leur pourvoiraient en armes en contre partie du partage des « butins ». Certaines autorités se limiteraient à couvrir les voleurs à mains armées en facilitant leurs libérations en cas d’arrestations. Fort de ces soutiens, des malfrats opèrent en Ituri sans craintes. 

Les défenseurs de cette thèse en veulent pour preuve le train de vie que mènent certains chefs des services affectés en Ituri. Dans cette partie du Congo, agents de la justice, de la police, de l’armée, des services spéciaux et autres administratifs, rivalisent dans la construction des maisons, l’achat des vehicules et la scolarisation des enfants dans les écoles privées. Dieu seul sait d’où ils tirent le surplus pour compenser les salaires leur alloués par l’Etat Congolais dont on n’ignore pas des limites.

Réagissant à l’insécurité qui bat son plein dans la pleine de Tchomia-Kasenyi, les étudiants de l’Université de Bunia, dans une lettre adressé aux autorités du district au début de ce mois d’avril exigeaient que soient permutés les autorités militaires et policières qui ont déjà totalisé plus de 7 ans dans le district de l’Ituri. Ils estiment que pour avoir fait longtemps en Ituri, ces autorités peuvent s’être  tissés réseaux dans plusieurs domaines : pêche sur le lac, fraudes douanières, exploitation minières et forestière… Ainsi donc, ils se compteraient plus en hommes d’affaires qu’en agent de maintient de l’ordre et de la sécurité.

Si toutes ses allégations sont vraies, les autorités tant provinciale que nationale doivent s’investir pour arrêter ce désordre.

[Joska Kaninda]