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Décisions de Kampala : Blocage, le M23 refuse de se retirer de Goma

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Le gouvernement de la RDC a affirmé que les rebelles devaient quitter la ville de Goma avant toute négociation alors même que la rébellion exige d'entamer d'abord des discussions directes avec le président Joseph Kabila. « Le Sommet (de la CIRGL) a dressé un plan en dix points qui prévoit le retrait immédiat des éléments du M23 de tous les endroits qu'ils ont récemment occupés ainsi que l'établissement d'arrangements de sécurité pour suivre la situation sur le terrain », a déclaré dans un communiqué la présidente de la commission de l'Union Africaine. Dans le communiqué ayant clôturé leur rencontre à Kigali, les présidents Paul Kagame et Denis Sassou Nguesso ont invité « le gouvernement de la RDC et le M23 à mettre en œuvre les conclusions de Kampala qui représentent une bonne base pour le règlement de ce conflit ». Humilié, le président Kabila est rentré dimanche à Kinshasa sans avoir revu aucun représentant de la rébellion, a précisé une source à la présidence congolaise.

A l’instar de l’Union africaine (UA) qui a salué dimanche 25 novembre « l'engagement du gouvernement de la RDC à écouter, évaluer et prendre en compte toute revendication légitime du M23 », les présidents congolais Denis Sassou Nguesso et rwandais Paul Kagame ont  souhaité que « des solutions appropriées soient trouvées pour chacun d'eux ».

« Le Sommet (de la CIRGL) a dressé un plan en dix points qui prévoit le retrait immédiat des éléments du M23 de tous les endroits qu'ils ont récemment occupés ainsi que l'établissement d'arrangements de sécurité pour suivre la situation sur le terrain », a déclaré dans un communiqué la présidente de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini Zuma.

Elle a demandé « instamment au M23 de prendre les mesures appropriées, en accord avec les décisions de Kampala » et a réitéré « la grande préoccupation de l'UA sur l'aggravation de la situation humanitaire sur le terrain et les abus commis contre la population civile ».

Dans le communiqué ayant clôturé leur rencontre à Kigali, les présidents rwandais Paul Kagame et congolais Denis Sassou Nguesso ont invité dimanche 25 novembre à Kigali « le gouvernement de la RDC et le M23 à mettre en œuvre les conclusions de Kampala qui représentent une bonne base pour le règlement de ce conflit ».

« Ils ont noté l'importance d'évaluer et de comprendre correctement la véritable nature des nombreux groupes armés en RDC afin que des solutions appropriées soient trouvées pour chacun d'eux », selon le communiqué.

Présent à Kampala depuis jeudi à l’invitation « en urgence » du chef de l’Etat ougandais Yoweri Museveni, le président Jean-Marie Runiga Lugerero du M23 a affirmé samedi avoir « eu une rencontre préliminaire » avec le président congolais Joseph Kabila, après le Sommet extraordinaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Les présidents Joseph Kabila (RDC), Mwai Kibaki (Kenya), Jakaya Kikwete (Tanzanie) et Yoweri Museveni (Ouganda) ont pris part à ce Sommet auquel n’a pas participé le Rwandais Paul Kagamé, représenté par sa ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo.

Bras de fer Gouvernement - M23

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a affirmé, par la voix de son porte-parole, que le retrait de la ville de Goma était "un impératif tout à fait majeur et incontournable". Puis le chef politique du M23, M. Runiga Lugerero, a réaffirmé à l'AFP depuis Kampala que "le retrait de Goma ne doit pas être une condition pour les négociations mais doit être le résultat des négociations". La veille, déjà, il avait conditionné ce retrait à des négociations "directes" avec le chef de l'Etat et réaffirmé que la rébellion se défendrait en cas d'attaque de l'armée.

Les rebelles du M23 progresseront-ils jusqu'à Kinshasa ?

L’offensive est lancée et les rebelles du M23 sont déterminés à aller au bout de leurs ambitions. Depuis le 15 novembre, ces mutins, qui accusent le régime de Kinshasa d’avoir rompu leurs engagements envers eux, sont prêt à tout pour conserver leur autorité sur le riche Nord-Kivu. Et en cela, ils sont soutenus par de nombreuses forces.

Il n’a suffi que de quelques jours au mouvement des rebelles du M23 pour reprendre l’offensive contre l’armée régulière congolaise et s’emparer de la capitale régionale du Nord-Kivu, Goma, puis de la ville de Sake. Face à cette avancée, la République démocratique du Congo semble impuissante. 

La voie est libre pour le M23 qui, après plusieurs semaines de trêve, sont bien décidés à descendre jusqu’à Bukavu, capitale du Sud-Kivu et puis, pourquoi pas, défaire Joseph Kabila à Kinshasa.

[avec agence]