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RDC : Goma mise à sac par le M23

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Les Rwandais se livrent à une sordide mise à sac de Goma. Le M23 ne serait qu'une couverture des desparados qui avaient pour but de se constituer un butin de guerre avant de traverser la frontière.

Que faut-il encore dire pour prouver que la guerre qui sévit au Nord Kivu est une nouvelle agression rwandaise contre la RDC et que le M23 n'est qu'un paravent pour camoufler cette agression. Malgré les dénégations de Kagamé et ses acolytes, des rapports se sont multipliés pour le démontrer, mais la communauté internationale n'y a réservé qu'un mépris déroutant, au moment où plus de 400.000 personnes sont plongées dans une catastrophe humanitaire sans nom. Combien de mort doit-on encore compter pour que les tireurs de ficelles dans l'ombre, les vrais acteurs de la déstabilisation de la RDC, ressentent quelqu'émotion?

Même leurs suppôts sur terrain, victime d'un bal de chauves qui ne justifie que les juste, n'en peuvent plus de se voiler la face avec leur propre mensonge. Voici donc que leur comportement de prédateurs met à nu leurs visées de pillage des richesses de la RDC, maintenant que le plan de balkanisation de la RDC vient d'être mis à mal par la stratégie du roseau adoptée à Kampala V par Joseph Kabila lorsqu'il a entrouvert les portes du dialogue avec le M23, juste pour percer le fond de pensée des uns et des autres. Mission réussie, car tous les diables ont sorti leurs queues.

Les pillages auxquelles se sont livrés les rwandais et leurs suppôts du M23 à Goma en dit long sur leurs intentions, même s'il faudra demeurer attentif sur l'autre volet d'occupation d'une partie du territoire congolais. En effet, ainsi que le relevait, hier, Lambert Mende, porte-parole du Gouvernement, c'est à une véritable mise à sac de la ville de Goma que les agresseurs-rebelles se sont livrés en se retirant comme prévu.

Des véhicules du Gouvernorat, de l'Office des Routes, de l'OVD, des députés provinciaux, soit plus de 120 engins, ainsi que la morgue de l'Hôpital militaire de Katindo ont été emportés à destination soit de Masisi-Rutshuru, soit carrément du Rwanda à partir de Gisenyi. On n'oublie pas le pillage en règle de la résidence du Gouverneur de province ainsi que des installations du Gouvernorat et autres ministères provinciaux. Même des particuliers ont fait les frais de ce razzia systématique, a indiqué Lambert Mende devant la presse avant d'ajouter que «les rebelles ont cassé le bureau du ministère des Finances et emporté trois cents plaques d’immatriculation de véhicules. L’immeuble de l’assemblée provinciale a également été saccagé." Seuls les coffres forts de la succursale de la banque centrale a échappé à cet appetit pentagruélique des rebelles-agresseurs.

On peut donc comprendre qu'en se rendant à Goma tout en sachant que l’étau de la région était suffisamment serré sur eux, les rebelles-agresseurs n'avaient pour but que de se constituer un butin de guerre dont le gros du pactole a pris le chemin du Rwanda.

En effet, hier dans la matinée, les gomatraciens ont vu partir deux gros camions bondés de militaires vers Gisenyi en traversant la barrière. Gisenyi, que l'on sache, n'est pas sur le chemin de Masisi, Rutshuru et moins encore Kibumba...

Cette mise à sac de Goma rappelle l'époque de 1997 lorsque les Rwandais qui avaient accompagné l'Afdl avaient ramassé tout ce qui pouvait se trouver à leur portée comme véhicules, appareils électroménager et autres biens pour les mettre dans des gros porteurs à destination du Rwanda. On peut alors se poser la question de savoir où le petit Rwanda pourra cacher, sur son territoire, cet important charroi automobile qui vient s'ajouter au butin de 1997.

Si tel est l'objectif des desperados rwandais, il faut dire que Kigali et ses leaders autocrates se trompent, car ce n'est pas là la première fois que la RDC est mise à sac. Léopold II avait pillé le Congo en son temps avant de le laisser à la Belgique qui s'y adonna aussi à coeur joie pendant 85 ans. D'autres pays vinrent se servir sur les richesses du Congo qui, malgré tout, demeure un pays d'avenir qui continue d'attirer des convoitises.

Mais les Congolais ont déjà pris conscience de cet état de choses, et l'éveil patriotique qui se consolide chaque année et à chaque épreuve finira par faire barrière à ce genre de prédations. Pour l'heure, la ville morte observée à Goma se justifiait par la crainte des parents de voir leurs enfants enrôlés de force dans les milices alors qu'ils les ont laissés aller à l'école. Même peur du côté des jeunes de Goma qui ont préféré garder leurs logis.

A tous nos compatriotes, nous ne pouvons que recommander la fermeté et d'ôter la peur pour ne pas faire le jeu de l'ennemi.

Pascal Debré Mpoko