Home | RDC | Echos des Provinces | Chute de Goma : La RDC à la croisée des chemins

Chute de Goma : La RDC à la croisée des chemins

image

Par la naïveté de l'homme politique congolais et par la trahison de tous ceux qui sont à la solde des artisans de la balkanisation et qui jubilent aujourd'hui, la RDC est désormais à la croisée des chemins. Elle doit impérativement sa survie à la seule volonté de des infiltrés qui se recrutent dans la sphère politique, notamment à l'Assemblée nationale, au gouvernement, dans les rangs des FARDC, au sein de la Majorité que de l'Opposition. Ceux qui s'amusent à se moquer de la Nation et de son peuple pour accéder au pouvoir, après avoir fait le lit de l'ennemi. Mais jusqu'à quand abuseront-ils de la patience des Congolais ? La ville de Goma tombée de la manière la plus officielle qui soit, le décor est planté pour que la crise s'accentue. Car, nul n'ignore que sans l'appui extérieur et la trahison sur le plan interne, le régime de Paul Kagame n'aurait jamais pu faire ce qu'il est en train de faire dans notre pays. 

" Alea jacta est, missa est ", disaient encore les Romains. "Le sort est jeté, la messe est dite", peut-on ainsi traduire ce vieux diction. Maintenant que Goma est sous contrôle de l'ennemi, le M23, appuyé dans cette démarche par le Rwanda, tout est donc accompli.

Hier, mardi 20 novembre, une colonne de rebelles du M23 est entrée dans la ville de Goma et a progressé à la mi-journée vers le centre de la ville et vers la frontière rwandaise, toute proche. Cette colonne a brièvement affronté des soldats des FARDC sur un boulevard longeant l'aéroport avant de poursuivre son chemin vers le poste-frontière rwandais de Gisenyi. De leur côté, les forces républicaines des FARDC se sont repliées pour, entend-on, "éviter une boucherie humaine, un bain de sang".

Quant aux forces de la Monusco, cantonnées d'abord à l'aéroport, elles ont disparu dans la nature, laissant les forces du M23, appuyés par le Rwanda's defense forces, l'armée rwandaise, "marcher" sur la ville, sans aucune résistance farouche. Comme s'il s'agissait d'une marche de santé ! Sans commentaire !

Face à ce énième regain de tension, comme en 2007 avec Laurent Nkunda, ce sont les populations qui en paient les frais. Elles vivent désormais des cauchemars car des bombes et d'intenses tirs d'obus pleuvent sur la ville de Goma, malgré une petite accalmie qui s'est observée hier dans la nuit.

Aujourd'hui, plus qu'hier, la cupidité des Congolais, leur naïveté et leur manque de vision politique vont permettre de consolider le plan de balkanisation de ce "beau" et "grand" pays. La prise de Goma par le M23 aura beau marqué la mémoire collective des Congolais épris de paix, il n'en est pas moins que la trahison, toujours elle, est à la base de cette énième déconfiture des FARDC. Ses éléments en déroute, sans motivation conséquente, nous ne pouvons que nous consoler désormais derrière des négociations avec des rebelles dont le seul but est faire la volonté de leur parrain, le Rwanda. C'est à dire que recourir encore à la solution diplomatique qui, au jour d'aujourd'hui, avec la prise de la ville de Goma, a cruellement montré ses limites.

Par la naïveté de l'homme politique congolais et par la trahison de tous ceux qui sont à la solde des artisans de la balkanisation et qui jubilent aujourd'hui, la RDC est désormais à la croisée des chemins. Elle doit impérativement sa survie à la seule volonté de des infiltrés qui se recrutent dans la sphère politique, notamment à l'Assemblée nationale, au gouvernement, dans les rangs des FARDC, au sein de la Majorité que de l'Opposition. Ceux qui s'amusent à se moquer de la Nation et de son peuple pour accéder au pouvoir, après avoir fait le lit de l'ennemi. Mais jusqu'à quand abuseront-ils de la patience des Congolais ?

La ville de Goma tombée de la manière la plus officielle qui soit, le décor est planté pour que la crise s'accentue. Car, nul n'ignore que sans l'appui extérieur et la trahison sur le plan interne, le régime de Paul Kagame n'aurait jamais pu faire ce qu'il est en train de faire dans notre pays. En 18 ans de son pouvoir, " l'homme fort de Kigali ", s'est illustré par des invasions contre un autre Etat. Des actes constitutifs d'infraction en Droit international!

Epinglé dans différents rapports dénonçant le pillage des richesses de la RDC, il n'a jamais mis fin à ses visées d'exploiter illégalement les richesses d'un autre pays. Ce qui fait qu'à ce jour, le gouvernement rwandais ne finance désormais qu'à 51% son budget national avec ses propres revenus. Le reste provient des emprunts auprès de ses parrains à qui il vend le coltan et les autres minerais de sang. Les grandes puissances n'ont que faire de la RDC, pas le Rwanda !

A la suite de ce qui s'est passé hier à Goma et à Gisenyi, une confrontation couve entre l'armée rwandaise et l'armée congolaise. La conséquence directe est que la crise risque d'embraser la sous-région. Entendu comme tel et prouvé que l'armée rwandaise soutient, de façon avérée, le M23, notre pays se verrait dans l'obligation de faire recours à ses alliés de la SADC. Car, sous peu, le président angolais, Dos Santos, aurait confirmé aux autorités congolaises que la RDC peut compter sur le soutien et la solidarité des pays membres de la SADC, en tant que communauté régionale. A moins que les grandes puissances marquent leur accord. Et que de l'intérieur, la trahison qui a toujours prévalu, soit bannie.

Mais jusqu'à quand ?

[Willy K.]

L'Unicef inquiète

L'Unicef se dit inquiète de la protection des civils et réponses humanitaires fortement menacées par l'escalade critique de la violence armée dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Cette situation, qui s'étend à la province voisine, le Sud-Kivu, pousse de nombreuses organisations humanitaires à réduire ou à suspendre leur aide, privant ainsi des milliers de personnes vulnérables de cette assistance dont elles ont grandement besoin.

Des dizaines de milliers de personnes, qui avaient déjà eu à fuir leurs habitations au Nord-Kivu, ont été contraintes de se déplacer à nouveau suite aux violents affrontements qui se déroulent depuis le 15 novembre entre l'armée nationale et des rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) autour de la ville de Goma, selon un communiqué de l'Unicef dont L'Observateur a obtenu copie.

Cette dégradation de la situation sécuritaire qui s'étend à la province voisine du Sud-Kivu, menace la vie des milliers de personnes et a conduit à la suspension ou à la réduction des activités de nombreuses organisations humanitaires, privant des milliers de personnes vulnérables de l'assistance humanitaire dont elles ont grandement besoin.

Au Nord-Kivu, le camp de Kanyaruchinya, situé environ 10 km de la ville de Goma et qui abritait plus de 60 000 personnes, s'est vidé en quelques heures de toute sa population. Plus de 20 000 personnes vivant dans la cité abritant le camp, ont également déserté leurs maisons. La persistance des affrontements autour de Goma, où se serait dirigé la majorité d'entre elles, entrave de façon significative la réponse humanitaire.

La province du Sud-Kivu vit également une situation délétère depuis la mi-octobre marquée par des affrontements répétés entre groupes armés, et entre groupes armés et l'armée congolaise. Des dizaines de villages ont été attaqués ces dernières semaines, plus de 300 habitations détruites ou brûlées, poussant plus de 30 000 personnes à fuir leurs habitations. Les violences actuelles, principalement dans les territoires de Kalehe et de Shabunda, auraient entraîné la mort de plus de 160 personnes ces 10 derniers jours et des graves violations des droits humains. Des tensions intercommunautaires récurrentes viennent aggraver la situation.

" Je suis profondément préoccupée par la situation dans les provinces de Kivu qui traversent une grave crise de protection, faisant des milliers de victimes innocentes.  Des milliers de familles se retrouvent une fois de plus dans le désarroi.  Un grand nombre a reçu l'aide des familles d'accueil, mais des milliers d'autres dépendent de l'assistance internationale. Si rien n'est fait pour stopper l'escalade actuelle de la violence et apporter l'assistance nécessaire, la vie et la dignité de toutes ces personnes seraient sérieusement menacées", a déclaré mardi 20 novembre Barbara Shenstone, la Représentante du Bureau de la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) en RDC.

Au Nord-Kivu, les évaluations qui devaient avoir lieu le 19 novembre ont été suspendues, suite à la reprise des combats autour de Goma, retardant ainsi l'assistance aux personnes ayant trouvé refuge dans les sites désignés pour répondre à cette dernière crise. Au Sud-Kivu, les travailleurs humanitaires bravent aussi l'insécurité pour apporter de l'aide à des milliers de victimes des affrontements armés. Depuis le début de l'année, près de 170 incidents sécuritaires contre les travailleurs humanitaires ont été enregistrés dans ces deux provinces. La communauté humanitaire réclame un accès sans entrave aux populations, appelant les autorités congolaises - premiers responsables de la protection des civils - à une implication plus efficace dans la protection des civils et des travailleurs humanitaires.

Les deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu abritent 1,6 million de personnes déplacées, soit 67% de la population déplacée interne de la RDC estimée à 2,4 millions de personnes. Environ 285 000 personnes se sont déplacées dans ces deux provinces entre juillet et septembre 2012. Pour faire face à une situation humanitaire en dégradation, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu lançaient, il y a quelques semaines,  des appels de fonds respectivement pour 9 millions et 4,6 millions de dollars, afin de venir urgemment en aide à plus 2,9 millions de personnes dont des déplacés et des familles d'accueil. La détérioration actuelle de la situation risque d'aggraver davantage cet important déficit financier que les humanitaires ont déjà du mal à combler.

Barbara Shenstone a exprimé son inquiétude sur la dégradation de la situation humanitaire. " Cette dégradation est intenable, aussi bien pour les populations congolaises que pour la communauté humanitaire. Sans un arrêt immédiat des violences, des milliers de personnes vont en souffrir ", a-t-elle dit, ajoutant que " les violences doivent cesser pour sauver des vies et apporter de l'assistance aux victimes. Les humanitaires restent à Goma et ses environs pour apporter la protection aux civils, mais ils ont besoin d'un accès libre et sans entrave aux populations vulnérables".

[Kléber Kungu]