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RDC : Le M23 se réorganise pour attaquer Goma

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La rébellion du M23 serait en train de « se réorganiser » autour de la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu (Est), profitant de la trêve observée sur la ligne de front après les récents combats avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui ont récupéré un certain nombre de positions ennemies.

« Les rebelles du M23 s'amassent le long de la frontière congolo-rwandaise dans la ville de Gisenyi, au Nord-Kivu, pour se réorganiser en vue de lancer des attaques contre les Forces armées de la RDC. Le même mouvement est également observé du côté du Rwanda, où des troupes rwandaises de la RDF (Rwandan Defense Forces) sont également déployées le long de la frontière », a affirmé lundi 29 juillet 2013 le vice-président et porte-parole de la société civile du Nord-Kivu, Me Omar Kavota cité par Xinhua.

Il a soutenu que « les troupes de la RDF sont positionnées à cet endroit afin d'appuyer le M23, lors des attaques contre les FARDC », appelant les autorités congolaises et la communauté internationale à « la vigilance afin d'éviter toute surprise ».

La Monusco « gravement alarmée »

La Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) a dit être « gravement alarmée » par les récentes allégations de meurtre, de recrutement forcé et de détention illégale de civils par le Mouvement du 23 mars (M23).

Elle a reconnu être « informée du recrutement forcé de dix individus par des combattants du M23, le 22 juillet dernier à Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo, province du Nord-Kivu ».

« Trois d'entre eux auraient été tués par ces combattants au cours de leur tentative de fuite », a-t-elle indiqué samedi 27 juillet dans un communiqué, accusant le M23 d'empêcher, depuis la reprise des hostilités à la mi-juillet avec l'armée nationale, l'accès humanitaire de certaines villes et zones dévastées par les combats, notamment Mutaho, tandis que de très nombreuses personnes déplacées ont besoin de l'assistance humanitaire.

« La Mission condamne toutes ces allégations récurrentes de violations graves de droits de l'homme attribuées aux éléments du M23 et réitère son appel au M23 d'assurer le plein respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire », a souligné le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en RDC, chargé de l'Etat de droit, Abdallah Wafy.

Il a précisé que « le M23 sera tenu responsable du sort de toute personne enlevée ou recrutée de force par ses éléments ».

Après d’intenses combats autour de Goma, les FARDC ont délogé lundi 22 juillet les rebelles du M23 de la colline de Munzoga (nord-ouest de Kibati), après avoir « intensifié leurs bombardements sur les positions du M23 sur les collines avoisinant les localités de Kanyarucinya et Kibati, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Goma ».

Cette nouvelle position leur permet d’avoir une vue panoramique sur la localité de Kibumba, quartier général du M23.

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Protection de civils en action

La MONUSCO va considérer, dès le 1er août, « toute personne ne faisant pas partie des forces de sécurité nationales et possédant une arme à feu à Goma et, dans les localités situées au Nord de la ville, comme une menace imminente pour les civils ».

Elle « désarmera ces individus afin d’imposer une zone de sécurité pour protéger la région densément peuplée de Goma et Sake », a-t-elle annoncé mardi 30 juillet 2013 dans un communiqué à Kinshasa.

« A compter de mardi 30 juillet à 16 heures (heure de Goma), un délai de 48 heures sera accordé à toute personne dans la région ne faisant pas partie des forces de sécurité nationales pour rendre son arme dans une base de la MONUSCO et rejoindre le processus DDR/RR. Dépassé jeudi 1er août à 16 heures, lesdites personnes seront considérées comme une menace imminente de violence physique à la population civile », a-t-elle averti.

Dès lors, « la MONUSCO prendra toutes les mesures nécessaires, y compris l'usage de la force, pour les désarmer conformément au mandat et aux règles d'engagement de la Mission ».

« Goma et Saké restent très vulnérables »

Selon la MONUSCO, plus d'un million de civils vivent dans la région relative ment étroite de Goma et Saké, ainsi que le long de la route qui relie ces deux localités où sont installés, entre autres, les camps des déplacés de Mugunga qui abritent provisoirement environ 70.000 personnes déplacées par le conflit.

Depuis la mi-mai, cette région a connu des attaques répétées menées par le M23 contre les positions des FARDC, dans une tentative apparente de progresser sur Goma et Saké. Lors de ces attaques, dont la toute dernière a commencé le 14 juillet dernier, le M23 a tiré indistinctement, y compris à partir d’armes lourdes, causant des victimes parmi les civils.

Les installations de l'ONU ont également été prises pour cible par le M23. Ces menaces indirectes seront repoussées hors du territoire de Goma par la zone de sécurité, qui pourra être élargie et reproduite ailleurs, le cas échéant.

«J’aimerais féliciter les FARDC pour leurs actions au cours des dernières semaines. Néanmoins, Goma et Saké restent très vulnérables et nous devons empêcher tous les éléments négatifs de continuer de poser un risque pour les civils de cette région », », a déclaré dans le même communiqué le lieutenant-général Carlos Alberto dos Santos Cruz, Commandant de la Force de la MONUSCO.

Et compte tenu du risque élevé que les attaques du M23 font peser sur la population civile de la région de Goma et Sake, la MONUSCO appuiera les FARDC dans leurs efforts d’établir une zone de sécurité à Goma et dans les localités situées au nord de la ville.

« Nous continuons d’appeler toutes les parties à trouver une solution politique au conflit actuel comme prévu par l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopé ration pour la République démocratique du Congo et la région. En attendant, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour  protéger les civils contre la menace posée par tout groupe armé », a assuré le chef a.i.de la MONUSCO, Moustapha Soumaré.