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Paul KAGAME : L'homme fort de la région de grand lac !

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Ce qui se passe (s’est passé) à Goma, doit pousser les Congolais à se réveiller. L’objectif des rebelles du M23 n’est pas seulement Goma. L’appétit venant en mangeant, les conquérants de Goma commencent à afficher leur agenda au grand jour. Après Goma, ils envisagent de se lancer à l’assaut de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, où, selon certaines sources, le sentiment anti-M23 est loin d’être visible. A en croire l’agence Sipa, le M23 ambitionne de prendre, in fine, Kinshasa, en passant par Kisangani. Entre temps, la même source parle de la défection de…2 100 militaires des FARDC et 700 policiers qui ont rejoint les rangs du M23 lors d’un rassemblement organisé mardi 21 novembre par les nouveaux maîtres de Goma au stade de cette ville. Ce qui doit faire réfléchir les Congolais qui continuent à se plaindre de ce qui s’est passé à Goma, condamnant la communauté internationale, les casques bleus de la Monusco pour n’avoir pas empêché les rebelles du M23 de prendre Goma.

Après la chute du chef-lieu du Nord-Kivu, plus de 2 100 militaires de l’armée régulière et 700 et policiers de Goma ont préféré rejoindre les rangs des rebelles du M23 après avoir déposé leurs armes et munitions dans le stade de Goma lors d’une manifestation organisée par les rebelles à leur arrivée à Goma. Alors que le groupe vise désormais le contrôle de toute la République démocratique du Congo (RDC), y compris la capitale, Kinshasa. Pendant ce temps, le président congolais Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagamé, se rencontraient en Ouganda pour chercher une solution.

Objectif : Kinshasa

Au cours de cette manifestée organisée devant une foule en liesse, selon la même source, les affidés du Rwanda ont affiché au grand jour leur agenda, celui de prendre également Kinshasa.

«Nous allons maintenant sur Kinshasa. Personne ne divisera ce pays», a lancé le colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23, devant une foule en liesse. Il a également annoncé que les troupes rebelles se dirigeaient sur Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, tout en affirmant avoir également pris la ville de Sake, à 17km de Goma. A Bukavu, des habitants manifestaient contre le gouvernement de Kinshasa en soutien aux rebelles, ont témoigné par téléphone des résidents.

Pour ceux qui ont la mémoire courte, nous rappelons que petit à petit, les rebelles du M23 sont en train de mettre en exécution le même scenario de conquête que celui de feu Laurent-Désiré Kabila lors de sa conquête du pouvoir. A la seule différence que le M23 n’a affiché son agenda qu’après la chute de Goma, estimant certainement que la conquête de cette ville n’a pas posé beaucoup de problèmes. Qui oublie que les troupes de Mzee Kabila étaient accueillies avec allégresse par les habitants d’une ville peu après sa chute ? Et comme des fruits mûrs, les villes congolaises, pardon zaïroises à l’époque, tombaient calmement entre les éléments de l’AFDL, même celles pour lesquelles le régime de Mobutu déclarait fermement qu’elles ne tomberaient pas.

Faudra-t-il négocier ?

Alors faudra-t-il négocier finalement négocier avec ceux que le Rwanda se défend de soutenir ? La question vaut tout son pesant d’or, d’autant plus qu’il faut éviter de tomber dans l’orgueil qui avait, à l’époque, aveuglé Mobutu Sese Seko. Pour cela, le moment est venu de mettre tout en œuvre pour que les velléités mégalomanes des rebelles s’arrêtent net.

Que faire alors ? Réarmer au plus vite le moral des troupes en évitant qu’il soit tard avant de le faire. Que le nombre de ceux qui ont fait allégeance aux rebelles à Goma ne s’élargisse pas. Au placard, les jérémiades quotidiennes soutenues par des accusations et des condamnations verbales contre le Rwanda, la communauté internationale dans toute sa diversité pour son attentisme, les casques bleus de la Monusco pour leur inefficacité.

Le plus important et le plus urgent à faire est d’éviter de compter beaucoup et surtout sur l’aide extérieure tout négligeant nos forces comme si nous n’en avions aucune. C’est cette attitude d’attentisme qui est, en grande partie, à la base de la chute de Goma, excepté, bien entendu, les conséquences de la traitrise dans les rangs.

A supposer qu'en faveur d'un sursaut national et patriotique, les choses n'arrivent à évoluer jusqu'à Kinshasa, les hommes de Sultani Makenga vont seulement exhumer un vieux rêve : la République du Kivu uni, qui a toujours caressé les hommes qui bénéficient le soutien de Kigali…

Dans l’entre temps, les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagamé se sont entretenus en urgence en Ouganda sous la médiation de l’Ougandais Yoweri Museveni – dont le pays a été accusé, avec le Rwanda, de soutenir en troupes, en armes et en munitions les rebelles du M23 -  pour évoquer les tensions grandissantes entre Kinshasa et Kigali au sujet du M23, après la chute de Goma mardi 20 novembre. Après avoir été reçu séparément par le médiateur ougandais, les deux présidents devaient poursuivre les discussions en tête-à-tête mercredi 21 novembre.

Notre sens de prophétie nous avait poussé à prédire, en septembre, que la communauté internationale était dans la logique des négociations. Aujourd’hui, le développement des événements est tel que Kinshasa a du mal à rester dans la logique de non-négociations directes avec les tombeurs de Goma et de son aéroport.

Aujourd’hui, après la chute de Goma et de son aéroport, les rebelles du M23 réclament de Kinshasa de se retrouver autour de la table des négociations directes. Tout porte à croire que demain, si Kinshasa continue à pleurnicher en accusant le Rwanda de soutenir le M23, d’autres villes vont tomber entre les mains des hommes de Sultani Makenga, à commencer par Bukavu. Alors ils vont placer la barre très haut dans leurs revendications.

La défection de 2 100 militaires des FARDC et de 700 policiers de Goma est une occasion rêvée pour les autorités de Kigali d’accréditer la thèse selon laquelle la guerre au Nord-Kivu est un problème congolo-congolais. Battant ainsi en brèche toutes les allégations les accusant de soutenir les hommes de Sultani Makenga. C’est qui est pourtant loin d’être la vérité.

De quoi sera fait demain ou le lendemain ? D’autres surprises désagréables pour les Congolais dont le pays est visiblement agressé.

[Kléber Kungu]

La puissance de feu des M23 trahi les soutiens extérieurs

La facilité déconcertante avec laquelle les mutins du M23 ont conquis, pratiquement sans combats, mardi dernier Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu, s'explique par une puissance de feu que le mouvement rebelle ne disposait pas jusque là.

Après les rapports d'experts des Nations Unies et du gouvernement congolais accusant le Rwanda et l'Ouganda  de soutenir militairement le M23, une preuve supplémentaire attestant de l'implication des puissances extérieures et autres multinationales internationales a été donnée hier mercredi 21 novembre, au cours du point de presse hebdomadaire  conjoint des Nations Unies.

Dans une sorte de justification devant l'impuissance des forces onusiennes dans la prise incompréhensive de la ville de Goma par les M23, surtout des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui ont laissé le champ libre en se retirant de la ville, le porte-parole de la Mission de l'organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), Félix Prosper Basse, a dans le récit des batailles ayant débouché à la chute de la ville de Goma comme un fruit mur, reconnu aux mutins une capacité de feu supérieure due à une artillerie et équipements militaires performants. Le commissaire général de la police de la Monusco, Abdallah Wafi, a pour sa part renchérit, " cette force de feu n'avait rien a avoir avec celle du M23 ".

C'est une évidence que, un tel arsenal ne pouvait provenir que des puissances étrangères et autres multinationales internationales, notamment anglo-saxonnes, qui trouvent leur intérêt dans l'exploitation illicite, mieux, dans le pillage des ressources minières et naturelles de la RDC.

Pourtant, rien ne présageait une telle avancée des rebelles, quand les FARDC ont énergiquement répondu aux premières attaques lancées contre leurs positions par des éléments M 23 le 15 novembre courant dans la localité de Kibumba, ensuite en direction du Sud, dans la région de Kibati, jusqu'à les repousser loin dans le parc de Virunga.

Les données ont changé sur le terrain lors que les rebelles ont lancé le 17 novembre courant une attaque contre les positions FARDC de Kirumba, Mboga, aux monts Ruhondo et dans zone des Trois Tours, Kibirigi Parc II, en direction du Nord et du Nord-est. " Face à cette nouvelle offensive qui a vu l'engagement d'environ 3000 rebelles du M23, appuyés par une puissance de feu surprenante, les forces congolaises ont tenu leurs positions avec détermination, avant de décrocher aux alentours de 8 heures malgré l'emploi de leurs hélicoptères de combat et ceux de la Monusco ", a révélé le porte-parole militaire de la mission onusienne. La défense en profondeur placée par la mission onusienne jusqu'à Kibati pour arrêter la progression des M23 et celle mise à Kanyamohoro, se sont finalement avérées inopérantes.

La mission onusienne lève l'équivoque sur les informations contradictoires sur le contrôle de l'aéroport de Goma. " Malgré l'entrée du M23 dans le ville de Goma, la Monusco continue toujours d'assurer le contrôle de l'aéroport ". Néanmoins, Le lieutenant colonel Félix Prosper Basse a reconnu que " les tentatives du M23 pour occuper l'aéroport international de Goma ont toutes été vouées à l'échec, car repoussées par les casques bleus en charge de la sécurisation de cet espace aéroportuaire ". Avant d'enchaîner, " qu'il n'y a pas une cogestion de l'aéroport de Goma ".

Abdallah Wafi est allé plus loin en avertissant que la Monusco utilisera cet aéroport dont elle contrôle toutes les installations comme bon lui semble.

Dans de propos plus ou moins nuancés, le général Patrick de Gramont, commandant des forces de la Monusco, a évoqué la possibilité d'avoir des arrangements techniques dans l'occupation de l'aéroport avec les nouveaux occupants de la ville de Goma.

Face aux reproches de plus en plus récurrentes faites aux forces onusiennes de ne pas participer efficacement à la pacification du pays, le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubaï, répond avec philosophie. " A la Monusco, nous avons accepté depuis longtemps d'être de boucs émissaires. Pourquoi vous ne vous posez pas de véritables questions à ceux qui doivent résoudre vos problèmes ". Avant de poursuivre sur sa lancée ; " vous avez des frères et des amis dans l'armée. Si ce bouclier ne fonctionne pas, ne venez pas nous flageller ".

Pour conclure, le porte-parole la Monusco a affirmé, " nous ne faisons pas partie de problèmes de la RDC, mais nous faisons partie de solutions ".

[Dovin Ntelolo Diasonga]

Le Sénat a séché sa plénière 

Compte tenu de cette situation chaotique qui prévaut actuellement dans la ville de Goma, la chambre haute du Parlement présidée par Léon Kengo wa Dondo a décidé de décommander sa séance plénière du mercredi 21 Novembre 2012. Le but de ce report, croit-on savoir, est d'être en communion avec la population de la ville de Goma, aujourd'hui errante.

Selon certaines indiscrétions recueillies dans les couloirs du Palais du peuple: siège du Parlement, la séance plénière prévue pour mercredi 21 Novembre 2012, pourra intervenir ce jeudi 22 novembre 2012. Sauf donc changement de dernière minute, les représentants du peuple à la chambre haute du Parlement vont examiner ce jeudi le projet de loi organique portant fixation des limites des provinces et de la ville de Kinshasa.

Dans cette loi, les sénateurs vont examiner la réforme portant notamment sur un nouveau découpage du territoire national dont le nombre de provinces passera de dix à vingt cinq, plus la ville de Kinshasa. Celle-ci a statut de province. La mise en place de ces nouvelles provinces implique, entre autres modalités, la fixation de leurs limites respectives et de celles de la ville de Kinshasa par une loi organique conformément à l'alinéa 5 de l'article 2 de la Constitution. L'adoption de la présente loi organique s'explique par la nécessité de rattraper le retard accumulé en la matière.

A son accession à l'indépendance le 30 juin 1960, la République démocratique du Congo fut subdivisée en six provinces énumérées dans la loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux structures du Congo. Leurs limites sont toutefois restées celles fixées par l'arrêté royal du 8 février 1935. A la suite des modifications successives de la loi fondamentale et d'autres lois intervenues entre 1962 et 1963, le nombre de provinces est passé de six à vingt et un, la ville de Kinshasa non comprise. A la faveur du changement de régime politique intervenu dans le pays le 24 novembre 1965, une nouvelle organisation territoriale, politique et administrative a été mise en place par l'ordonnance loi n°67-177 du 10 avril 1977.

Ce qui ramènera le nombre de provinces de vingt et un à huit, par le regroupement de certaines provinces. La Constitution du 24 juin 1967 consacra, à son tour, ce nouveau découpage et y ajouta la ville de Kinshasa. Par ordonnance loi n°88-OO3 du 20 juillet 1988, modifiant et complétant l'ordonnance loi n°082-006 du 25 février 1982, la province du Kivu fut à nouveau démembrée en trois nouvelles provinces. Il s'agit des provinces du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, portant ainsi le nombre de provinces de huit à onze, y compris la ville de Kinshasa.

La présente loi organique pourvoit donc aux lacunes constatées. Outre la fixation des limites des provinces et de la ville de Kinshasa, cette loi détermine les chefs-lieux de ces provinces.

[Nsuami Nienga]