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Goma : Piège de Paul KAGAME

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Tirés vraisemblablement à partir du territoire rwandais, la chute des obus sur la ville de Goma est une provocation qui indique que Kigali ne vise qu’une chose : pousser Kinshasa à la faute afin de se faire un prétexte en vue de concrétiser son plan de déstabilisation du Kivu et de balkanisation de la République démocratique du Congo. Le gouvernement va-t-il  tomber dans ce piège ?

Kigali est passé à l’action dans la mise en œuvre de son plan de déstabilisation du Kivu et de balkanisation de la République démocratique du Congo. En témoigne ce regain de tensions autour de la ville de Goma où de violents combats opposent la coalition FARDC-Brigade spéciale des Nations unies au M23, appuyé comme toujours par des éléments de l’armée rwandaise. Cette reprise des hostilités intervient au moment où, à Kinshasa, le décor est presque planté pour la convocation des concertations nationales, censées baliser la voie pour une véritable cohésion nationale.

TIRS CROISES

Depuis jeudi, plusieurs obus sont tombés à Goma. Une source onusienne a précisé qu’au total 11 obus sont tombés en deux temps et ont touché les quartiers Katindo, Murara, Munzenze et le Nord de l’aéroport. Quatre personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées, avait indiqué, pour sa part, le lieutenant-colonel Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, dont les troupes de la Brigade spéciale d’intervention se battent, confirment plusieurs sources, aux côtés des Forces armées de la RDC.

A Kinshasa, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, n’est pas allé par quatre chemins pour accuser le Rwanda d’être, une fois de plus, au centre des événements qui se passent autour de Goma. « Le plus grand nombre de tirs à la roquette provenaient du territoire de la République du Rwanda, plus précisément des localités de Mukamira et de Rugero, dans le district frontalier de Rubavu et de la localité de Mahuku », a-t-il affirmé.

Sans surprise, Kigali a démenti, alléguant être, au contraire, victime des obus tirés à partir de la RDC. « Ces bombardements continuels et insensés de l’armée congolaise sont inacceptables et doivent cesser immédiatement », a déclaré vendredi soir, le porte-parole de l’armée rwandaise, le général Joseph Nzabamwita. Ses accusations étaient assorties de menace de réplique : « les forces rwandaises de défense sont préparées à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de la population. Ces tirs ne sont pas accidentels. Les actes de provocation qui mettent en danger la vie de citoyens rwandais ne resteront pas indéfiniment sans réponse ».

Esseulé, proche de l’isolément,  le régime de Kigali sent sa chute venir. Aussi a-t-il choisi d’user de la politique de la terre brûlée pour, une fois de plus, faire chanter les grands de ce monde en leur démontrant qu’il est incontournable dans toute initiative relative au retour de la paix en RDC et dans les  Grands Lacs. Et que, l’écarter ou l’ignorer signifierait mettre la région à feu et à sang.

Il est désormais démontré que le gouvernement rwandais ne pourrait pas facilement se départir de son jeu de démenti, de reniements et autres accusations gratuites par lequel il tente de retourner la situation en sa faveur. Sa stratégie consiste à brouiller les cartes, distraire l’opinion internationale et, au besoin, déterrer le spectre du génocide rwandais qui, en son temps, avait mis à genoux la communauté internationale.

Les dernières enquêtes ont montré que Kigali a usé de l’épouvantail du génocide pour envahir la RDC et l’occuper durablement tout en pillant les ressources naturelles de son voisin. Cela en attendant la concrétisation du plan de balkanisation de la RDC qu’il a concocté avec ses parrains anglo-saxons. Raison pour laquelle, le bourreau veut se faire passer pour l’éternelle victime. Il est arrivé à l’évidence qu’avec le temps, le génocide est une recette de moins en moins sexy : elle ne fait plus bander !

EVITER LE PIEGE

En s’inscrivant dans ce schéma incendiaire pour l’ensemble de la région des Grands Lacs,  Kigali  veut pousser Kinshasa à la faute, à savoir faire une déclaration de guerre qui l’aiderait à arracher un pan du territoire de la RDC qu’il a toujours convoité : le Nord-Kivu. Par le biais de dernières provocations, Kigali espère que Kinshasa finirait par sortir de sa torpeur et, vive l’irréparable ! Dans sa chute – plus que jamais probable – Kigali veut entraîner Kinshasa.

Le gouvernement va-t-il tomber dans ce piège ? D’aucuns ne l’y encouragent pas, à moins que, nuancent-ils, que l’infiltration tant dénoncée, tourne à plein régime. Ils ont apprécié la prudence de Lambert Mende qui a dit dans son point de presse que « Le gouvernement de la RDC attend de son voisin une explication sur ces faits particulièrement graves ». Par contre, ils conseillent à Kinshasa d’élargir le cercle de ses soutiens pour faire valoir sa cause. La dernière tripartite Kabila- Dos Santos-Zuma à Luanda a été saluée dans la mesure où les trois dirigeants n’ont pas manqué d’évoquer la situation sécuritaire délétère dans l’Est de la RDC et dans les Grands Lacs. 

Kinshasa ne devait pas mordre à l’hameçon rwandais et hypothéquer ses chances d’obtenir gain de cause auprès de l’ensemble de la communauté internationale qui reconnaît unanimement aujourd’hui la culpabilité de Kigali dans la crise de la région des Grands Lacs. Au contraire, il doit garder sa ligne d’attaque et accentuer en même temps les pressions diplomatiques pour obtenir plus d’adhésion de la communauté internationale à sa cause. 

Il faut que la mémoire de six millions de Congolais péris du fait de la guerre qu’entretient le régime de Kigali dans l’Est du Congo, avec l’appui de certaines puissances planétaires, soit honorée par un retour rapide et durable de la paix en RDC et dans les Grands Lacs. 

[lePotentiel]